La
chirurgie du visage Chirurgie
esthetique lifting
Les
signes de sénescences du cou et des joues apparaissent
progressivement vers la quarantaine. Leur évolution
a une rapidité et une intensité très
variables suivant les individus.
Il me parait d’emblée important de différencier la peau des
tissus sous cutanés – graisse, muscles, et aponévroses –.
Avec le temps, ces deux éléments évoluent selon un mode
très différent. La peau se creuse de ridules et de rides, alors
que les tissus sous cutanés s’affaissent sous l’effet de la
pesanteur entraînant la peau dans sa ptose. Il s’agit de deux phénomènes
différents
dont les traitements sont opposés. Le but du lifting n’est donc
pas de « tirer » la peau et de faire disparaître les rides.
Le lifting ne lutte pas contre les rides. Les rides et ridules font l’objet
de traitements médicaux qui doivent être confiés à un
médecin esthétique expérimenté : comblements par
divers produits biodégradables, Laser, peelings, voire paralysie musculaire
par la toxine botulique (Botox).
Seule la correction de l’affaissement des tissus sous cutanés est
du domaine chirurgical, représenté par les différents
types de liftings.
Il me semble également que se sont les tissus sous cutanés qui
entraînent la peau dans leur chute, d’autant plus intensément
qu’ils sont chargés de graisse. |
|
Leur
but est de repositionner et de remodeler les éléments
sous cutanés de la face, et notamment la pommette,
dont la position haute et le modelé représentent, à mon
sens, le meilleur signe d’un lifting cervico facial réussi.
L’effacement
des rides sur des tissus sous cutanés affaissés n’a
qu’un
faible effet de rajeunissement. En revanche, le repositionnement des masses
sous cutanées, voire leur augmentation par injection de graisse,
renforcent l’aspect pulpeux du visage jeune. L’excédent
de peau est enlevé, mais sans chercher à effacer les rides,
donc sans excès
de traction, permettant ainsi l’obtention d’une cicatrice quasiment
invisible. Il faut « surfer » la nature et non la contraindre.
La croisade actuelle menée contre les rides me semble exagérée,
d’autant qu’elles témoignent de la personnalité de
chacun, signant un passé actif souvent méritant.
Seule, la correction des ridules débutantes de la jeune femme, des rides
profondes de la femme âgée, ou enfin des rides frontales longitudinales
multiples, me semblent être d’un intérêt thérapeutique.
Certains « petits » traitements, plus ou moins associés,
peuvent être au début très intéressants pour retarder
l’heure du lifting : la lipoaspiration (pop up lipo joue descamps et
goul), le comblement par de la graisse autologue (le lipofilling), la chirurgie
esthétique des paupières (blépharoplastie), voire le Laser
CO2 pulsé ou encore les comblements des ridules par des produits biodégradables.
A un stade plus évolué, il faut discuter le type de lifting qui
sera réalisé, en accord avec l’état évolutif
anatomique local et le désir de sa patiente ou de son patient.
En définitive, c’est une multitude de possibilités thérapeutiques
concernant t le cou et les joues qui sont à discuter avec son patient,
allant du plus « soft » au plus lourd mais, il est évident
que selon chaque type traitement, l’excellence et la pérennité du
résultat seront très variables. Au chirurgien d’informer
et d’orienter, au patient de décider.
LES
SIGNES EVOLUTIFS DE VIEILLISSEMENT DU VISAGE
A
mon sens, il se produit un glissement de la pommette
et de la joue (A) qui entraînent la paupière
inférieure avec, pour conséquence, les signes
cliniques suivants :
- « squelettisation » des paupières donnant
un œil creux (0) et apparition de poches graisseuses
qui saillent à la face profonde des paupières
inférieures comme il est décrit dans le chapitre
sur les paupières ; 
- accentuation
du sillon labio génien supérieur
(1) qui progressivement s’abaisse jusqu’à la
commissure buccale ;
- accentuation
du sillon labio génien inférieur
(2) ;
- apparition
progressive de bajoues déformant l’harmonie
du rebord maxillaire inférieur ou « ovale » du
visage (3) ;
- comblement
de l’angle cervico mentonnier (4) ;
- apparition
des fanons (5), s’accentuant peu à peu,
et qui correspondent à la désolidarisation
des bords internes des deux muscles peauciers qui saillent
alors sous la peau. L’espace vide entre ces deux bords
internes est, petit à petit, comblé par de
la graisse formant le double menton.
