La
chirurgie du visage Chirurgie
esthetique des oreilles, oreilles décollées : plastie
auriculaire
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OREILLES
DECOLLEES : PLASTIE AURICULAIRE |
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Les
oreilles décollées sont une malformation
des oreilles définie habituellement par un
valgus de la conque
(A) associé à un défaut de plicature
de la racine postérieure de l’anthélix
(B)
On peut également retrouver, soit un valgus
ou une hypertrophie du lobe (C),
soit une hypertrophie de l’hélix
(D), soit une hypertrophie de la conque.
Les oreilles sont assez souvent asymétriques.
D’origine le plus souvent congénitale, la gêne se déclare souvent dans la plus jeune enfance. L’indication opératoire dépend du désir de l’enfant et non pas de celui des parents. Deux pics d’age se distinguent, cinq-six ans et dix-douze ans, correspondant aux changements d’établissements scolaires (maternelle, école primaire, collège), et au renouvellement des amis. Cette intervention chez l'adulte n’est pas rare. |
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ANATOMIE
CHIRURGICALE ET RAFFINEMENTS TECHNIQUES PERMETTANT D’AMELIORER
LES RESULTATS
L’anatomie
chirurgicale
Le
pavillon de l’oreille
est constitué d’une peau fine qui recouvre
directement le cartilage et sa membrane, le périchondre
: pas de muscle ni de graisse sous la peau.
Les reliefs représentés par le bord périphérique
arciforme, en gouttière, appelé hélix
(1) qui borde la convexité de l’anthélix
, divisé en une racine commune inférieure
(2) qui se dédouble vers le haut en une racine antérieure
(3) et une racine postérieure (4).
Encore plus centrale est la concavité de la conque
(5) qui s’implante sur le crâne entre la mastoïde
(6) en arrière et le conduit auditif externe,
en avant (7).
Le lobe (8) poursuit vers le bas la queue de l’hélix
(9). Le tragus (10) recouvre en avant et en dehors l’entrée
du conduit auditif externe.
L’hypertrophie et le valgus de la conque sont traités
par un enfouissement postérieur après exérèse
des tissus sous cutanés situés en arrière
de l’oreille.
Le valgus de la racine postérieure de l’anthélix
est traité par une fragilisation du cartilage auriculaire
de la racine postérieure de l’anthélix
mais également de sa racine antérieure et de
sa racine commune. Cette fragilisation est certes plus logique
par voie antérieure, mais elle me semble beaucoup
plus traumatisante pour la peau quand elle est pratiquée à la
râpe et moins efficace, quand elle est effectuée
par multi perforations. Une fragilisation postérieure
adaptée et minutieuse me donne entière satisfaction.
La
technique chirurgicale et les raffinements techniques personnels
Incision
cutanée en arrière de l’oreille, à cheval
sur le sillon postérieur.
Exérèse cutanée fusiforme à minima
emportant un peu moins d’1 cm de peau à la face
postérieure de l’oreille et 1 cm de peau dans
la région mastoïdienne adjacente.
Evidement rétro auriculaire postérieur de tous
les tissus sous cutanés jusqu’au périoste
mastoïdien, qui permettra l’enfouissement de
la conque.
Hémostase minutieuse.
Décollement de toute la peau de la face postérieure
de l’oreille au contact du cartilage.
Fragilisation de la face postérieure cartilagineuse,
notamment de la racine commune et des racines postérieure
et antérieure de l’anthélix. Je préfère
fragiliser les trois racines, et non pas seulement la racine
postérieure, en incisant le cartilage suivant deux
lignes longitudinales séparées de quelques
millimètres, associé à des lignes transversales,
séparées d’environ 3 millimètres
chacune. Cette fragilisation ne doit jamais être transfixiante
afin d’éviter un aspect de trait de fracture
cartilagineuse visible à la face externe de l’oreille.
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| Prolongement de la machoire par l'oreille suivant une ligne harmonieuse |
La
fixation en bonne position des zones fragilisées
est réalisée par trois points de fil
non résorbable
5/0 incolore pour les 3 racines de l’anthélix.
L’enfouissement de la conque est fixé en
solidarisant sa face postérieure à la
mastoïde. Cet
enfouissement est plus complexe qu’il n’y
parait. En effet, il me semble exister une harmonie
de position et
de forme entre la mâchoire et l’oreille.
Pour cette raison, j’enfouis profondément
la partie antéro inférieure de la conque
et plus superficiellement sa partie postéro
supérieure.
Drainage par des crins de florence.
Suture cutanée postérieure par surjet de fil
non résorbable 4/0.
Pansement non compressif, par des compresses grasses
imbibées
de corticoïde, recouvert par des compresses sèches
et couvrant toute la tête et le cou grâce à des
bandes élastiques.
Localement,
il faut examiner les deux oreilles, noter les anomalies,
l’asymétrie éventuelle
et prévoir les gestes opératoires à réaliser
:
le degré d’enfouissement de la conque
suivant l’importance du valgus et le degré d’hypertrophie éventuelle
du cartilage. Il me semble exceptionnellement utile d’enlever
du cartilage à ce niveau ;
la localisation exacte des points supérieur et inférieur de fixation,
de manière à recréer une oreille ayant une forme naturelle
et en harmonie dans le prolongement de la mandibule.
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L’éventualité d’un
geste associé sur le lobe ou simplement sur sa racine
doit également être prévu. Parfois, la
correction du valgus de la conque entraîne un valgus
du lobe qu’il faut alors corriger. Il
faut toujours vérifier l’absence de lésion
congénitale associée, notamment de kystes,
qui peuvent siéger, dans certains cas, en avant de
l’oreille.
L’interrogatoire et l’examen clinique sont complets.
Il faut insister sur la date d’apparition de la gêne
et son intensité : c’est l’enfant qui
doit imposer l’intervention et non pas ses parents.
Le bilan biologique et la consultation d’anesthésie
sont systématiques et réalisés au moins
trois jours avant l’intervention.

