La
chirurgie de la silhouette Les
seins L'hypertrophie
mammaire
DEFINITION
L’hypertrophie
mammaire est définie par un volume trop important
du sein, variant de 300 à 1 500 gr, rarement
plus. L’invalidité qui en résulte
est autant physique que psychologique, entraînant
parfois une véritable infirmité, avec
perte de confiance en soi, par blessure narcissique,
difficultés d’habillement, arrêt
de la pratique du sport.
La dissimulation des seins, pour échapper au regard des autres, peut conduire à des
anomalies physiques de positionnement des épaules vers l’avant et
de courbure des vertèbres dorsales en cyphose, encore accentuées
par le poids des seins. |
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LES
BASES DU TRAITEMENT
Le
traitement est représenté par l’intervention
de réduction mammaire.
La technique consiste à enlever de la glande qui sera
toujours analysée au microscope, sur le plan anatomopathologique,
afin de dépister une éventuelle tumeur.
A cette exérèse de glande est associée à une
exérèse de peau permettant d’adapter
la peau au volume glandulaire restant.
La plaque aréolo mamelonnaire est toujours repositionnée
idéalement selon la longueur de l’hémi
base thoracique antérieure et des segments I, II,
et III qui en découlent, cmme il a été décrit
dans l’anatomie artistique des seins dans le chapitre précédent.
LA
CICATRICE
Toute
exérèse de peau crée une cicatrice.
Au chirurgien de minimiser la rançon cicatricielle
sans négliger la beauté du galbe du sein et
la pérennité du résultat.
Cette cicatrice doit être courte et réalisée
suivant une technique impeccable.
Cicatrice
courte
La cicatrice est située autour de l’aréole, à l’union
des peaux de couleurs différentes, puis s’étend
verticalement suivant le segment III, du bord inférieur
de la plaque aréolo mamelonnaire jusqu’au
sillon sous mammaire.
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| Cicatrice définitive péri aréolaire (A) et verticale (B). Absence de cicatrice dans le sillon sous mammaire. |
Certes minimale, cette cicatrice permet néanmoins
de traiter la majorité des problèmes d’hypertrophie.
Nul besoin, dans l’immense majorité des cas,
d’effectuer une cicatrice
horizontale dans le sillon sous mammaire qui, dans tous
les cas, si elle existe, doit être doit être inférieure à 5
cm de longueur.
On ne doit plus voir de très longues cicatrices
horizontales car elles s’élargissent souvent,
notamment en dehors, sont parfois hypertrophiques, voire
douloureuses .
Elles sont surtout toujours visibles, non pas en position
debout, mais
surtout en position allongée, semblant alors couper
horizontalement le corps en deux parties.
En définitive, cicatrice courte autour de l’aréole,
se prolongeant verticalement vers le bas jusqu’ au
sillon sous mammaire et pas de cicatrice horizontale.
Cicatrice
impeccable
Sachant qu’une cicatrice n’est jamais complètement
invisible, j’insiste afin d’améliorer
son aspect final, sur une technique personnelle de suture,
appelée lambeau d’accolement qui sera décrit
dans le chapitre des cicatrices.
LES
EVOLUTIONS TECHNIQUES PERSONNELLES
Outre la technique de suture, j’insiste sur une technique personnelle de découpe du pédicule porte mamelon (A). Le pédicule porte mamelon est le garant de la vascularisation de la plaque aréolo mamelonnaire lors de son repositionnement pendant l’intervention. Il est le plus souvent supérieur. Dans ma technique, le pédicule et fin et supéro interne, facilitant ainsi le positionnement de la plaque aréolo mamelonnaire, sans distorsion et sans perte de fiabilité vasculaire.
Enfin, la technique de résection glandulaire est personnelle , avec des décollements sous cutanés presque inexistants et l’absence de décollement rétro glandulaire, en prenant soin d’accoler et de projeter au maximum la zone péri aréolaire, gage de beauté du galbe et de stabilité du résultat dans le temps. |
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Le lambeau
porte mamelon
(A)
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| Résection glandulaire dans une hypertrophie mammaire importante |
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LE
DEROULEMENT DE L'INTERVENTION |
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LE
BILAN PREOPERATOIRE
Deux consultations pré opératoires auprès
du chirurgien sont nécessaires, la seconde complétant
la première. L’examen clinique complet note
tous les antécédents médicaux et chirurgicaux,
les tares, les allergies, les prise médicamenteuses.