Selon
l’état local et le désir de chaque
patiente, le type de lifting à proposer sera différent
:
- si
la gêne est surtout cervicale, localisée
au-dessous de la ligne maxillaire inférieure (D),
sans déformation importante de l’ovale du
visage, le lifting sera uniquement cervical ;
- si la
gêne est prédominante sur la joue au
dessus de la ligne maxillaire inférieure, et pose
surtout un problème d’ « ovale » du
visage, le lifting facial sera indiqué ;
- enfin,
si la joue et le cou sont en cause, c’est
le lifting cervico facial classique qui sera choisi ;
- parfois,
si la gêne se focalise sur les paupières,
la pommette et sur l’affaissement de la queue du sourcil,
un lifting temporal pourra être indiqué, repositionnant
la région médio faciale, et pouvant être éventuellement
associé à un lifting cervico facial ou une
blépharoplastie. Nous
mettrons d’emblée à part
les deux autres types de lifting suivants :
- le
lifting sous périosté ou mask-lift qui
repositionne les éléments sous cutanés
ptosés, non pas par un décollement superficiel,
mais par un décollement profond, au contact de l’os
;
- le mini
lifting ou « soft lift » qu’il
m’est très difficile de définir. Peut être
s’agit-il d’une petite exérèse
de peau en avant de l’oreille sans action sur les tissus
sous cutanés profonds ? Inévitablement, dans
ce cas, des cicatrices disgracieuses, élargies et
visibles apparaissent, associées à une récidive
rapide de la gêne esthétique.
LES
BASES ANATOMIQUES CHIRURGICALES DU LIFTING ET LES RAFFINEMENTS
PERMETTANT D’AMELIORER LES RESULTATS
Le
lifting cervical
Son
traitement se résume en deux parties : la partie
interne verticale sous mentonnière et la partie externe
latérale sous et rétro auriculaire.
Le traitement de la partie interne est le suivant :
- incision
sous mentonnière horizontale, de 1,5 cm de longueur,
quasiment invisible ;
- dissection
des plans sous cutanés ;
- isolement
des deux piliers musculaires internes qui forment les fanons
lorsqu’ils saillent sous la peau ;
- exérèse
de la graisse du « double menton » bloquée
entre ces piliers ;
- suture
longitudinale médiane des piliers, l’un à l’autre,
par points en X au fil à résorption lente. |
Le traitement de la partie externe est le suivant :
|
Tracé de l’incision pré auriculaire (il faut enlever le petit à la fin de rétro auriculaire) |
- incision
en arrière de l’oreille, dans
son sillon postérieur de l’oreille.
A la partie postéro supérieure, l’incision
se recourbe vers l’arrière pour rejoindre
la lisière chevelue occipitale. L’incision
se prolonge alors vers le bas soit au ras de la
lisière
des cheveux, soit dans le cuir chevelu et ce d’autant
plus bas que l’excèdent de peau cervicale à enlever
est important ;
- décollement
sous cutané profond de la région cervicale
;
- dissection
du peaucier et du platisma ;
- incision
horizontale du muscle peaucier à plus de 5 cm au
dessous de la ligne maxillaire inférieure, de façon à passer
au dessous de la glande sous maxillaire. Cette incision
sépare le peaucier en deux parties, l’une
supérieure et l’autre inférieure
qui sont chacune remise en tension ;
- exérèse
de l’excédent cutané en arrière
de l’oreille, sans traction excessive ;
- drainage
par une lame ondulée sortant par le cuir chevelu
;
- suture
minutieuse et fine en arrière de l’oreille
et dans le cuir chevelu en deux plans. |
Le
lifting cervical peut être réalisé isolément,
ou bien associé à un lifting facial réalisant
ce que l’on appelle le lifting cervico facial.
Le
lifting cervico facial classique
Il
se décompose en lifting cervical qui vient d’être
décrit et lifting facial.
|
Aspect cicatriciel post opératoire : grande discrétion des cicatrices et forme de la patte chevelue conservée. |
|
Les cicatrices après le lifting : elles sont presque invisibles et la patte chevelue est conservée |
- L’incision
se poursuit d’arrière en avant de l’oreille,
isole le lobe de l’oreille puis remonte en
avant et dans l’oreille, en dedans du tragus,
dont la face superficielle est désépidermisée.
