 |
Tous
droits réservés - Patrice Hilligot 2004
Docteur Patrice Hilligot - Chirurgie esthétique, plastique
et reconstructrice
Tél : 01 47 20 54 52 Fax : 01 47 20 73 24 contact@patrice-hilligot.com |
DEFINITION
L’hypertrophie
mammaire est définie par un volume trop important du
sein, variant de 300 à 1 500 gr, rarement plus. L’invalidité qui
en résulte est autant physique que psychologique, entraînant
parfois une véritable infirmité, avec perte de
confiance en soi, avec blessure narcissique, difficultés
d’habillement, arrêt de la pratique du sport.
La dissimulation des seins, pour échapper au regard des
autres, peut conduire à des anomalies physiques de positionnement
des épaules vers l’avant et de courbure des vertèbres
dorsales en cyphose, encore accentuées par le poids des
seins.
|
|
LES
BASES DU TRAITEMENT
Le
traitement est représenté par l’intervention de
réduction mammaire.
La technique consiste à enlever de la glande qui sera toujours
analysée au microscope, sur le plan anatomopathologique, afin
de dépister une éventuelle tumeur.
A cette exérèse de glande est associée à une
exérèse de peau permettant d’adapter la peau au volume
glandulaire restant.
La plaque aréolo mamelonnaire est toujours repositionnée
idéalement selon la longueur de l’hémi base thoracique
antérieure et des segments I, II, et III qui en découlent.
Comme il à été d’écrit dans l’anatomie
artistique des seins du chapitre précédent.
LA
CICATRICE
Toute
exérèse de peau crée une cicatrice. Au chirurgien
de minimiser la rançon cicatricielle sans négliger la
beauté du galbe du sein et la pérennité du résultat.
Cette cicatrice doit être courte et réalisée suivant
une technique impeccable.
Cicatrice
courte
La cicatrice est située autour de l’aréole, à l’union
des peaux de couleurs différentes, et s’étend verticalement
suivant le segment III, du bord inférieur de la plaque aréolo
mamelonnaire jusqu’au sillon sous mammaire.
Certes
minimale, cette cicatrice permet néanmoins de traiter la majorité des
problèmes d’hypertrophie. Nul besoin, dans l’immense
majorité des cas, d’effectuer une cicatrice
horizontale dans le sillon sous mammaire qui, dans tous les cas,si elle
assiste doit être doit être inférieure à 5
cm de longueur.
On ne doit plus voir de très longues cicatrices horizontales car
elles s’élargissent souvent, notamment en dehors, sont parfois
hypertrophiques, voire douloureuses .
Elles sont surtout toujours visibles, non pas en position debout, mais
surtout en position allongée, semblant alors couper horizontalement
le corps en deux parties.
En définitive, cicatrice courte autour de l’aréole,
se prolongeant verticalement vers le bas jusqu’ au sillon sous
mammaire et pas de cicatrice horizontale.
Cicatrices
impeccables
Sachant qu’une cicatrice n’est jamais complètement
invisible, j’insiste afin d’améliorer son aspect final,
sur une technique personnelle de suture, appelée lambeau d’accolement
qui sera décrit dans le chapitre des cicatrices
LES
EVOLUTIONS TECHNIQUES PERSONNELLES
Outre
la technique de suture, j’insiste sur une
technique personnelle de découpe du pédicule
porte mamelon.
Le pédicule porte mamelon est le garant
de la vascularisation de la plaque aréolo
mamelonnaire lors de son repositionnement pendant
l’intervention. Il est le plus souvent
supérieur. Dans ma technique, le pédicule
et fin et supéro interne, facilitant ainsi
le positionnement de la plaque aréolo
mamelonnaire, sans distorsion et sans perte de
fiabilité vasculaire (Figure 6 et 7)
Enfin, la technique de résection glandulaire est personnelle ,
avec des décollements
sous cutanés presque inexistants et l’absence de décollement
rétro glandulaire, en prenant soin d’accoler et de projeter
au maximum la zone péri aréolaire, gage de beauté du
galbe et de stabilité du résultat dans le temps.
|
|
LE
DEROULEMENT DE L'INTERVENTION |
|
LE
BILAN PREOPERATOIRE
Deux consultations pré opératoires auprès du chirurgien
sont nécessaires, la seconde complétant la première.
L’examen clinique complet note tous les antécédents
médicaux et chirurgicaux, les tares, les allergies, les prise
médicamenteuses.
