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Tous
droits réservés - Patrice Hilligot 2004
Docteur Patrice Hilligot - Chirurgie esthétique, plastique
et reconstructrice
Tél : 01 47 20 54 52 Fax : 01 47 20 73 24 contact@patrice-hilligot.com |
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LA
RECONSTRUCTION MAMMAIRE APRES MAMMECTOMIE |
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DEFINITION
La reconstruction mammaire (RM) regroupe plusieurs types d’interventions
qui ont pour but de reconstruire un sein, soit partiellement amputé après
tumorectomie, soit totalement mutilé après ablation complète
du sein encore appelée mammectomie.
La mammectomie ne représente que le volet chirurgical de l’ensemble
des traitements du cancer du sein : radiothérapie, chimiothérapie,
hormonothérapie, curiethérapie.
Les indications thérapeutiques dépendent :
du
type histologique de la tumeur et de son hormonodépendance
;
de
son évolution locale (sa taille), régionale
(ganglions axillaires envahis ou non), et enfin
générale (existence ou non de métastase)
;
de
l’état inflammatoire local ;
enfin,
de l’état général de
la patiente.La
reconstruction mammaire est le plus souvent indiquée
trois à six mois après la fin des
autres traitements, excepté l’hormonothérapie,
et quand l’état physique et psychologique
de la patiente l’autorisent.
On a beaucoup parlé, il y a quelques temps, de la reconstruction
immédiate, réalisée juste après l’ablation
du sein, dans le même temps opératoire.
Cette possibilité peut sembler séduisante mais deux écueils
la rende, à mon sens, assez rarement réalisable :
elle
n’est possible que si l’on est certain
qu’aucune radiothérapie ne sera pas
indiquée après l’intervention
;
elle
court-circuite la période de deuil, qui
débute avec l’ablation du sein. Cette
phase est importante car elle autorise la patiente à désirer
la reconstruction mammaire, à l’accepter
pleinement sans la subir. Sachant que le sein reconstruit
n’aura jamais un aspect identique à celui
qui a été enlevé, le résultat
définitif sera souvent mieux accepté.
Parfois, il est quand même possible d’associer
la mammectomie et le premier temps de reconstruction
mammaire par prothèse, à condition
d’être certain qu’une radiothérapie
complémentaire ne sera pas nécessaire.
LES
DIFFERENTS TYPES DE RECONSTRUCTION
Il
y a deux types de reconstruction : les reconstructions
mammaires par prothèses et les reconstructions
par lambeaux.
Les
prothèses
Ce
type de reconstruction peut comporter un, deux,
ou trois interventions. Alors, pourquoi préférer
trois temps ? Tout simplement à cause du
revêtement cutané. La peau du sein
souffre beaucoup : elle souffre d’abord de
l’effet de la pesanteur, qui tend à affaisser
le sein et à le distendre, phénomène
encore amplifié par les variations de volume
de la glande mammaire qui suivent souvent la vie
génitale d’une femme.
Ensuite survient le drame : le cancer. La peau du sein est alors étirée
par la mammectomie, perdant en même temps une partie de sa vascularisation
sous jacente.
La radiothérapie, même bien dosée et ciblée,
accentue encore la souffrance cutanée.
Comment peut-on encore demander à la peau, de se distendre, puis
d’accroître le nombre de ses cellules constituantes pour
reconstituer un sein comparable à avant.
Impossible. Il faut du temps. Progressivement, la peau va se soumettre,
sans traumatisme, à notre volonté.
A mon sens, plus la durée de la reconstruction mammaire sera longue,
meilleurs seront les résultats esthétiques définitifs,
n’en déplaise à la sécurité sociale.
Le
premier temps
Il
consiste en la mise en place, en réutilisant
l’incision de mammectomie sur environ
5 cm, d’une prothèse mammaire
vide, sous le muscle grand pectoral.
Cette prothèse, appelée
prothèse d’expansion tissulaire,
sera au bout d’un mois, gonflée
progressivement de sérum physiologique.