Après passage au ras de la racine supérieure
de l’hélix, l’incision se prolonge
soit verticalement, dans le cuir chevelu temporal,
soit, plus souvent, circonscrivant la patte chevelue.
Cette incision dépend du sexe du patient,
de la largeur de la patte chevelue initiale et de
l’importance de l’excèdent cutané à enlever.
Au total, cicatrice invisible, conservation de
la forme du lobe et largeur conservée de patte chevelue sont, à mon sens, les trois signes
d’un lifting réussi sur le plan cicatriciel.
- Le
décollement de la peau jugale débute
en avant de l’oreille et se poursuit en hypodermique
profond jusqu’au contour de l’orbite,
au sillon latéral du nez, au sillon labio
génien supérieur, à la commissure
buccale, au sillon labio génien inférieur.
Le premier plan de décollement est superficiel,
sous cutané profond.
Le deuxième plan de décollement est plus profond et correspond
au plan du système musculo aponévrotique superficiel, qui s’étend
jusqu’à la moitié de la largeur de la joue. Il doit être
prudent et minutieux car cette dissection passe au ras des rameaux moteurs
du nerf facial qui émergent de la face antérieure à la
parotide.
Le troisième plan est profond, sous périosté, mené au
contact de l’os maxillaire supérieur à la manière
d’un mask lift, à partir d’une incision conjonctivale de
la paupière inférieure. Ce décollement n’est à effectuer
que lorsque la pommette est à relever de façon importante.
- La
remise en tension des éléments du système
musculo aponévrotique superficiel (SMAS de
V. Mitz) est réalisée en premier, avant
la remise en tension des éléments
du cou.
L’axe de remise en tension en avant de l’oreille, est soit verticale,
soit oblique, et correspond à une exérèse tissulaire
de SMAS de 15 à 20 mm de hauteur, suturée au fil à résorption
lente incolore 3/0.
Dans certains cas, le système musculo aponévrotique superficiel
est de mauvaise qualité, très fin, et ne peut supporter une traction
sans se déchirer. Selon une technique originale que j’utilise
depuis 1996, un néo plan prothétique est crée permettant
dans tous les cas une remise en tension solide et efficace du SMAS, toujours
nécessaire pour l’obtention d’un résultat final
beau et durable.
La pommette est repositionnée soit par points séparés
de fil à résorption lente 3/0, solidarisant les tissus superficiels
de la pommette à l’aponévrose temporale superficielle,
soit par un néo-plan prothétique. La direction de la suture est
toujours orientée de bas en haut et de dedans en dehors. Ce temps me
parait très important pour obtenir un résultat final qualité.
- Vérification minutieuse de l’hémostase
et mise en place d’un drainage par lame en
arrière de l’oreille.
- Exérèse de l’excédent
cutanée adaptée et limitée en
avant et en arrière de l’oreille sans
excès de tension.
- Suture
cutanée, sans tension , commencée par un bâti
de 2 points, l’un antérieur au bord supérieur de l’oreille
et l’autre, postérieur, également au bord supérieur
de l’oreille. Cette suture minutieuse est pratiquée en 2 plans,
monocryl 5/0 en dermique et points séparés de nylon 5 et 6/0,
en évitant toute déformation du lobe et tout excès de
tension dans le cuir chevelu, obtenant une cicatrice le plus souvent quasiment
invisible. Pansement
complet de toute la tête prenant
le front et le coup avec compression douce des régions
cervicales sous et rétro auriculaires. |
Le
lifting temporal
Son étude sera détaillée dans le chapitre
consacré aux sourcils.
Le but de ce lifting est d’harmoniser la courbure du
sourcil en relevant sa moitié externe, de remettre
en tension vers le haut et le dehors la peau de la moitié externe
de la paupière supérieure en atténuant
les ridules de la patte d’oie et, dans certains cas,
de repositionner la pommette. Le schéma technique
et le suivant :
- deux
incisions dans le cuir chevelu, l’une frontale de 10 mm, externe, en haut, l’autre
temporale de 20 mm, en bas ;
- décollement
dans les plans sus périosté et sous galéal
de toute la région frontale antérieure et postérieure,
puis en passant en sous cutané à 1 cm au
dessus du sourcil ;
- décollement
de la région temporale en sous cutané superficiel
;
- fixation
de la partie profonde du sourcil à la table externe
du crâne. Cette suspension est réalisée
par deux points, l’un médian par fixation au
moyen d’une vis Miteik de fil non résorbable,
l’autre latérale externe par fixation à l’aponévrose
temporale superficielle, par un fil non résorbable.
