La
chirurgie réparatrice Chirurgie
réparatrice brûlures
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LES
BRULURES RECENTES ET LEURS SEQUELLES |
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La brûlure, le plus souvent cutanée, est une
nécrose évolutive engendrée par la chaleur
(brûlure thermique), par des agents chimiques (brûlure
chimique), ou par l’électricité (brûlure électrique).
Les brûlures thermiques sont les plus fréquentes
et nous insisterons sur les accidents domestiques qui sont
d’une extrême fréquence notamment chez
l’enfant et qui doivent être évitées.
Devant une brûlure, trois éléments doivent être
d’emblée appréciés : sa profondeur,
sa surface et l’age du patient. Ces paramètres
sont fondamentaux dans l’appréciation du pronostic
vital et module les indications thérapeutiques en
urgence.
La réanimation doit être entreprise très
rapidement, même pour les brûlures qui semblent
superficielles et peu étendues, notamment chez l’enfant,
car la l’hypovolémie survient très rapidement.
Une brûlure s’infecte toujours à partir
des germes de la peau. Mais, cette infection doit rester
localisée, la généralisation en septicémie
devant toujours être prévenue.
Une brûlure superficielle cicatrice spontanément
en 21 jours, quelque soit le traitement local utilisé.
Une brûlure qui n’est pas cicatrisée à l’issue
des 21 jours, correspond à une brûlure profonde
pour laquelle trois attitudes sont théoriquement possibles,
qui dépendent de la surface » brûlée
et de l’état du patient :
l’excision-greffe précoce avant le 5ème
jour ;
la greffe plus tardive mais avant le 21ème jour
;
la cicatrisation dirigée par pansement gras.
La chirurgie des séquelles de brûlures ne peut être
envisagée qu’après un traitement médical
prolongé d’au moins un an.

LA
PROFONDEUR, LA SURFACE ET L’AGE
Ce
sont les trois éléments
essentiels du pronostic vital.
La
profondeur de la brûlure
Pour
une surface égale, une brûlure est d’autant
plus grave qu’elle est profonde tant sur le plan général
immédiat, mettant en jeu le pronostic vital, que sur
le plan fonctionnel plus tardif, source de séquelles
esthétiques cutanées et de brides cicatricielles
sur les peau mobiles, notamment en regard des articulations.
On
distingue trois degrés de profondeur
:
la brûlure superficielle : elle
atteint seulement la couche superficielle de l’épiderme,.
Elle correspond à une rougeur (érythème),
douloureuse et sans phlyctène (vésicule superficielle).
La cicatrisation est obtenue spontanément en moins
d’une semaine quelque soit le traitement local, le
plus approprié étant l’application de
vaseline ou de Biafine associée à une protection
solaire jusqu’à la restitutio ad integrum
;
La brûlure du deuxième degré : elle
atteint le derme cutané, derme superficiel
pour le deuxième degré superficiel qui laisse
intacte la partie profonde de la couche basale, et le derme
profond pour le deuxième degré profond qui
laisse seulement intactes quelques cellules épidermiques
situées à la partie profonde des poils et des
glandes sudoripares. On retrouve le plus souvent une phlyctène
dont l’intérieur est rouge et sensible pour
le deuxième degré superficiel, plus blanchâtre
et modérément sensible dans le deuxième
degré profond. Le diagnostic exact de profondeur est
en fait assez difficile mais important car le superficiel
cicatrise spontanément sans séquelle cicatricielle
en deux semaines, alors que le profond peut mettre jusqu’à 3
semaines voire s’infecter et passer à un degré de
brûlure profonde, laissant alors des cicatrices définitives.
la
brûlure du troisième degré :
atteint l’hypoderme et correspond à une peau
blanche, voire marron ou noire (carbonisation) sans phlyctène
et complètement
insensible. Le diagnostic par incision superficielle au bistouri en est facile.