Ce gonflage s’effectue chaque semaine,
en salle de pansement, sans aucune anesthésie,
et sans douleur. Il consiste en une injection
(seringue et aiguille fine), à travers
la peau, dans une valve reliée à la
prothèse. La valve peut être
soit complètement incorporée à la
prothèse, soit à distance
et reliée par un raccord.
Les prothèses d’expansion
munies de valves incorporées me
semblent moins propices à complications.
L’injection de sérum se
pratique donc par piqûre à travers
la peau, dans une valve située à la
face antérieure de la prothèse,
qui est repérée grâce à un
aimant. Le nombre total d’injections
hebdomadaires est de 4 à 16 selon
les capacités de distension de
la peau, sachant que l’absence
de radiothérapie locale favorise
une expansion rapide. La peau s’étire
et se distend puis fabrique de nouvelles
cellules dermo-épidermiques comme
la peau abdominale pendant la grossesse.
La prothèse d’expansion
est sur gonflée afin d’obtenir
un plus joli galbe, particulièrement
en regard de la cicatrice de mammectomie
qui se distend toujours plus difficilement
que les zones voisines. La cicatrice
est la ligne de résistance maximale.
Il est souhaitable de noter pendant l’expansion,
le volume de sérum injecté dans
la prothèse d’expansion
qui donne une bonne symétrie entre
le sein reconstruit et le sein opposé.
En définitive, il s’agira du volume de la prothèse
mammaire définitive qui remplacera la prothèse
mammaire d’expansion tissulaire. Un temps de latence d’environ
2 à 3 mois entre la fin du gonflage et le deuxième
temps opératoire est obligatoire, permettant à la
peau de s’assouplir.
Le deuxième temps opératoire
C’est l’ablation de la prothèse d’expansion
et son remplacement par une prothèse mammaire définitive
identique à celle utilisée dans le traitement de
l’hypotrophie mammaire.
Cette prothèse définitive est presque toujours
une prothèse remplie de gel de silicone, dont l’enveloppe
est très solide, texturée, et contenant un gel
très cohésif comme il est décrit plus en
détail dans le chapitre des prothèses mammaires
pour hypotrophie (chirurgie
de la silhouette).
Cette prothèse est toujours anatomique, en forme de sein
et parfaitement adaptée à chaque patiente. Deux
raffinements techniques sont importants à décrire
:
D’abord, la recréation d’un néo sillon
sous mammaire par voie interne, sans cicatrice supplémentaire,
selon une technique originale, qui me permet d’améliorer
la symétrie des deux seins surtout quand le sein opposé à tendance à ptoser.
D’autre part, essayer d’estomper le « coup
de hache » externe qui est une dépression située
juste en avant de l’aisselle, au niveau de la partie toute
externe de la cicatrice de mammectomie, grâce à un
comblement tissulaire obtenu par une plastie en Z asymétrique.
Le troisième temps opératoire
Après un laps de temps de trois mois, il consiste en une
symétrisation du sein contro latéral et une reconstruction
de la plaque aréolo mamelonnaire.
La symétrisation est obtenue par plastie mammaire de réduction
cutanée et souvent glandulaire selon une technique personnelle
avec pédicule supéro interne et cicatrice définitive
verticale courte (lire
le chapitre des hypertrophies mammaires dans la chirurgie de
la silhouette). Quelques fois, une cicatrice horizontale
courte, dans le sillon sous mammaire, est nécessaire à l’obtention
d’une symétrie parfaite entre les deux seins.
La fermeture par un lambeau d’accolement, également
original, est décrite dans le chapitre traitant des cicatrices.