Rarement, une troisième suspension est utile entre
les deux précédentes ;
- absence
de drainage ;
- fermeture
sans tension en 2 plans après exérèse
d’un éventuel excédent cutané temporal
dans le cuir chevelu. |

L'EXAMEN
CLINIQUE PRE-OPERATOIRE |
LES
ANTECEDENTS
L’interrogatoire précise les antécédents
médicaux et chirurgicaux, les allergies éventuelles,
les tares - diabète, hypertension artérielle,
hyperlipidémie-, les habitudes sportives et d’exposition
solaire. On connaît les effets délétères
de l’exposition solaire sur les fibres élastiques
de la peau, favorisant le vieillissement et devant être
pris en compte lors du décollement cutané.
Ce décollement de la joue est moins prononcé en
avant quand la peau est abîmée.
Les problèmes thyroïdiens sont éventuellement
notés, en connaissant leur fréquence chez
la femme.
Les médicaments habituellement pris et notamment les
anxiolytiques, les antidépresseurs et les hypnotiques
sont également détaillés.
L’intoxication tabagique doit être quantifiée
car on connaît ses effets néfastes sur la micro
vascularisation cutanée favorisant les troubles ischémiques.
Le décollement cutané de la joue devient très
prudent quand l’intoxication atteint 10 paquets - année,
soit l’équivalent d’un paquet par jour
pendant 10 ans. L’arrêt du tabac au moins un
mois avant l’intervention est de toute manière
très fortement conseillé en cas d’intoxication
importante. Certain produits pharmaceutiques peuvent également être
prescrits.
LA
DATE D’APPARITION DE LA GENE
Souvent,
la gêne existe depuis plusieurs années.
Parfois, des gestes de chirurgie esthétique ont déjà été effectués
sur le visage, notamment sur les paupières, qui s’affaissent
en règle plus précocement que « l’ovale » du
visage.
La période de maturation décisionnelle doit être
longue, en sachant que les périodes de vieillissement
du visage se produisent souvent brutalement avec un retentissement
psychologique presque immédiat.
L’ETAT
PHYSIOLOGIQUE DU PATIENT
Il
est très important à préciser car
il s’agit d’une intervention assez perturbante
sur le plan psychologique. La période post opératoire
est assez souvent marquée chez la femme par une phase
de dépression transitoire qu’il faut anticiper.
Il est capital, également, de parfaitement expliquer à son
patient ce dont il peut attendre de cette intervention et
de bien faire préciser son désir exact sur
chacune des zones du visage. Ce contrat entre le patient
et son chirurgien est au fondement même de la réussite
de cette intervention.
L’AGE
A
mon sens, il n’y a pas d’âge approprié pour
subir un lifting. Il faut raisonner en indication et en motivation.
L’indication est posée par le chirurgien qui
est le seul à pouvoir juger honnêtement s’il
peut améliorer l’état physique de son
patient et surtout l’améliorer suffisamment
pour obtenir sa satisfaction. La motivation de son patient
doit également être tant physiquement que psychiquement
importante car il s’agit d’une « véritable »opération,
sans doute plus traumatisante sur le plan psychologique que
sur le plan physique, quoique les suites soient souvent parfois
marquées par des tiraillements profonds qui, à la
longue, peuvent devenir gênants.
En général, je préfère éviter
le lifting chez la femme de plus de 70 ans. Quelque soit
la qualité du travail effectué, il est souvent
très difficile, pour des raisons psychologiques complexes,
d’obtenir leur satisfaction dans le domaine du lifting,
L’ETAT
VASCULAIRE
L’artérite
des membres inférieurs, les
problèmes coronariens et l’intoxication tabagique
au niveau de 20 paquets- années, doivent rendre
extrêmement
prudente l’indication opératoire et, de toute
manière, contre indiquent les larges décollements
cutanés.