Le bilan biologique pré opératoire est systématique
et notamment les bilans lipidique – à la recherche
d’anomalies des taux de triglycérides, cholestérol
total et de ses fractions – et lycémique, dépistant un diabète débutant.
La consultation de cardiologie avec électrocardiogramme
et au moindre doute, échographie cardiaque, est systématique
car la découverte de petites anomalies, à surveiller
ultérieurement, n’est pas rare.
La prescription de veino toniques pendant 8 jours, avant
et après l’intervention me semble souvent judicieuse.
La mammographie est systématique associée,
au besoin, à une échographie mammaire.
La consultation d’anesthésie est obligatoire
et précédant d’au moins 3 jours l’intervention.
L’anxiété est habituelle avant toute
intervention, la prescription d’un anxiolytique à faible
dose, pendant 5 jours avant l’intervention, est parfois
nécessaire.
De nombreux documents légaux doivent lus et signés
par chaque patiente : consentement éclairé,
devis.
Enfin, il faut vérifier l’absence de prise de
médicaments contenant de l’aspirine car ils entraînent
toujours un saignement per et post opératoire accru.
LA
VEILLE DE L’INTERVENTION
Lavage complet du corps et shampooing.
Désinfection des aisselles et du thorax à la
bétadine par une infirmière du service.
Prise éventuelle d’un anxiolytique.
Ne rien boire, ne rien manger, ne pas fumer après
minuit. Une patiente qui n’est pas parfaitement à jeun
ne peut être opérée le lendemain matin.
Prescription d’anticoagulants, type hémoglobine
de bas poids moléculaire, en sous cutané,
à la posologie de 0,2 à 0,4 ml, suivant le poids de la patiente, pour éviter
les phlébites et ses complications, certes rares dans ce type d’intervention,
mais étant toujours possibles.. Il faut en connaître les facteurs
favorisants qui font moduler les indications : obésité, âge, diabète,
prise de contraceptifs oraux, qu’il est toujours préférable
d’arrêter un mois avant l’intervention, intoxication tabagique,
le risque devenant important à partir d’un paquet par jour pendant
20 ans, varices des membres inférieurs, antécédents de phlébites
personnels et familiaux, troubles de la coagulation connus.
Dans certains cas, des bas de contention seront portés
pendant 10 jours avant, pendant et après l’intervention,
jusqu’à la sortie.
L’INTERVENTION
Elle est toujours menée sous anesthésie générale
et dure, selon les cas, de 2 à 3 heures.
La position opératoire est assise, bras le long du
corps, en protégeant minutieusement tous les points
d’appui et de compression (coudes, poignets, mains,
mollets, talons).
Les photos définitives sont prises au bloc opératoire,
en position debout. Les premières photos ont été prises
lors de la seconde consultation pré opératoire.
La numérisation et l’informatisation permettent
un classement efficace de ces photos et leur impression rapide.
Chaque dossier photographique est étudié la
veille de l’intervention, et un plan opératoire
minutieusement élaboré et qui sera, à mon
sens, dans quelques années, prévu informatiquement.
Enfin, il est essentiel, pour juger les résultats,
de disposer d’au moins trois photos avant (face, profil
et trois quart), et trois photos après prises sous
les mêmes angles, à la même distance et
avec le même objectif.
Les résultats sur deux photos (une avant et une après)
me paraissent aussi trompeurs voire malhonnêtes que
des retouches photographiques.
Les
dessins pré opératoires
Ils
sont effectués au bloc opératoire, juste avant
l’intervention, avec minutie, en utilisant un marqueur
cutané à pointe fine et à encre indélébile. 
L’axe du sein part en haut de 6 à 7 cm en dehors
de la fourchette sternale suivant la longueur de l’hémi
base thoracique antérieure. Cet axe passe par le mamelon
du côté du sein le plus petit et, en dehors
du mamelon du côté du sein le plus volumineux.
Il s’étend jusqu’à 3 cm en moyenne,
au dessus du sillon sous mammaire.
Le point supérieur de la future aréole est
situé sur l’axe du sein de 17 à 21 cm
de la fourchette sus sternale, variant en fonction :
de la longueur
de l’hémi base thoracique ;
du poids
de la glande qui va être réséquée
lors de l’intervention ;
de la qualité de
la peau du sein, anticipant ainsi le « redrapage » cutané post
opératoire.
La zone de désépidermisation péri aréolaire
est inscrite dans une surface de 5 cm de hauteur et de 9
cm de base.
Il est important de noter que toutes ces mesures sont prises
en position debout, en soutenant légèrement
le pôle inférieur du sein.