La plaque aréolo mamelonnaire constituée du mamelon
entouré de l’aréole plus ou moins étalée
est reconstruite de la façon suivante :
greffe
mamelonnaire prise sur le mamelon opposé si il est
suffisamment développé ou bien si la patiente
le préfère, par un petit lambeau local suivant
un tracé original, différent du lambeau classique,
en « fleur de lys ». Cette plaque aréolo
mamelonnaire est très précisément
située en fonction de la longueur de l’hémi
base thoracique, du volume du sein opposé, de la
forme du sein reconstruit, et enfin de la ptose prévisible
du sein contro latéral. La distance entre la fourchette
sternale et la partie supérieure de la plaque aréolo
mamelonnaire est égale, selon une approche personnelle, à l’hémi
base thoracique, soit la distance entre la ligne médio
sternale et la face interne du bras, augmentée de
1, 2 ou 3 cm, en fonction du volume du sein et donc de
sa projection antérieure (lire l’étude
sur l’anatomie artistique dans le chapitre des seins).
Enfin, il est important que la plaque aréolo mamelonnaire
interrompe, si possible, la cicatrice de mammectomie, la
rendant ainsi moins visible par effet optique.
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Les
lambeaux
Un lambeau est un groupe musculaire (lambeau musculaire) ou musculaire
et cutané (lambeau musculo cutané), ayant sa propre vascularisation.
Le lambeau offre un volume tissulaire suffisant pour reconstruire un
sein, le plus souvent sans apport du matériel exogène qu’est
la prothèse. Les deux lambeaux sont le lambeau du muscle grand
droit et le lambeau de muscle grand dorsal.
Le
lambeau de grand droit
Le muscle grand droit, ou muscles abdominaux, est étalé verticalement,
et s’étend des dernières côtes en haut
jusqu’au pubis en bas. Au nombre de deux, ils circonscrivent
l’ombilic et sont marqués transversalement par des
bandelettes fibreuses horizontales. Notamment vascularisé par
les vaisseaux épigastriques supérieurs qui apparaissent
sous la dernière côte, le muscle, recouvert de sa
palette cutanée sous ombilicale, est donc prélevé de
bas en haut. La
palette cutanée est dessinée selon une forme en « chapeau
de gendarme ». Le muscle recouvert de sa peau passent,
vers le thorax, sous un pont de peau abdominale. Le lambeau musculo
cutané vient combler l’espace ménagé par
l’ouverture des deux berges de la cicatrice de mammectomie.
En définitive, l’enveloppe du sein est reconstruite
par la peau abdominale sous ombilicale et le volume mammaire
par un des deux muscles grand droit de l’abdomen.
Les variantes de ce type de lambeau sont multiples. Il faut surtout
retenir l’utilisation possibles des deux muscles grand
droit et le transfert d’un muscle micro vascularisé,
c'est-à-dire en interrompant les vaisseaux artériels
et veineux qui l’ irriguent et en les réanastomosant
au microscope sur des vaisseaux de la région axillaire.
Dans tous les cas, un second temps opératoire est nécessaire
: symétrisation et reconstruction de la plaque aréolo
mamelonnaire identique au 3ème temps de la reconstruction
mammaire par prothèse d’expansion tissulaire.
Les
avantages du lambeau de grand droit
sont évidents : absence de
corps étranger type prothèse
en silicone et résultat souvent
très naturel.
Les inconvénients du lambeau de grand droit sont assez
nombreux :
fragilisation
de la paroi musculaire abdominale et ses conséquences
respiratoires, dorsales et pelvienne ;
voussure
de la paroi abdominale
même
quand le vide musculaire pariétal,
secondaire au prélèvement
du lambeau, a été réparé par
une plaque synthétique. Il
ne s’agit donc pas d’une
véritable éventration
mais une plicature chirurgicale secondaire
est, le plus souvent nécessaire.
;
intervention
lourde, nécessitant au moins
dix jours d’hospitalisation,
et une période de convalescence
longue de 2 à 3 mois.
Enfin, ce lambeau est souvent contre indiqué :
âge avancé ;
obésité ;
intoxication
tabagique ;
diabète
non équilibré ;
antécédent
de cicatrice et d’intervention
abdominale antérieure ;
état
général physiologique et psychologique
de la patiente ;
désir
de la patiente.