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Brûlure récente du 3ème degré de toute la face dorsale de la main. |
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Excision greffe précoce : la peau brûlée a été excisée et remplacée par une greffe de peau mince et totale selon une technique personnelle. |
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Le résultat après un an montre l’absence de déformation des doigts, des commissures inter digitales normales et profondes sans brides entre les doigts et une qualité de peau correcte. |
Le réseau veineux sous cutané est le plus souvent coagulé.
La cicatrisation spontanée
est impossible. Il faudra enlever cette peau brûlée soit immédiatement,
c’est l’excision greffe précoce, soit plus tardivement une
ou deux semaines après suivant les écoles et l’état
général du brûlé, en fonction également de
l’existence ou non d’une brûlure bronchique par inhalation
de flamme d’un pronostic très fâcheux. L’excision
greffe consiste à enlever tangentiellement la peau brûlée
au dermatome qui est une sorte de rasoir à manche ou au bistouri. De
la peau saine est alors prélevée également au dermatome,
souvent de très fine épaisseur (30/100 mm) sauf pour le visage
et la face dorsale des mains. Elle est en peau pleine ou en peau expansée,
c'est-à-dire perforée à la manière des mailles
d’un filet, de sorte à multiplier sa surface couvrante.
Cette greffe est recouverte d’une compresse grasse imbibée de
corticoïdes et agrafée selon une technique originale, notamment
sur les mains.
Dans d’autres cas, la brûlure est traitée par pansement
quotidien et détersion simple quand sa superficie est modérée,
puis greffée lorsque le sous sol est prêt à suffisamment
bourgeonnant et non infecté.
Des traitements importants et associés doivent être distingués
: les incisions de décharge qui sont de simples incisions réalisées
dans l’axe du membre ou sur le thorax, en urgence, traversant en profondeur
l’hypoderme et allant même jusqu’à ouvrir les aponévroses
musculaires. Elles permettent de restaurer le flux vasculaire dans les brûlures
circulaires des membres et des doigts, mais aussi du cou, et du thorax. La
carbonisation, notamment sur les segments de membres, doit faire envisager
des amputations, en urgence, dont tout le problème est d’en
distinguer le niveau exact.
La culture cellulaire, les substituts dermiques, les homos et les hétéros
greffes, ont une place restreinte sauf lorsque la surface brûlée
dépasse 50% de la surface corporelle avec au moins 50% de brûlure
profonde, ce qui reste, fort heureusement, très peu fréquent.
L’étendue
de la surface brûlée
Elle
est appréciée en pourcentage de la surface
corporelle par la règle des 9 de Wallace : 9% pour
la tête, 9% pour chaque membre supérieur en
totalité, 18% pour chaque membre inférieur
en totalité, 18% pour la face antérieure du
tronc, 18% pour la face postérieure du tronc, 1% pour
les organes génitaux externes. Chez l’enfant,
les surfaces respectives sont identiques sauf pour la tête
qui correspond à 9% de plus que l’adulte, ces
9% étant minorés sur les membres inférieurs.
Attention, le pronostic vital est mis en jeu à partir
de 15% de surface brûlée chez l’adulte
et 10% seulement, chez l’enfant de moins de 2 ans.
Cette brûlure est considérée comme étendue
et le brûlé doit être hospitalisé en
centre spécialisé, perfusé et réanimé afin
de prévenir :
l’hypovolémie
par œdème loco régional et exsudation
a travers la brûlure ;
l’hypercatabolisme,
classiquement par hyper sécrétion de catécholamine
;
l’infection
locale de la peau brûlée qui est obligatoire
mais qui ne doit pas se généraliser ;
les
troubles thrombo emboliques prévenus par les anticoagulants
;
et enfin,
les hémorragies digestives par les traitements
anti sécrétoires. |
L’age
du patient
C’est le troisième élément qui
permet de d’émettre un pronostic. La règle
de mon maître Serge Baux reste de mise : il faut ajouter
l’âge du brûlé au pourcentage de
surface brûlée. Si cette somme est inférieure à 50,
les chances de survie sont de 100 pour 100. Si cette somme
est supérieure à 100, les chances de survie
sont inférieures à 10% voire quasiment nulles.