L’ETAT
CUTANE CERVICO-FACIAL
Certains éléments
sont appréciés
:
- la finesse et la pigmentation de la peau ;
- l’excédent cutané en avant et en arrière
de l’oreille ;
- l’épaisseur des tissus sous cutanés
et la proportion de graisse, notamment dans les bajoues et
le cou, qui peut nécessiter une lipoaspiration à l’aiguille
fine en début de lifting ;
- l’aspect
du maxillaire inférieur : une mâchoire
proéminente sur un cou peu graisseux donne toujours
un lifting de meilleur qualité que lorsque le menton
est en retrait et prolongé d’un double menton
graisseux prononcé.
LA DIRECTION DES DIFFERENTS VECTEURS
Ils
permettent le repositionnement des éléments
sous cutanés ptosés : joues, pommettes,
cou.
Le
vecteur I peut être soit
simplement vertical, soit oblique en haut et en dehors
(1). Il positionne la joue et est matérialisé sous
la forme d’une remise en tension du système
musculo aponévrotique superficiel (SMAS) par exérèse-suture.
Le
vecteur II est toujours cervical
et presque horizontal vers l’arrière (2).
Il remet en tension le muscle peaucier du cou après
solidarisation au muscle opposé sur la ligne médiane.(2’)
Le
vecteur III est toujours orienté en
haut et en dehors (3) et repositionne la pommette.
L’effet du vecteur I suffit parfois, mais rarement, à corriger
l’affaissement du vecteur III. Beaucoup d’auteurs
négligent encore cet aspect médio-facial du
visage. Or, il me semble qu’il est le fondement même
de toute la finesse de la qualité d’un lifting.
Le repositionnement de la pommette est maintenu de 2 façons
: soit par plicatures grâce à quelques points
de suture simples, (après décollement profond
de la pommette et de la joue en sous périosté),
soit par fixation grâce à une plaque selon
une technique personnelle.
LE
SEXE
Chez
l’homme, le lifting révèle deux
particularités :
- l’incision
dans le cuir chevelu doit toujours prévoir une éventuelle
chute progressive des cheveux formant les golfes frontaux.
La cicatrice dans le cuir chevelu doit toujours être
courte. L’excès de cuir chevelu, habituellement
enlevé, peut, dans certains cas, être
utilisé pour traiter une calvitie ;
- le
décollement
est toujours plus hémorragique et la coagulation
des vaisseaux sanguins s’impose avec une extrême
minutie ;
- la
remise en tension des éléments sous cutanés
du SMAS peut se concevoir moins tendue et plus naturelle. |
LES
FACTEURS THROMBO EMBOLIQUES
Bien
que le lifting cervico facial soit réputé peu
emboligène, les facteurs favorisants le développement
des phlébites et de l’embolie pulmonaire doivent être
détaillés comme lors de toute intervention
chirurgicale. Obésité, intoxication tabagique,
contraception orale, varices des membres inférieurs,
troubles de la coagulation connus, antécédents
personnels et familiaux de phlébite et d’embolie
pulmonaire sont des facteurs à prendre en compte.
La prudence est de règle et suivant les cas, l’arrêt
de la contraception orle ou du tabac un mois avant l’intervention,
voire un amaigrissement et le traitement de certaines varices,
peuvent être envisagés avant le lifting.
LES
ANTICOAGULANTS
Les
anticoagulants ne sont jamais prescrits avant ce type
d’intervention mais le port de bas anti-thrombose 8
jours avant, pendant et après le geste opératoire
peut être utile.
L’ETAT
DES GLANDES PAROTIDIENNES, SOUS MAXILLAIRES ET THYROÏDIENNES
Parfois,
les glandes sous maxillaires sont légèrement
hypertrophiques en l’absence de toute pathologie.
Leur volume semble parfois augmenter en post opératoire
même en l’absence de section haute du muscle
peaucier du cou qui, quand il est coupé, doit toujours
l’être à 5 cm au dessous du rebord mandibulaire
afin d’éviter une protrusion externe des glandes
sous maxillaires.
L’ETAT
DU CUIR CHEVELU
Il
doit être apprécié minutieusement,
notamment la couvrance des cheveux (densité, qualité et
couleur), ainsi que la largeur de la patte chevelue qui
doit toujours être conservée.
LE
RESTE DE L’EXAMEN CLINIQUE
Il
est complet et adapté à chaque
patient suivant ses pathologies.

DEROULEMENT
DE L'INTERVENTION |
LE
BILAN PRE OPERATOIRE
Deux
consultations pré opératoires auprès
du chirurgien sont nécessaires.