Le bilan biologique pré opératoire est systématique
et notamment les bilans lipidique – à la recherche d’anomalies
des taux de triglycérides, cholestérol total et de ses
fractions – et –
La consultation de cardiologie avec électrocardiogramme et au
moindre doute échographie cardiaque est systématique car
la découverte de petites anomalies, à surveiller ultérieurement,
n’est pas rare.
La prescription de veino toniques pendant 8 jours, avant et après
l’intervention me semble souvent judicieuse.
La mammographie est systématique associée, au besoin, à une échographie
mammaire.
La consultation d’anesthésie est obligatoire et précédant
d’au moins 3 jours l’intervention.
L’anxiété est habituelle avant toute intervention,
la prescription d’un anxiolytique à faible dose, pendant
5 jours avant l’intervention est parfois nécessaire.
De nombreux documents légaux doivent lus et signés par
chaque patiente : consentement éclairé, devis.
Enfin, il faut vérifier l’absence de prise de médicament
contenant de l’aspirine car ils entraînent toujours un saignement
per et post opératoire accrue.
LA
VEILLE DE L’INTERVENTION
Lavage complet du corps et shampooing.
Désinfection des aisselles et du thorax à la bétadine
par une infirmière du service.
Prise éventuelle d’un anxiolytique.
Ne rien boire, ne rien manger, ne pas fumer après minuit. Une
patiente qui n’est pas parfaitement à jeun ne peut être
opérée le lendemain matin.
Prescription d’anticoagulants, type hémoglobine de bas poids
moléculaire en sous cutané,
à la posologie de 0,2 ou 0,3 ml suivant le poids de la patiente, pour éviter
les phlébites et ses complications, certes rares dans ce type d’intervention,
mais étant toujours possibles.. Il faut en connaître les facteurs
favorisants qui font moduler les indications : obésité, age, diabète,
prise de contraceptifs oraux, qu’il est toujours préférable
d’arrêter un mois avant l’intervention, intoxication tabagique,
le risque devenant important à partir d’un paquet par jour pendant
20 ans, varices des membres inférieurs, antécédents de phlébites
personnels et familiaux, troubles de la coagulation connus.
Dans certains cas, des bas de contention seront portés pendant
10 jours avant, pendant et après l’intervention, jusqu’à la
sortie.
L’INTERVENTION
Elle est toujours menée sous anesthésie générale
et dure, selon les cas, de 2 à 3 heures.
La position opératoire est assise, bras le long du corps, en protégeant
minutieusement tous les points d’appui et de compression (coudes,
poignets, mains, mollets, talons).
Les photos définitives sont prises au bloc opératoire,
en position debout. Les premières photos ont été prises
lors de la seconde consultation pré opératoire. La numérisation
et l’informatisation permettent un classement efficace de ces photos
et leur impression rapide. Chaque dossier photographique est étudié la
veille de l’intervention, et un plan opératoire minutieusement élaboré et
qui sera, à mon sens, dans quelques années, prévu
informatiquement.
Enfin, il est essentiel, pour juger les résultats, de disposer
d’au moins trois photos avant (face, profil et trois quart), et
trois photos après prises sous les mêmes angles, à la
même distance et avec le même objectif.
Les résultats sur deux photos (une avant et une après)
me paraissent aussi trompeurs voire malhonnêtes que des retouches
photographiques.
Les
dessins pré opératoires
Ils
sont effectués au bloc opératoire,
juste avant l’intervention, avec minutie, en
utilisant un marqueur cutané à pointe
fine et à encre indélébile.
L’axe du sein part en haut de 6 à 7 cm en dehors de la fourchette
sternale suivant la longueur de l’hémi base thoracique antérieure.
Cet axe passe par le mamelon du côté du sein le plus petit
et, en dehors du mamelon du côté du sein le plus volumineux.
Il s’étend jusqu’à 3 cm en moyenne, au dessus
du sillon sous mammaire.
Le point supérieur de la future aréole est situé sur
l’axe du sein de 17 à 21 cm de la fourchette sus sternale,
variant en fonction :
de
la longueur de l’hémi base thoracique
;
du
poids de la glande qui va être réséquée
lors de l’intervention ;
de
la qualité de la peau du sein, anticipant
ainsi le « redrapage » cutané post
opératoire.
La zone de désépidermisation péri aréolaire
est inscrite dans une surface de 5 cm de hauteur et de 9 cm de base.
Il est important de noter que toutes ces mesures sont prises en position
debout, en soutenant légèrement le pôle inférieur
du sein.