Le lambeau de grand dorsal
Le muscle grand dorsal est un muscle aplati,
triangulaire, qui naît de la partie médiane
basse du dos et du tiers interne de la région
lombaire en s’insérant par l’intermédiaire
de l’aponévrose lombaire. Il remonte en
haut et en dehors, contourne la pointe inférieure
de l’omoplate et se termine dans la coulisse
bicipitale de l’humérus.
Il est irrigué par l’artère thoraco-dorsale,
née de l’artère sous scapulaire, elle-même
issue de l’artère axillaire.
La levée du lambeau est réalisée par l’intermédiaire
d’une incision dans l’aisselle qui descend verticalement
sur une dizaine de cm sur le thorax en suivant le bord antérieur
du muscle grand dorsal. Cette
courte incision suffit à dégager les insertions
basses dorsales et lombaires du muscle. Sa dissection progressive
est ensuite menée de bas en haut jusqu’à l’aisselle.
Le muscle reste le plus souvent pédiculé sur son
insertion humérale. La quantité de muscle prélevé est
souvent importante et la quantité de peau associée
est variable : soit nulle (pas de peau, lambeau de grand dorsal
musculaire pur) soit
d’environ 10 cm, (lambeau de grand dorsal musculo cutané),
autorisant une fermeture cutanée par suture. Au-delà des 10
cm, il faut pratiquer une greffe cutanée sur la zone donneuse
dorsale, ce qui est intolérable sur le plan esthétique
et fonctionnel en matière de reconstruction mammaire.
Le lambeau est ensuite introduit sous le pont cutané thoracique
et va combler le vide tissulaire ménagé par l’ouverture
de la cicatrice de mammectomie.
Il s’agit d’un lambeau extrêmement fiable,
présentant peu de variations anatomiques vasculaires et
dont l’arc de rotation est très important.
Je n’utilise que rarement ce lambeau sous sa forme musculo
cutanée pour les raisons suivantes :
dès
qu’une palette cutanée est prélevée,
la cicatrice dorsale de la zone donneuse du lambeau est
toujours visible, qu’elle soit tracée horizontalement,
verticalement ou obliquement ;
la
couleur de la peau du lambeau d’origine
dorsale est toujours moins pigmentée
que la peau thoracique adjacente,
donnant un aspect de « pièce
rapportée » ;
enfin,
ce lambeau offre un volume tissulaire
souvent insuffisant à la reconstruction
d’un sein symétrique
au sein opposé, ce qui impose
le recours à l’implantation,
sous le lambeau, d’une prothèse
mammaire ce qui accroît les
risques de complications secondaires.
En revanche, j’apprécie ce lambeau dans sa forme
musculaire pure qui apporte un flux vasculaire supplémentaire,
en particulier quand la mammectomie a détérioré le
muscle grand pectoral ou quand la peau et les tissus sous cutanés
ont été très traumatisés par une
radiothérapie agressive. Le muscle augmente l’apport
artériel et accélère le retour veineux dans
la peau et les tissus immédiatement sous cutanés.
L’expansion cutanée secondaire est obligatoire,
mais est facilitée et beaucoup moins risquée. La
prothèse d’expansion est placée en arrière
du muscle grand dorsal transposé. On est alors replacé au
premier temps d’une reconstruction mammaire habituelle
par prothèse d’expansion qui est remplacée,
après gonflage, par une prothèse définitive.
Cas
particuliers
La reconstruction mammaire immédiate
La prothèse d’expansion tissulaire est mise en place
dans le même temps opératoire que la mammectomie.
Très séduisant, le problème majeur est le
suivant : si une radiothérapie secondaire est nécessaire,
un épaississement de la membrane péri prothétique
qui entoure toujours une prothèse, est pratiquement inévitable.
Cette « coque » entoure la prothèse et durcit
la peau et les tissus sous cutanés. La reconstruction
mammaire est alors toujours de mauvaise qualité ce qui
est d’autant moins bien acceptée par la patiente
qu’elle n’a pas fait le deuil de son sein enlevé.
