LES
SURCHARGES GRAISSEUSSES LOCALISEES OU.... |
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LIPODYSTROPHIES
LOCALISEES : LA LIPOASPIRATION |
Les
surcharges graisseuses localisées ou lipodystrophies localisées
ou stéatomes, sont des masses graisseuses profondes, plaquées
contre les muscles, qui déforment le corps et entravent
l’harmonie de ses courbe
Nous étudierons
uniquement les surcharges graisseuses localisées
en excluant la surcharge graisseuse généralisée,
qui correspond à l’obésité.
Le
traitement de l’obésité est
plus médical que chirurgical : règles
hygiéno-diététiques, soutien
psychologique et parfois anneau gastrique favorisent
l’amaigrissement. La chirurgie plastique
n’intervient alors que dans deux situations
:
- Poids
idéal atteint : c’est le traitement des séquelles
de l’obésité représenté par
la résection des excès cutanéo-graisseux
résiduels.
- Poids
idéal non atteint et persistance
d’une surcharge pondérale
en plateau impossible à infléchir
: la lipoaspiration trouve ici son
indication et déclenche souvent
une nouvelle phase d’amaigrissement. |
LOCALISATION
DES LIPODYSTROPHIE LOCALISEES :
Les
lipodystrophies localisées touchent essentiellement les
zones suivantes :
Chez
la femme :
- le cou, qui sera étudié dans le chapitre de la chirurgie
esthétique du visage,
- la
face interne des bras et le prolongement sous
axillaire des seins,
- l’abdomen
et surtout sa zone sous ombilicale,
- les
flancs et les régions lombaires ou « hanches »,
- les
régions péri trochantériennes
ou « culottes de cheval »,
- la
face interne des cuisses,
- les
genoux,
- les
mollets et les chevilles.
Chez
l’homme :
- le
cou,
- l’abdomen,
- les
flancs et les régions lombaires,
- les
seins ou adipomastie.
En définitive, presque toutes les zones graisseuses superficielles
du corps peuvent faire l’objet d’une surcharge graisseuse,
de volume très variable et plus ou moins gênant.
Parfois, c’est toute la moitié inférieure du corps
qui est aspirée.
ORIGINE
DES LIPODYSTROPHIES LOCALISEES :
La
maladie cellulitique
Les lipodystrophies localisées représentent
le stade ultime de la maladie cellulitique au quelle on distingue
2 stades :
- Les
anomalies cutanées superficielles ou
aspect de « peau d’orange » ;
- Les
déformations externes correspondent
aux lipodystrophies localisées.
- Les
anomalies cutanées
L’apparition
d’un aspect cutané de « peau
d’orange » est progressif
et seulement perceptible, au début,
par le pincement superficiel de la
peau. Cet aspect devient visible
spontanément en positions
debout puis couchée.
Ce stade n’est pas chirurgical : la lipoaspiration n’améliore
jamais l’aspect de « peau d’orange ». C’est
ici le règne des diététiciens (règles
hygiéno-diététiques), des kinésithérapeutes
et des médecins esthétiques, (drainage lymphatique
manuel et endermologie), des préparateurs physiques (activité sportive
minimale), rarement des mésothérapeutes.
- Les déformations externes
En
l’absence de traitement, l’aspect cellulitique de la
peau évolue vers l’apparition progressive de masses
graisseuses profondes, situées au contact des muscles et
qui déforment le corps.
Il s’agit des lipodystrophies localisées qui représentent
une excellente indication de la lipoaspiration, parfois appelée
liposuccion. |
Les
anomalies histologiques
Sous
la peau, on décrit, en présence d’une
lipodystrophie localisée, 3 couches graisseuses
:
- Superficielle
et moyenne : responsables des modifications cutanées
superficielles telle l’aspect de « peau d’orange » ;
- Profonde
: où se développent les
masses graisseuses appelées
lipodystrophies localisées.
L’aspect superficiel de « peau
d’orange »
Il est engendré par (illustr dessin 2)
:
- un
gonflement
des
cellules
graisseuses
qui
se
chargent en
triglycérides,
sans
se
multiplier
et
s’organisent
en
amas
;
- une
attraction vers l’intérieur
de la couche profonde de l’épiderme
exercée par les tractus
fibreux rigidifiés qui entourent
les amas de cellules graisseuses.
L’étiologie de ces modifications est un trouble
des échanges métaboliques dans la substance fondamentale
où baignent les cellules graisseuses : une hyper polymérisation
des molécules appelées mucopolysacharides en serait à l’origine,
leur augmentation de volume bloquant les échanges métaboliques.
Le stade des lipodystrophies localisées
Il s’installe progressivement par gonflement des cellules
graisseuses qui forment des micros nodules, puis, à un
stade ultérieur, des macros nodules, et enfin de véritables
masses graisseuses qui déforment le corps.