Entre les deux, les chances décroissent progressivement.
La cotation en USB prend en compte le pourcentage de surface
brûlée et la profondeur. La somme du pourcentage
de surface brûlée et du triple du pourcentage
de surface brûlée au 3ème degré est égale
au nombre d’USB. Quand ce nombre est supérieur à 100,
le pronostic vital est en jeu, mais l’age intervient
aussi beaucoup, de même que l’état général
et physiologique du patient ainsi que l’importance
des lésions traumatiques associées. Certaines
localisations et certains types de brûlures imposent
des traitements particuliers :
la
brûlure du périnée, une dérivation
digestive en urgence ;
la brûlure
des mains, excision greffe précoce même pour des
brûlures intermédiaires associées, à mon
sens, à une mobilisation immédiate afin d'éviter des catastrophes 
la
brûlure des paupières et des lèvres
qui présentent des traitements particuliers
;
la
brûlure de la face, le traitement éventuel
de complications respiratoires, soit par
œdème pharyngo-laryngé, soit par brûlure bronchique
par inhalation d’une flamme ;
la brûlure électrique,
un débridement précoce vers le 3ème jour du point d’entrée
;
la brûlure circulaire
profonde, des incisions de décharge des aponévroses musculaires; |

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LES
SEQUELLES DE BRULURES |
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LE
TRAITEMENT PHYSIOTHERAPIQUE
Dès la cicatrisation obtenue, la peau brûlée
doit être traitée pour assurer une maturation
cicatricielle avec diminution de séquelles esthétiques
et fonctionnelles :
esthétique
:
il s’agit de l’aspect des cicatrices qui peuvent être
hyper ou hypo pigmentées, ou bien épaissies,
hypertrophiques, voire chéloïdiennes.
fonctionnelles :
Il s’agit du caractère rétractile de
ces cicatrices causant des brides sur les peaux mobiles
autour des articulations, sur les doigts, le cou, et des
orifices
naturels.. La
physiothérapie
comporte trois volets :
les vêtements compressifs sur mesure, portés
jour et nuit de façon précoce et prolongée
;
les cures thermales avec douches filiformes et projection
d’eau deux fois par an pendant plusieurs années
;
la kinésithérapie active et les massages.
Au
terme d’un an, le traitement chirurgical de certaines
séquelles est envisageable selon le désir et
l’état du patient brûlé dont la
psychologie est très difficile à intégrer.
Une demande du patient ne doit jamais être refusée,
même si elle semble mineure par rapport aux autres
séquelles corporelles.
Le patient décide, le chirurgien oriente, conseille
et exécute.
L’EXPANSION
TISSULAIRE 
Son
but est d’augmenter le capital de peau saine et
remplacer la peau brûlée.
La technique est simple, mais sa réalisation très
minutieuse.
Sous la peau saine, qui entoure un placard de peau brûlée
que l’on doit enlever, on introduit une prothèse
d’expansion tissulaire qui, sera gonflée progressivement
de sérum physiologique par incision transcutanée à l’aiguille,
dans une valve incorporée à la prothèse
ou séparée d’elle par un raccord (valve à distance).
Les injections sont commencées trois semaines après
l’implantation et sont habituellement hebdomadaires.
La durée du gonflage est en moyenne de 8 à 15
injections. Lors du 2ème temps opératoire,
la prothèse est retirée, la peau brûlée
excisée et le lambeau de peau saine expansée
et en excès rabattu, on dit « redrapé »,
sur la surface à recouvrir (ou perte de substance).