Les indications de la reconstruction mammaire immédiate
sont donc rares.
La reconstruction mammaire par prothèses en 2 temps
Cette reconstruction est possible mais, pour ma part, rarement
indiquée. L’implantation de la prothèse d’expansion
tissulaire et la symétrisation du sein contro latéral
constituent le premier temps opératoire. Le deuxième
temps se transforme en un changement de prothèse et une
reconstruction de la plaque aréolo mamelonnaire.
Cette reconstruction en deux temps est plus difficile et plus
aléatoire, le résultat esthétique définitif étant, à mon
sens, en général moins bon.
De plus, il faut attendre environ six mois entre les deux interventions
pour que le sein symétrisé se « mette en
place », pouvant éventuellement être retouché lors
de la deuxième intervention. En définitive, la
durée globale des deux modes de reconstruction mammaire
est identique à la reconstruction mammaire en trois temps.
Reconstruction mammaire par prothèse associée à un
lambeau de grand dorsal
Dans certains cas : peau abîmée par la radiothérapie
secondaire ; tissu sous cutanés très fins ; défect
de muscle grand pectoral formant une légère dépression
superficielle ; l’utilisation du muscle grand dorsal musculaire
pur pour améliorer la vascularisation et la tolérance
secondaire de la peau à l’expansion est fortement
conseillé. En effet, la peau a beaucoup souffert : d’abord
lors de la mammectomie, ensuite lors de la radiothérapie,
facteur qui complique toujours la reconstruction, enfin par la
mise en place de la prothèse d’expansion et l’expansion
elle même qui étire la peau. A chacune de ces épreuves,
la peau souffre et doit réagir, se régénérer.
L’apport du muscle grand pectoral à sa face profonde
aide cette régénération grâce à une
augmentation de la vascularisation, ce qui me semble toujours
aboutir à de meilleurs résultats esthétiques.
J’utilise cette technique régulièrement quand
la peau est abîmée et a déjà tendance à se
rétracter avant même l’expansion.
La levée du muscle grand dorsal est simple, sans cicatrice
supplémentaire visible (cicatrice dans l’aisselle),
et n’entrave pas la mobilité, (simple faiblesse
unilatérale au soulèvement du corps assis en appui
sur les deux mains).
La reconstruction de la plaque aréolo mamelonnaire
C’est un temps important de la reconstruction mammaire,
donnant toute sa finesse au résultat définitif.
La reconstruction du mamelon est classiquement réalisée
par greffe d’une partie du mamelon opposé, souvent
prélevé en croissant ou suivant sa moitié inférieure,
ou enfin décapité, s’il est suffisamment
développé. Si ma patiente préfère
préserver une parfaite sensibilité du mamelon restant,
j’effectue une reconstruction du mamelon par un lambeau
local, selon un dessin original, avec une greffe dermique ou
cartilagineuse incluse, qui donne de meilleur résultat
que le classique lambeau en « fleur de lys ».
L’aréole, qui entoure le mamelon, est reconstruite
par une greffe de peau, prise dans le sillon inguino crural,
zone ou sa pigmentation est ressemblante à celle de la
peau aréolaire. En fait, elle est souvent moins pigmentée
et un tatouage secondaire sur la greffe aréolaire, et
sur l’aréole contro latérale est parfois
réalisé. Le tatoueur doit être compétent
afin de peaufiner le résultat esthétique définitif.
Cette prise de greffe inguino crurale est pratiquée en
2 parties afin d’éviter toute traction gênante
sur la grande lèvre. La cicatrice est quasiment invisible,
toujours de bonne qualité, sans retentissement physiologique.
Certains auteurs préfèrent le tatouage simple de
l’aréole, sans greffe cutanée, mais le résultat
me semble souvent beaucoup moins naturel.