L’examen clinique complet consigne par écrit
l’ensemble des antécédents médicaux
et chirurgicaux, les tares, les allergies, les prises médicamenteuses
habituelles.
Le bilan biologique pré opératoire est systématique
et notamment lipidique – taux de triglycérides,
de cholestérol total et de ses fractions – et
glycémique – la glycémie à jeun
en dépistant un diabète gras débutant –.
Une consultation de cardiologie avec électrocardiogramme
est systématique et au moindre doute une échographie
cardiaque notamment en l’absence de surveillance cardiaque
antérieure.
Prescription de veino toniques, pendant dix jours, avant
et après l’intervention.
Vérification de l’absence de prise de médicaments
contenant de l’aspirine.
Consultation d’anesthésie obligatoire, précédant
légalement d’au moins trois jours l’intervention.
L’anxiété est habituelle et normale avant
toute intervention, particulièrement en matière
de lifting. La prescription d’un anxiolytique à faible
dose, cinq jours avant l’opération peut être
judicieuse.
De nombreux documents légaux doivent être portés à la
connaissance de chaque patient et signés : consentement éclairé,
devis.
Une mentonnière compressive adaptée doit être
commandée à l’avance. Elle sera mise
en place au troisième jour après l’intervention.
LA
VEILLE DE L’INTERVENTION
- Lavage par douche ou bain et shampoing.
- Rasage de barbe le matin de l’intervention.
- Aucune bague ni bijou.
- Pas de vernis sur les ongles.
- Prise éventuelle d’un anxiolytique.
- Ne rien boire, ne rien manger, ne pas fumer après
minuit : une patiente qui n’est pas parfaitement à jeun
ne peut être opérée le lendemain
matin.
- Pas de prescription d’anticoagulant, sauf exception.
- Dans certains cas, port de bas de contention pendant
la semaine qui précède l’intervention,
durant l’intervention et pendant toute la durée
de l’hospitalisation.
L’INTERVENTION
Les
photos définitives
Elles sont prises
au bloc opératoire, en position
assise et statique, de face, de profil et de trois quarts,
en cadrant d’abord l’ensemble de la face et du
cou, puis la partie sus orbitaire. Les premières photos
ayant été prises lors de la seconde consultation
pré opératoire
La numérisation et l’informatisation permettent
un classement efficace des photos et leur impression rapide.
Chaque dossier photographique est minutieusement étudié la
veille de l’intervention et un plan opératoire,
différent pour chaque patiente, est élaboré.
Dans quelques années, ce plan sera probablement établi
informatiquement.
Il ne faut pas négliger l’aspect dynamique du
résultat : c'est dire l’importance des films
numériques.
Enfin, il est essentiel, pour juger un résultat, de
disposer d’au moins trois photos avant (face, profil
et trois quarts) et de trois photos après prises exactement
sous le même angle, à la même distance
et avec le même objectif.
Ces conditions sont certes difficiles à obtenir, notamment
sur Internet où la confidentialité est de mise,
mais les résultats sur deux photos (une avant et une
après) me paraissent parfois aussi trompeurs voire
malhonnêtes que des retouches photographiques.
Les
dessins pré opératoires
Ils
sont effectués au bloc opératoire, juste
avant l’intervention, avec minutie, en utilisant un
marqueur cutané à pointe fine et à encre
indélébile.
La cicatrice en avant et en arrière de l’oreille
est minutieusement indiquée ainsi que les différents
vecteurs de traction des tissus sous cutanés.
L’anesthésie
Il
s’agit toujours, d’une anesthésie
générale avec intubation trachéale qui
dure, selon les cas, de 2 à 3 heures.
L’intervention n’est menée sous neurolept
analgésie que dans de rares cas particulier.
La
position opératoire
Il s’agit toujours du décubitus dorsal, la
tête étant maintenue dans un « rond de
tête ».
L’asepsie
Elle
est chirurgicale et complète, en effectuant
un badigeonnage complet de la tête à la bétadine,
la protection des yeux par des collyres devant être
efficace et répétée.
L’infiltration
pré opératoire
Il s’agit d’injecter, en tout début d’intervention,
au moyen d’une seringue et d’une aiguille très
fine, un mélange de sérum et de xylocaïne
adrénalinée à 1% : 4 flacons de xylocaïne
adrénalinée à 1% dans 300 millilitres
de sérum injectable.