La
technique opératoire
1°)
Désépidermisation péri aréolaire
avec exérèse cutanée fusiforme.
2°) Levée du pédicule porte mamelon supéro interne
d’environ 2 cm d’épaisseur, selon une technique personnelle
3°) Exérèse glandulaire sans décollement pré musculaire
ni cutané et selon une découpe originale
4°) Bâti de l’aréole : L’enroulement du
lambeau porte mamelon et son positionnement ne posent jamais de problème,
même en cas d’hypertrophie mammaire très importante
5°) Bâti de la verticale, avec lambeau d’accolement.
6°) Fermeture définitive de l’aréole par lambeau
d’accolement et agrafage fin selon une technique personnelle.
7°) Traitement de la zone inférieure :
Exérèse glandulaire latérale interne et externe.
Exérèse cutanée associée à
une bourse asymétrique .
8°) Fermeture de la verticale suivant un surjet froncé.
9°) Vérification de la position de la plaque aréolo
mamelonnaire en fonction de l’hémi base thoracique antérieure.
10°) Pansement par compresses grasses imbibées de corticoïde,
compressif, sauf sur les aréoles, et en croix.
11°) Drainage par un drain aspiratif de chaque côté,
sortant par l’aisselle.
12°) Antibiothérapie en flash per opératoire.
LES
SOINS POST-OPERATOIRES
A
la clinique
Les
antalgiques sont prescrits systématiquement.
Cette intervention est considérée comme
peu douloureuse, d’autant qu’en début
d’intervention, il est effectué une
infiltration de xylocaïne adrénalinée
diluée à proximité des espaces
intercostaux, surtout latéraux, interne et
externe.
Surveillance pendant au moins 2 heures en salle de réveil, près
du bloc opératoire par un personnel compétent, puis après
le retour en chambre, par une infirmière diplômée
d’état.
Premier lever précoce, dès le lendemain matin, afin d’éviter
les phlébites.
Premier pansement au 2ème jour.
Reprise des médicaments habituellement prescrits, notamment anxiolytiques
ou antidépresseurs, dès le lendemain matin, après
avis médical du chirurgien ou de l’anesthésiste.
Les anticoagulants sont prescrits jusqu’à la sortie.
La sortie a lieu vers le troisième jour, quand les drainages aspiratifs
ne produisent pas plus de 30 ml par 24 heures. C’est le drainage
qui dicte le jour de la sortie.
A
la maison
Désinfection
bétadinée et pansement quotidien, par
une infirmière à domicile pendant 8
jours.
Port d’une brassière compressive de sport commandée
avant l’intervention, et portée dès la sortie et
pendant un mois, nuit et jour.
Parfois traitement complémentaire en vitamines et en fer, une
transfusion post opératoire n’étant, en principe,
jamais nécessaire.
Desserrage des fines agrafes au 5ème jour et ablation de celles-ci
au 7ème jour.
Ablation du fil de la cicatrice verticale au 12ème jour après
l’intervention, autorisant l’arrêt des pansements.
La convalescence dure 15 jours et l’arrêt du sport est de
45 jours.
L’activité est reprise doucement et prudemment, tout mouvement
douloureux devant être immédiatement interrompu.
L’EVOLUTION
POST OPERATOIRE HABITUELLE
La
cicatrice
Il faut insister sur l’aspect
de la cicatrice, formant, au début, un bourrelet
disgracieux qui évite l’élargissement
secondaire. Ce bourrelet s’aplatit très
progressivement en un mois.
L’œdème et l’ecchymose qui circonscrit souvent
les aréoles, disparaissent en un mois.
Il existe aussi des plis horizontaux qui entourent la cicatrice verticale.
Ces plis surtout nets en bas, près du sillon sous mammaire. Ils
disparaissent complètement en 2 à 3 mois, quand le sein
a pris sa position définitive.
Dès la disparition complète des fines croûtes qui
peuvent s’appliquer sur la cicatrice, des crèmes corticoïdes
sont fréquemment appliquées sur le trait cicatriciel, suivant
un protocole très précis car un surdosage en corticoïdes
détériore la peau.
Une plaque de gel de silicone ou une pommade de gel liquide est systématiquement
appliquée toutes les nuits, principalement autour de l’aréole,
pendant 6 mois. Ce gel accélère de manière empirique
la maturation cicatricielle.
L’aspect final de la cicatrice ne peut être jugé qu’à un
an, voire 1 an ½ après l’intervention.