Il est important de parfaitement positionner la plaque aréolo
mamelonnaire reconstruite. Selon des critères personnels,
elle est située en fonction de 3 segments : voir
l’introduction sur la chirurgie esthétique des seins :
segment
I : segment s’étendant
de la fourchette sternale
jusqu’au bord supérieur
de la plaque aréolo
mamelonnaire et de longueur égale à celle
de l’hémi base
thoracique antérieure
(distance séparant
la ligne médio sternale
de la face interne du bras),
auquel on ajoute 1,2, voire
3 cm selon l’importance
du volume du sein et donc
de sa projection antérieure
;
segment II :
segment s’étendant
de la ligne médiane
médio sternale
au bord interne de
la plaque aréolo
mamelonnaire et mesurant,
la moitié de
l’hémi
base thoracique antérieure
soit la moitié du
segment I ;
segment III : segment
remontant du sillon sous
mammaire au bord inférieur
de la plaque aréolo
mamelonnaire et mesurant
un tiers du segment I, éventuellement
augmenté de 1,2, voire
3 cm selon le volume du sein
reconstruit.
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Enfin,
il est toujours souhaitable que la
plaque aréolo mamelonnaire
interrompe la cicatrice de mammectomie,
la rendant alors toujours moins visible.
La zone de jonction « pectoro axillaire »
Cette zone est située à la jonction entre le creux
axillaire, la saillie externe du grand pectoral et le prolongement
externe de la cicatrice de mammectomie. Cette zone forme souvent
une dépression entre le muscle grand pectoral en haut,
souvent enrobé de graisse, et la cicatrice de mammectomie
qui est rétractée et qui sillonne à proximité de
son bord inférieur. Une plastie en Z asymétrique
permet de combler cette dépression et d’embellir
le galbe externe du sein.
En outre, il faut éviter d’essayer d’améliorer
l’aspect de la cicatrice à ce niveau car une excision
suture simple aggrave toujours la dépression pectoro axillaire.
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La
mammectomie sous cutanée
La
mammectomie classique emporte la peau et les
tissus mammaires selon une ellipse oblique, de
bas en haut et de dedans en dehors, enlevant également
la plaque aréolo mamelonnaire notamment
dans les tumeurs canalaires. En profondeur, l’exérèse
s’étend jusqu’au muscle grand
pectoral – son fascia est enlevé en
regard de la tumeur – et est particulièrement
extensive vers le sillon sous mammaire.
La
mammectomie sous cutanée présente
l’énorme avantage de préserver
la plaque aréolo mamelonnaire et de respecter
l’intégrité de la totalité de
l’enveloppe cutanée du sein, sans
rançon cicatricielle. Elle n’emporte
que le tissu mammaire glandulaire et graisseux,
la cicatrice étant masquée autour
de l’hémi aréole inférieure.
La mammectomie sous cutanée est rarement pratiquée
en cas de cancer du sein car sa nature histologique
tumeur
canalaire – et sa taille imposent souvent d’enlever
la peau située immédiatement en regard
du cancer, car on connaît la fréquence
de l’envahissement tumoral cutané adjacent.
Par contre, j’insiste sur la nécessité d’informer
sa patiente sur la possibilité d’une
indication de mammectomie sous cutanée de
manière préventive sur le sein opposé au
sein déjà malade, connaissant la fréquence
de l’évolution vers la bilatéralisation
de certains types de cancers.
Il faut également insister sur la mammectomie sous cutanée
bilatérale préventive quand les risques de cancer sont
très élevés notamment dans certaines formes familiales,
ou sur des seins opérés de nombreuses fois de tumeurs bénignes – adénomes – susceptibles
de se cancériser. On peut même penser, en accorde avec le
docteur J. LEDUCQ, que la mammectomie sous cutanée verra ses indications
préventives s’accroître quand les gênes codants
de certaines tumeurs du sein seront connus, on pourra affirmer que telle
femme développera obligatoirement tel cancer. L’exérèse
préventive du sein par mammectomie sous cutanée sera alors
obligatoire.
La reconstruction après mammectomie sous cutanée est réputée
difficile.