La
technique opératoire
1°)
Désépidermisation péri aréolaire
avec exérèse cutanée fusiforme.
2°) Levée du pédicule ou lambeau porte mamelon supéro-interne d’environ 2 cm d’épaisseur, selon
une technique personnelle . Le pédicule habituel est supéro-interne complet dont l'enroulement secondaire est parfois très diffcile.
3°) Exérèse glandulaire sans décollement
pré musculaire ni cutané et selon une découpe
originale 
4°) Bâti de l’aréole : L’enroulement
du lambeau porte mamelon et son positionnement ne posent
jamais de problème, même en cas d’hypertrophie
mammaire très importante.
5°) Bâti de la verticale, avec lambeau d’accolement. 
6°) Fermeture définitive de l’aréole
par lambeau d’accolement et agrafage fin selon une
technique personnelle.
7°) Traitement de la zone inférieure :
Exérèse glandulaire latérale interne
et externe. Exérèse cutanée associée à
une bourse asymétrique .
8°) Fermeture de la verticale suivant un surjet froncé.
9°) Vérification de la position de la plaque aréolo
mamelonnaire en fonction de l’hémi base thoracique
antérieure.
10°) Pansement par compresses grasses imbibées
de corticoïdes, compressif, sauf sur les aréoles.
11°) Drainage par un drain aspiratif de chaque côté,
sortant par l’aisselle.
12°) Antibiothérapie en flash per opératoire.
LES
SOINS POST-OPERATOIRES
A
la clinique
Les
antalgiques sont prescrits systématiquement. Cette
intervention est considérée comme peu douloureuse,
d’autant qu’en début d’intervention,
il est effectué une infiltration de xylocaïne
adrénalinée diluée à proximité des
espaces intercostaux, surtout latéraux, interne et
externe.
Surveillance pendant au moins 2 heures en salle de réveil,
près du bloc opératoire par un personnel compétent,
puis après le retour en chambre, par une infirmière
diplômée d’état.
Premier lever précoce, dès le lendemain matin,
afin d’éviter les phlébites.
Premier pansement au 2ème jour.
Reprise des médicaments habituels,
notamment anxiolytiques ou antidépresseurs, dès
le lendemain matin, après avis médical du chirurgien
ou de l’anesthésiste.
Les anticoagulants sont prescrits jusqu’à la
sortie.
La sortie a lieu vers le troisième jour, quand les
drainages aspiratifs ne produisent pas plus de 30 ml par
24 heures. C’est le drainage qui dicte le jour de la
sortie.
A
la maison
Désinfection
bétadinée et pansement quotidien, par une infirmière à domicile
pendant 8 jours.
Port d’une brassière compressive de sport, commandée
avant l’intervention, et portée dès la
sortie et pendant un mois, nuit et jour.
Parfois traitement complémentaire en vitamines et
en fer, une transfusion post opératoire n’étant,
en principe, jamais nécessaire.
Desserrage des fines agrafes au 5ème jour et ablation au 7ème jour.
Ablation du fil de la cicatrice verticale au 12ème
jour après l’intervention, autorisant l’arrêt
des pansements.
La convalescence dure 15 jours et l’arrêt du
sport est de 45 jours.
L’activité est reprise doucement et prudemment,
tout mouvement douloureux devant être immédiatement
interrompu.
L’EVOLUTION
POST OPERATOIRE HABITUELLE
La
cicatrice
Il faut insister sur l’aspect de la
cicatrice, formant formant selon ma technique, au début, un bourrelet disgracieux
qui évite l’élargissement secondaire.
Ce bourrelet s’aplatit très progressivement
en un mois.
L’œdème et l’ecchymose qui circonscrit
souvent les aréoles, disparaissent en un mois.
Il existe aussi des plis horizontaux qui entourent la cicatrice
verticale. Ces plis surtout nets en bas, près du sillon
sous mammaire. Ils disparaissent complètement en 2 à 3
mois, quand le sein a pris sa position définitive.
Dès la disparition complète des fines croûtes
qui peuvent recouvrir certaine parties de la cicatrice, des crèmes
corticoïdes sont fréquemment appliquées
sur le trait cicatriciel, suivant un protocole très
précis car un surdosage en corticoïdes détériore
la peau.
Une plaque de gel de silicone ou une pommade de gel liquide
est systématiquement appliquée toutes les nuits,
principalement autour de l’aréole, pendant 6
mois. Ce gel accélère de manière empirique
la maturation cicatricielle.
L’aspect final de la cicatrice ne peut être jugé qu’à un
an, voire 1 an ½ après l’intervention.