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Séquelles de brûlure du moignon de l’épaule et de toute la face externe et antérieure du bras gauche. |
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Mise en place d’une prothèse d’expansion tissulaire sous la peau de la face postérieure du bras et de l’épaule. Cette prothèse a été progressivement gonflée de sérum physiologique. |
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Vue per opératoire de la prothèse qui est enlevée. La peau saine néo formée qui recouvre la prothèse va remplacer la peau brûlée |
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Résultats trois mois après l’intervention : la peau brûlée a totalement disparue. La cicatrice est encore rosée. Sa qualité ne pourra être jugée définitivement qu’un an après l’intervention |
La suture est très minutieuse suivant une technique
originale qui est décrite dans le chapitre des cicatrices.
Les résultats sont souvent excellents mais la procédure
est longue.
LES
BRIDES
Elles
se forment à proximité des articulations,
sur peau mobile, parfois même quand tout est fait pour
les éviter, et correspondent toujours à un
déficit cutané : il ne faut donc pas, sauf
exception, telle le lambeau cervical en « petit bateau » de
Jean Michel KIRSCH, enlever de peau. Les brides sont sectionnées
transversalement en plein tissu rétractile et la zone
est complètement débridée, très
profondément, découvrant une perte de substance
cutanée souvent considérable. De la peau saine
alentour est transposée sur ces zones par l’intermédiaire
de lambeaux tissulaires en Z, hissés, en trident ou
Colson. En cas d’absence de peau saine, ces zones de
perte de substance sont greffées. La kinésithérapie
post opératoire est toujours précoce, intense
et prolongée, afin d’éviter les récidives.
Sous l’effet de la pesanteur, les tissus situés
sous la peau ont tendance à ptoser, à s’affaisser.
Sans doute un peu plus qu’en peau saine. La chirurgie
des séquelles de brûlure est certes fonctionnelle,
mais la demande est également de plus en plus esthétique.
La qualité de la peau étant difficile à améliorer
quand la brûlure est étendue, l’harmonie
des contours du corps et du visage prend de plus en plus
d’importance. A mon sens, il est possible de remodeler
un cou et un ovale du visage brûlé par lifting
prudent, car classiquement, le décollement d’une
peau brûlée est formellement contre indiqué. . Le système musculo aponévrotique
superficiel, situé sous la peau du visage et du cou,
est remis en tension selon une technique personnelle, par
utilisation de plaques synthétiques, le plus souvent
non résorbables.
Il peut également exister un excès de peau
brûlée sur l’abdomen, et sur les flancs.
Une exérèse peut alors être indiquée 
LE
LASER
Dans
certains cas, la vaporisation superficielle de la peau
brûlée par le laser CO2 pulsé, permet
une amélioration de l’aspect de la peau : les
ridules peuvent disparaître, et la peau peut gagner
une certaine tonicité. L’effet sur la couleur
est moins probant.
Ce laser doit néanmoins rester extrêmement
prudent.
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Aspect du cou avant laser |
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Aspect du cou après laser |
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Brûlure de la face palmaire d’une main d’un nourrisson par contact sur une plaque de four. |
Il faut insister sur la prévention des brûlures domestiques chez l’enfant et du syndrome face-main devant le barbecue.
Le traitement immédiat est la réanimation à partir de 10% de peau brûlée chez l’enfant de moins de 2 ans. L’âge, l’étendue et le pourcentage de surface brûlée, particulièrement au 3ème degré, sont les facteurs pronostics principaux.
La greffe doit être envisagée quand une brûlure n’est pas cicatrisée après trois semaines d’évolution spontanée.
Le traitement des séquelles nécessite une formation chirurgicale très spécialisée tant sur le plan technique que sur le plan psychologique et ne peut être envisagée qu’après un an d’évolution. Le sens esthétique du chirurgien associé à l’habilité de certains tatoueurs et maquilleurs, autorisent maintenant des transformations autant esthétiques que fonctionnelles.
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