En fait, la difficulté n’est pas technique : il est possible
d’obtenir d’excellents résultats esthétiques à condition
de procéder à une reconstruction en deux temps, imposant
une expansion tissulaire puis la pose de prothèses mammaires définitives.
Le problème est en fait le plus souvent psychologique : il faut
sélectionner rigoureusement sa patiente et bien analyser son désir
et son degré d’information et de compréhension. En
effet, quoi que l’on fasse, les seins reconstruits après
mammectomie n’auront jamais le naturel des seins préexistants.
Néanmoins, ce type d’intervention doit, dans certains cas, être évoqué avec
sa patiente dans les cas qui viennent d’être évoqués,
même si de nombreux médecins et chirurgiens ne sont pas
en faveur de cette mammectomie sous cutanée préventive.
En dernier lieu, c’est toujours à la patiente, bien informée
et responsable qui doit décider.
La
reconstruction du sillon sous mammaire
L’obtention d’un sillon sous mammaire (SSM) harmonieux à l’autre
sein est un élément important de la reconstruction
mammaire par prothèse. Si l’on excepte la reconstruction
d’un petit sein non ptotique, la création d’un
néo sillon sous mammaire est, à mon sens, presque systématique.
En cas de reconstruction mammaire par lambeau, son positionnement
adéquat reconstruit spontanément ce sillon.
En revanche, en cas de reconstruction mammaire par prothèse,
la reconstruction du sillon sous mammaire est réalisé par
voie interne, sans complément cicatriciel, lors du 2ème
temps opératoire consacré au remplacement de la prothèse
d’expansion par la prothèse définitive.
La technique a pour but d’accoler la face dermique profonde
de la peau au fascia du muscle profond : 8 à 10 points de
fils non résorbables sont nécessaires pour reconstruire
un sillon harmonieux.
La difficulté se concentre sur trois points :
déterminer
le niveau exact du néo sillon sous mammaire ;
lui redonner une
courbure harmonieuse identique à celle de l’autre sein
;
déterminer
exactement le volume et la forme de la prothèse définitive,
car la création de ce néo sillon impose de choisir
une prothèse moins haute et moins projetée.
La
reconstruction bilatérale
Les
mammectomies bilatérales ne sont pas
rares, soit dans le même temps opératoire,
soit lors de deux temps opératoires
plus ou moins espacés. L’idéal,
quand cela est possible, est de pratiquer
une reconstruction mammaire par prothèse
de chaque côté. |
Cet
examen est, comme toujours, très important,
car il va dicter, en accord avec les désirs
de ma patiente, le type de reconstruction à effectuer.
L’examen
clinique de
la reconstruction mammaire combine l’examen
clinique déjà étudié lors
:
de
l’hypotrophie mammaire : du côté mammectomisé ;
de
l’hypertrophie mammaire : du côté du
sein à symétriser ;
de
la plastie abdominale : en cas d’indication
de lambeau de grand droit. |
Certains
points méritent d’être précisés
:
la
date et les modalités des interventions
initiales : biopsie, tumorectomie, mammectomie,
curage axillaire. Le poids exact de la
pièce de mammectomie doit être
noté car il orientera le volume
de la prothèse définitive
;
les
modalités des traitements complémentaires éventuels
;
la
cicatrice de mammectomie est examinée
: aspect, largeur, longueur, adhérences
profondes, qualité (hypertrophique
ou non), zone de jonction pectoro-axillaire
;
la
qualité de la peau : épaisseur
et régularité du pli cutané ;
épaisseur
et régularité du muscle grand
pectoral. ;
qualité des
centres où ont été effectués
les traitements, les doses administrées.