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Aspect cicatriciel au 4 ème mois |
Aspect cicatriciel définitif |
Une
cicatrice gonflée et rosée, vers le 3ème
mois après l’intervention, est assez fréquente.
Cet
aspect hypertrophique s’estompe progressivement pour
devenir peu visible vers le 6ème mois.
Il est très important d’insister qu’une
cicatrice n’est jamais complètement invisible.
Un léger élargissement, particulièrement
autour de l’aréole, peut être corrigé par
un tatouage, qui, entre des mains expertes, donne de magnifiques
résultats.
La
sensibilité aréolo mamelonnaire
Souvent
diminuée en post opératoire immédiat,
elle se normalise habituellement vers le 6ème mois,
parfois beaucoup plus tard.
L’allaitement
Le
plus souvent possible après une intervention de réduction
mammaire. Il est néanmoins
déconseillé si l’on veut garder un résultat
esthétique intact.
Cancer
du sein
La
plastie mammaire diminue le risque de cancer du sein en diminuant
la masse glandulaire potentiellement cancérisable.
Elles sont rares, à la condition de prendre toutes
les précautions nécessaires pour les éviter.
Il s’agit d’une « véritable » intervention
qui se déroule toujours sans problème, à condition
de suivre scrupuleusement toutes les règles qui précèdent.
LES
TROUBLES DE COMPRESSION
Dus à la position assise de la patiente sur la table
d’opération, ils sont systématiquement
prévenus par une protection ouatée des coudes,
des poignets, des mains et des talons.
La position de l’opérée, assise, bras
le long du corps, et non en croix, évite la classique élongation
nerveuse du plexus brachial.
L’HEMATOME
C’est classiquement la complication la plus fréquente,
mais elle reste, en fait, très rare. L’hématome
doit être prévenu par un bilan biologique complet
de la coagulation, effectué la veille de l’intervention,
par une coagulation per opératoire minutieuse de tous
les petits vaisseaux, et enfin, par un drainage aspiratif
systématique et prolongé.
Un hématome se traduit par une douleur associée à un
gonflement du sein. Suivant son importance, une réintervention
est ou non nécessaire. Les suites sont prolongées
mais le résultat esthétique est peu affecté.
L’INFECTION
Elle
est
exceptionnelle
lorsque
les
précautions
d’asepsie
habituelles,
pré,
per
et
post
opératoires
sont
respectées.
LA
NECROSE
Elle
est également
extrêmement
rare
et
peut
toucher
soit
une
partie
de
la
glande,
soit
une
partie
de
l’aréole.
Elle
ne
se
voit,
en
pratique,
que
dans
les
réinterventions.
LES
ANOMALIES CICATRICIELLES
La
cicatrice pathologique
Elles sont dominées par l’hypertrophie. La cicatrice
gonfle progressivement, devient rosée voire rouge,
rarement douloureuse et persiste au-delà du 6ème
mois. Il
existe des facteurs favorisants, comme le jeune âge
et la pigmentation cutanée ethnique,
mais en fait, la survenue de cette complication, relativement
fréquente, est difficile à prévoir.
Il faut la prévenir par l’utilisation large
de crèmes corticoïdes, en application locale,
adaptée et surveillée. Habituellement, l’hypertrophie
se résorbe à la fin de la première année.
La qualité d’une cicatrice ne peut donc être
jugée qu’à 1 an. Rarement, la cicatrice
hypertrophique persiste au delà de 18 mois, devenant alors
ce que l’on appelle une cicatrice chéloïde,
dont le traitement est chirurgical.
Tout ceci est détaillé dans le chapitre des cicatrices (chirurgie réparatrice)
La
cicatrice défectueuse
Cette complication est due à une faute technique,
les cicatrices étant trop longues, mal placées
ou élargies. Elles peuvent nécessiter une reprise
chirurgicale. Cette complication doit absolument être évitée. 
Par contre, un petit pli ou un léger excès
graisseux, situé à proximité du sillon
sous mammaire, sur le versant inférieur du segment
III, peut parfois nécessiter une résection,
s’il ne s’est pas totalement résorbé après
un an.
Les
résultats du traitement de l’hypertrophie
mammaire sont le plus souvent excellents, tant sur le plan
physique que sur le plan psychologique.
Les complications sont très rares, et le risque de
cancer du sein est diminué.
Il faut souligner, quelque soit l’age, l’importance
de la surveillance des seins opérés, de façon
similaire aux seins non opérés, par auto palpation
et, à partir de 38 ans, par mammographie annuelle
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