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LE
DEROULEMENT DE L'INTERVENTION |
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LA
VEILLE DE L’INTERVENTION
Taille
des cheveux s’ils débordent sur la face
postérieure des oreilles.
Shampooing et douche.
L’opéré doit être parfaitement à jeun
depuis minuit la veille, sans avoir bu ni fumé.
L’INTERVENTION
Désinfection des deux oreilles le matin à la
clinique et asepsie rigoureuse du champ opératoire.
L’anesthésie est générale chez
l’enfant. Parfois une neurolept-analgésie complétée
par une anesthésie locale est possible chez l’adulte.
Des photos ont été prises lors de la deuxième
consultation pré opératoire et ont permis,
en accord avec l’examen clinique, de prévoir
le plan opératoire. Des photos complémentaires
sont pratiquées en pré opératoire immédiat
ainsi que les marquages pré et rétro auriculaires.
Infiltration à la xylocaïne adrénalinée à 1%
diluée de moitié dans du sérum injectable.
Il faut rester prudent lors de cette infiltration, notamment à la
face postérieure de l’oreille, de façon à éviter
tout spasme vasculaire persistant.
Toute l’intervention doit être atraumatique,
sans traction sur l’oreille. Il me semble important
de pratiquer une plastie auriculaire très naturelle
par remodelage des éléments cartilagineux.
L’axe de l’oreille doit prolonger harmonieusement
la courbe de la mâchoire.
L’hémostase, qui correspond à la coagulation
des vaisseaux, est très minutieuse car l’hématome
est la complication la plus fréquente de ce type d’intervention.
Pansement par compresses grasses imbibées de corticoïdes
moulant précisément la nouvelle anatomie auriculaire.
Ce pansement couvre toute la tête, et est maintenu
par des bandes adhésives élastiques.
Des antalgiques sont prescrits systématiquement, malgré des
douleurs très souvent peu intenses voire inexistantes.
La surveillance post opératoire est efficace, d’abord
en salle de réveil, puis en chambre, par un personnel
compétent.
LES
SOINS POST OPERATOIRES
Une
nuit d’hospitalisation est nécessaire.
Le premier pansement est renouvelé le lendemain matin
par le chirurgien. Les crins de florence sont enlevés.
Tous ces gestes sont indolores.
Le nouveau pansement est plus léger mais couvre quand
même toute la tête et le cou. Il est laissé en
place trois jours puis, est remplacé par un simple
bandeau qui sera porté pendant une semaine, jour et
nuit, puis, seulement la nuit, les trois semaines suivantes
afin d’éviter toute déformation persistante
de l’oreille pendant le sommeil.
Le sport est contre indiqué pendant 2 mois et il faut également
se méfier des jeux trop violents.
Les oreilles sont généralement un peu gonflées,
parfois ecchymotiques, pendant une quinzaine de jours.
Le fil rétro auriculaire est enlevé au 20ème
jour.
Une surveillance de la cicatrice est habituelle pendant
quelques mois, dépistant une éventuelle
hypertrophie cicatricielle, rare, mais toujours possible.
La souplesse des oreilles est complètement restaurée
vers le 3ème mois.

L’infection
et l’hématome restent très rares. Ils
sont prévenus respectivement par une asepsie rigoureuse,
une antibiothérapie per opératoire systématique
et une hémostase parfaite, associées à un
drainage par des crins de florence.
La récidive, notamment unilatérale, est également
très rare, en l’absence de tout traumatisme
post opératoire. Elle conduit parfois à une
correction secondaire.
L’hypertrophie cicatricielle rétro auriculaire,
correspondant à un trait cicatriciel épaissi
et rouge, est très peu fréquent. Son traitement
est fondé sur l’application locale de crèmes à base
de corticoIdes.
Des aspects externes peu naturels peuvent se rencontrer
: oreille trop « collée », aspect de « fracture » cartilagineuse,
modification de la forme de l’oreille dans le sens
vertical, lobe orienté vers l’extérieur,
plicature de l’anthélix trop rigide et trop
rectiligne, trop verticale, trop épaisse, peu harmonieuse,
absence de fossette entre les deux racines antérieure
et postérieure de l’anthélix.
La multiplicité de ces « petites » anomalies
exprime toute la finesse technique de cette intervention
qui, malgré sa banalité, est une intervention
difficile si l’on veut obtenir un beau, naturel et
harmonieux.

Les
résultats sont le plus souvent superbes et la
satisfaction excellente, à condition d’avoir
parfaitement analysé les déformations et posé les
indications exactes, afin d’obtenir un résultat
très naturel et harmonieux.
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