Une radiothérapie complique toujours
une reconstruction mammaire par prothèse,
la peau se prêtant moins aisément à l’expansion
tissulaire ;
le
traitement hormonal actuel éventuel
;
l’état
actuel de la surveillance médical
et son rythme ;
l’état
fonctionnel du muscle grand dorsal ;
certains
facteurs rendent l’indication de
lambeau de grand droit extrêmement
prudente voire contre indiquée :
l’état
de la paroi abdominale : cicatrice abdominale
préexistante verticale ou horizontale
après césarienne ;
absence
de bourrelet cutanéo graisseux ou,
au contraire, obésité ;
tabagisme
;
diabète
;
problèmes
vasculaires ;
âge
avancé » ;
l’état
physique et psychologique de chaque patiente.
Son suivi psychothérapique éventuel,
et ses désirs doivent être
minutieusement précisés.
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Les
examens complémentaires
Aucune particularité dans ce domaine à part, en cas de
reconstruction mammaire par lambeau de grand droit, l’appréciation
de la fonction ventilatoire et, selon les résultats, une éventuelle
préparation respiratoire pré opératoire.
Les
indications opératoires
Elles sont simples, et variables selon les auteurs.
Pour ma part, deux cas sont possibles :
il
n’existe pas de difficulté ou
de contre indication abdominale ou générale à la
reconstruction mammaire par lambeau de
grand droit et le sein contro latéral
est plutôt volumineux : l’indication
entre reconstruction mammaire par lambeau
de grand droit et par prothèses
est discutée avec ma patiente.
Je lui explique les avantages et les
inconvénients de chacune des techniques,
l’oriente, et en définitive,
elle choisit ;
il
existe un risque ou une contre indication à la
réalisation d’un lambeau
de grand droit et le sein contro latéral
est plutôt petit : la reconstruction
mammaire par prothèse est alors
systématique. Réalisée
en trois temps, rarement en deux temps
et jamais en un temps, elle est volontiers
associée au gestes suivants
: lambeau de grand dorsal musculaire
pur, traitement de la jonction pectoro
axillaire, réalisation d’un
néo sillon sous mammaire.
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Les
indications de reconstruction immédiate
ou en un temps ou par lambeau de grand dorsal
musculo cutané sont, dans ma pratique,
très rares.
Insistons
sur la prévention du cancer du sein
par l’auto palpation et la mammographie
annuelle, chez toute femme de plus de 38 ans,
notamment dans les familles à risques
(cancer du sein chez les femmes de la même
ligné).
Insistons également, sur un domaine qui m’est cher : la
prévention de la fréquente bi-latérisation de certains
types de cancer du sein, devant faire systématiquement discuter
la mammectomie sous cutanée préventive, qui est vouée, à mon
sens, à un bel avenir.
Insistons, enfin, sur les facteurs psychologiques, les groupes de contacts
avec mes patientes déjà opérées, en sachant
qu’en définitive, la reconstruction mammaire est nécessaire à la
guérison définitive autant physique que surtout psychologique.
Il est important, dans ce domaine, de travailler en équipe : chirurgien
carcinologique, chimiothérapeute, radiothérapeute et chirurgien
plasticien. Les modalités d’une future reconstruction peuvent être
discutés juste après la mammectomie, parfois même
avant, surtout si une reconstruction mammaire immédiate n’est
pas indiquée.
Il est important, enfin, de faire de la reconstruction mammaire, non
plus seulement une intervention de chirurgie réparatrice, mais
aussi de chirurgie esthétique. Il y a 20 ans, la reconstruction
mammaire était rare et peu demandée. Il y a 10 ans, la
patiente se contentait d’un volume. Actuellement, il faut, certes
un volume, mais surtout une forme harmonieuse, si possible belle et symétrique
au sein opposé, lui même esthétiquement amélioré de
façon variable suivant les cas : augmentation prothétique,
réduction mammaire, ou simple correction d’une ptose. La
patiente qui veut guérir devient exigeante, et c’est tant
mieux !
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droits réservés - Patrice
Hilligot 2004
Docteur Patrice Hilligot - Chirurgie esthétique, plastique
et reconstructrice
Tél : 01 47 20 54 52 Fax : 01 47 20 73 24 contact@patrice-hilligot.com |
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