Cette infiltration offre de nombreux avantages :
- saignement
réduit et fatigue post opératoire atténuée,
l’hémostase étant néanmoins
effectuée en redoublant de vigilance ;
- diminution
de l’œdème
post opératoire par un affaiblissement du réflexe nerveux
sympathique de vasodilatation ;
- facilité du décollement
superficiel hypodermique. |
La
technique opératoire
du lifting cervico facial
La lipoaspiration
Elle représente souvent le premier temps opératoire
et doit être minutieuse, de faible
intensité et effectuée à l’aiguille
fine.
Parfois, une ébauche de décollement sous cutané est
réalisée à l’aiguille mais sans
aspiration.
Dans certains cas, cette graisse peut être récupérée,
centrifugée et injectée dans les pommettes
et les paupières inférieures : c’est
le lipofilling.
L’incision cutanée
Elle est située, nous l’avons vu en détaille,
en avant de l’oreille puis en arrière et enfin,
dans le cuir chevelu temporal et occipital.
Le décollement du plan sous cutané de
la joue et du cou
Ce décollement est poursuivi profondément dans
l’hypoderme et poussé en avant de
façon variable suivant les cas, parfois jusqu’à l’angle
externe de l’œil, la paupière inférieur,
le sillon latéral du nez, la commissure buccale
et le bord externe du menton.
L’incision sous mentonnière
Souvent courte (environ 1,5 cm de longueur) et horizontale,
elle permet d’isoler les bords internes des muscles
peauciers et, après évidement graisseux,
de solidariser ses bords internes par plusieurs points
en X au fil 3/0 lentement résorbable.
Le
décollement du deuxième plan : le SMAS
Ce décollement commence par une incision du SMAS verticalement
en avant et au raz de l’oreille. Cette incision descend
au dessous de l’oreille, puis dans le cou, toujours
verticalement, en avant du bord antérieur du muscle
sterno cleïdo mastoïdien. Le SMAS de la joue et
le peaucier du cou sont alors isolés. Cette dissection
doit être prudente en respectant les branches nerveuses
motrices du nerf facial innervant les paupières et
les lèvres.
Le
décollement du troisième plan
Ce décollement sous périosté, mené au
ras de l’os maxillaire supérieur n’est
pas systématique. Cette dissection doit préserver
l’émergence du nerf sous orbitaire. Elle permet
une meilleure mobilisation vers le haut et le dehors de la
pommette et de la joue. Elle entraîne souvent un œdème
facial post opératoire plus prononcé.
La
remise en tension du SMAS
La tension est exercée, comme nous l’avons décrit en détail,
selon le vecteur I pour la joue, puis selon le vecteur II pour le cou.
Parfois le SMAS est trop fin et je le remplace par une prothèse, non
résorbable ou semi résorbable, suivant une technique personnelle.
Ce temps est très important. Des études américaines très
détaillées prouvent qu’un lifting uniquement cutané,
sans remise en tension du SMAS, donne toujours de moins bons résultats
esthétiques et des cicatrices élargies. Dans certains cas, la
pommette doit être repositionnée selon le vecteur III, comme nous
l’avons déjà vu.
L’exérèse de l’excèdent
cutané
Elle est effectuée sans tension excessive et en appliquant
simplement la peau sur l’oreille. Une femme de 25 ans
a déjà une laxité cutanée évidente
sur le visage. Par conséquent, pourquoi vouloir à tout
prix sur-corriger la laxité cutanée d’une
femme de 50 ans ? Cela est illogique et dangereux car à l’origine
de complications telles que la nécrose cutanée,
les difficultés de cicatrisation, l’élargissement
secondaire des cicatrices et surtout l’aspect peu naturel
du résultat.
La
suture cutanée
Elle est effectuée minutieusement en 2 plans : fil
5/0 lentement résorbable en dermique et points séparés
ou surjet de nylon 5/0 en épidermique. Dans le cuir
chevelu : quelques points résorbables 3/0 en dermique
ou galéal et agrafage fin.
Le drainage
Il est réalisé par une lame sortant dans l’incision cutanée
occipitale.
Dans certains cas, une blépharoplastie inférieure est associée,
plus rarement une blépharoplastie supérieure.