Une
cicatrice gonflée et rosée vers le 3ème mois après
l’intervention est assez fréquente.
Cet
aspect hypertrophique s’estompe progressivement pour devenir
peu visible vers le 6ème mois.
Il est très important d’insister qu’une cicatrice
n’est jamais complètement invisible.
Un léger élargissement, particulièrement autour
de l’aréole, peut être corrigé par un tatouage,
qui, entre des mains expertes, donne de magnifiques résultats.
La
sensibilité aréolo mamelonnaire
Souvent
diminuée en post opératoire immédiat, elle se
normalise habituellement vers le 6ème mois, parfois beaucoup
plus tard.
L’allaitement
Le
plus souvent possible après une intervention de réduction
mammaire. Il est néanmoins
déconseillé si l’on veut garder un résultat
esthétique intact.
Cancer
du sein
La
plastie mammaire diminue le risque de cancer du sein en diminuant la
masse glandulaire potentiellement cancérisable.
Elles sont rares, à la condition de prendre toutes les précautions
nécessaires pour les éviter. Il s’agit d’une « véritable » intervention
qui se déroule toujours sans problème, à condition
de suivre scrupuleusement toutes les règles qui précèdent.
LES
TROUBLES DE COMPRESSION
Dus à la position assise de la patiente sur la table d’opération,
ils sont systématiquement prévenus par une protection ouatée
des coudes, des poignets, des mains et des talons.
La position de l’opérée, assise, bras le long du
corps, et non en croix, évite la classique élongation nerveuse
du plexus brachial.
L’HEMATOME
C’est classiquement la complication la plus fréquente, mais
elle reste, en fait, très rare. L’hématome doit être
prévenu par un bilan biologique complet de la coagulation, effectué la
veille de l’intervention, par une coagulation per opératoire
minutieuse de tous les petits vaisseaux, et enfin, par un drainage aspiratif
systématique et prolongé.
Un hématome se traduit par une douleur associée à un
gonflement du sein. Suivant son importance, une réintervention
est ou non nécessaire. Les suites sont prolongées mais
le résultat esthétique est peu affecté.
L’INFECTION
Elle
est exceptionnelle lorsque les précautions
d’asepsie habituelles, pré, per et post
opératoires sont respectées.
LA
NECROSE
Elle
est également
extrêmement
rare
et
peut
toucher
soit
une
partie
de
la
glande
soit
une
partie
de
l’aréole.
Elle
ne
se
voit,
en
pratique,
que
dans
les
réinterventions.
LES
ANOMALIES
CICATRICIELLES
La
cicatrice
pathologique
Elles sont dominées par l’hypertrophie. La cicatrice gonfle
progressivement, devient rosée voire rouge, rarement douloureuse
et persiste au-delà du 6ème mois. Il existe des facteurs favorisants, comme le jeune âge
et la pigmentation cutanée ethnique, mais en fait, la survenue
de cette complication, relativement fréquente, est difficile à prévoir.
Il faut la prévenir par l’utilisation large de crèmes
corticoïdes, en application locale, adaptée et surveillée.
Habituellement, l’hypertrophie se résorbe à la fin
de la première année. La qualité d’une cicatrice
ne peut donc être jugée qu’à 1 an. Rarement
la cicatrice hypertrophique persiste après 18 mois, devenant alors
ce que l’on appelle une cicatrice chéloïde, dont le
traitement est chirurgical.
La
cicatrice défectueuse
Cette complication est due à une faute technique, les cicatrices étant
trop longues, mal placées ou élargies, et peuvent nécessiter
une reprise chirurgicale. Elle doit absolument être évitée.
Par contre, un petit pli ou un léger excès graisseux, situé à proximité du
sillon sous mammaire, sur le versant inférieur du segment III,
peut parfois nécessiter une résection, s’il ne s’est
pas totalement résorbé après un an.
Les
résultats du traitement de l’hypertrophie mammaire sont
le plus souvent excellents, tant sur le plan physique que sur le
plan psychologique.
Les complications sont très rares, et le risque de cancer du sein
est diminué.
Il faut souligner, quelque soit l’age, l’importance de la
surveillance des seins opérés, de façon similaire
aux seins non opérés, par auto palpation et, à partir
de 38 ans, par mammographie annuelle .
 |
Tous
droits réservés - Patrice Hilligot 2004
Docteur Patrice Hilligot - Chirurgie esthétique, plastique
et reconstructrice
Tél : 01 47 20 54 52 Fax : 01 47 20 73 24 contact@patrice-hilligot.com |
|