L’association d’un lifting temporal ou frontal à un lifting
cervico facial, dans le même temps opératoire est parfois concevable, à condition
de ne pas dépasser les trois heures d’anesthésie pour cette
intervention purement esthétique
Le pansement
Il couvre toute la tête et le cou. Une compresse grasse, imbibée
de corticoïdes est placée en avant de l’oreille, une autre
en arrière, puis des compresses sèches, d’épaisseur
variable et trois bandes élastiques non collantes, de 10 cm de largeur,
recouvrent le tout.
LES
SUITES IMMEDIATES
L’antibiothérapie per opératoire est
systématique en l’absence d’allergie.
La surveillance post opératoire, notamment de la douleur
est minutieuse, d’abord en salle de réveil par
un personnel compétent, puis en chambre.
La douleur est souvent peu intense et est calmée par
des antalgiques adaptés.
L’injection de corticoïdes est souvent utile dans
les 8 premières heures afin de minimiser l’œdème.
La sortie a lieu le lendemain de l’intervention :
- après
le premier pansement, pratiqué par le chirurgien
lui-même, où la lame de drainage est enlevée
et les cicatrices désinfectées à la
bétadine dermique. Tous ces gestes sont indolores
;
- un
pansement couvrant toute la tête et le cou, est gardé pendant
trois jours, puis est remplacé par une mentonnière
qui sera portée pendant une semaine nuit et
jour, et seulement la nuit, pendant les trois semaines
suivantes. |
On retrouve souvent un léger œdème post
opératoire, parfois quelques ecchymoses, notamment
linéaires, dans la partie basse du cou. Les douleurs
durent quelques heures. Le lendemain, elles ont pratiquement
disparues. Mais attention, une gêne profonde – picotements,
tiraillements, tensions –, est souvent présente
et dure fréquemment 2 à 3 mois.
Les fils sont enlevés au 6ème jour autour de
l’oreille et au 10ème jour dans le cuir
chevelu.
L’EVOLUTION
PLUS TARDIVE
L’œdème se résorbe en 15 jours
en même temps que les quelques ecchymoses, quand
elles existent.
Le maquillage est possible dès le 7ème jour
suivant des règles précises, conseillées
par une assistante compétente.
Les cheveux sont lavés par un shampooing doux dès
le 3ème jour. Le cuir chevelu a déjà été lavé au
sérum physiologique en fin d’intervention, au
bloc opératoire.
La cicatrice est déjà peu visible vers le 15ème
jour.
En définitive, la convalescence est de deux semaines
pour certains, trois semaines pour d’autres, selon
les réactions locales oedémateuses, très
variables suivant les individus.

L’HEMATOME
Il est rare et est alors localisé dans le cou au
dessous de l’oreille .Il peut être évacué sans
intervention et sans douleur, après réouverture
de l’orifice de la lame.
LA
CICATRICE
Certains
patients peuvent cicatriser sur un mode hypertrophique
(voir
le chapitre sur les cicatrices dans la chirurgie
réparatrice), avec cicatrices épaisses, rosées
et visibles, qui peuvent être masquées par
les cheveux, pendant leur traitement à base de corticoïdes
en crème ou en injection.
L’ELARGISSEMENT
CICATRICIEL
Il
est systématiquement prévenu
par une suture minutieuse en deux plans et sans tension.
L’ALOPECIE
Il
s’agit d’une chute de cheveux dans la région
temporale, en avant de la cicatrice. Ce problème
doit être systématiquement prévenu
par une dissection ménageant les bulbes des cheveux,
en évitant, lors de la suture du cuir chevelu, toute
traction excessive et tout traumatisme des bulbes pileux.
LES
TROUBLES NERVEUX
La prudence est de mise car les rameaux moteurs du nerf
facial sont proches du plan de dissection hypodermique.
Connaissance anatomique approfondie, prudence, minutie
et expérience permettent d’éviter ces
fâcheuses complications.
C’est une intervention magique qui donne une grande satisfaction à mes
patientes et patients, à la condition d’un contrat
préopératoire déterminé à l’avance
et parfaitement observé.
L’aspect naturel de cette intervention est la priorité,
le repositionnement de la pommette et des éléments
profonds de la joue et du cou permettent l’obtention
durable d’un beau résultat esthétique.
Sans traction excessive sur la peau, les cicatrices sont
alors quasiment invisibles.
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