Le seul traitement adapté est la lipoaspiration. |
Les
facteurs étiologiques
De nombreux facteurs semblent prédisposer à la maladie
cellulitique, mais l’étiologie exacte reste encore inconnue.
On évoque les facteurs constitutionnels et les facteurs acquis.
Les
facteurs constitutionnels
Le
sexe :
C’est le principal facteur, les femmes semblant plus
particulièrement prédisposées à la
cellulite pour deux raisons :
- leur
couche graisseuse superficielle est beaucoup plus épaisse
que chez l’homme ;
- les
lobules graisseux
de cette couche
superficielle sont
cloisonnés
par du tissu conjonctif
dont les cloisons
verticales sont
accrochées
en surface à la
face profonde du
derme et responsables
de l’aspect
de « peau
d’orange ».
Chez l’homme,
les logettes sont
plus petites et
ne sont pas unies à la
surface. Les anomalies
et irrégularités
de surface ne peuvent
donc pas se constituer.
Les hormones :
Les hormones sexuelles féminines et notamment les œstrogènes,
favorisent le gonflement des cellules graisseuses ou adipocytes,
particulièrement dans la partie inférieure
du corps féminin.
Néanmoins, il a été impossible de
corréler une augmentation du taux des œstrogènes
et un déclanchement de la maladie cellulitique.
De même, la diminution du taux des œstrogènes
ne favorise pas la disparition de la cellulite.
L’hérédité :
Le facteur héréditaire est très souvent
retrouvé, les stéatomes apparaissant à la
puberté. « La culotte de cheval » en
est alors l’exemple caractéristique : fille,
mère et grand-mère étant toutes trois
atteintes. |
Les
facteurs acquis
L’alimentation
C’est le facteur principal :
- Trop riche en
graisse, elle favorise le stockage des triglycérides dans
les adipocytes ;
- Trop abondante,
notamment pendant l’enfance, elle augmente les risques
de cellulite à l’adolescence et à l’âge
adulte par hyperplasie des adipocytes. Les
facteurs loco régionaux
De type mécanique, temporaires ou permanents : sédentarité,
vêtements trop serrés, pathologies articulaires
sous jacentes, problèmes de contractions musculaires.
Ils semblent favoriser les blocages tissulaires et l’installation
de la maladie cellulitique.
Les facteurs nerveux et les médicaments
Les facteurs neuro végétatifs et psychologiques
semblent influencer le stockage dans les adipocytes ainsi que
certains médicaments tels la cortisone et les anti dépresseurs. |
TECHNIQUE
OPERATOIRE
Les
différentes techniques de lipoaspiration
La lipoaspiration est l’exérèse de la couche graisseuse
profonde, située au contact des muscles. La technique d’aspiration
procède en une fragmentation de la graisse et en une évacuation
de cette graisse fragmentée. La
fragmentation de la graisse peut être obtenue de plusieurs façons
:
- Mécaniquement
: par une canule à extrémité mousse
qui, maniée suivant des directions croisées,
permet une fragmentation uniforme et complète.
Il s’agit de la lipoaspiration classique,
mise en œuvre par un français, le
Docteur Illouz, et dont les résultats
sont excellents ;
- Par
une sonde interne émettant à son
extrémité des ultrasons qui, mis
au contact de la graisse, la liquéfient.
Cette technique est réservée au
cas difficiles, déjà opérés,
car les risques de brûlures cutanées
ne sont pas négligeables ;
- Quant
aux sondes externes à ultrasons et aux
sondes internes vibratoires, ces techniques sont
actuellement à l’étude mais
me semblent moins efficaces que la lipoaspiration
classique.
L’évacuation
de la graisse fragmentée se fait, dans
tous les cas, par aspiration grâce au vide
obtenu dans la canule. Aussi
la lipoaspiration classique donne t-elle des
résultats magnifiques. Le seul problème
: très « physique », elle
est aussi fatigante pour l’opérateur
qu’un jogging !
La
technique d'aspiration classique
La
technique est simple mais l’obtention de
beaux résultats impose un opérateur
expérimenté et doué d’une
certaine sensibilité artistique.
Il suffit d’introduire sous la peau une canule de 2 ou 3 mm de
diamètre, par une incision discrète, de 3 à 4
mm de longueur, souvent cachée dans un pli. Cette canule est
reliée par un tube souple et transparent à une machine
créant le vide et permettant l’aspiration des cellules
graisseuses qui sont responsables de la lipodystrophie localisée
et de la déformation externe.
Quand cette graisse profonde est complètement aspirée,
il est possible, dans certains cas, de poursuivre l’aspiration
vers les deux couches graisseuses plus superficielles, mais avec précaution,
en examinant minutieusement les qualités de rétraction
de la peau. Grâce à son élasticité, elle
doit pouvoir, dans les semaines qui suivent l’opération,
se rétracter de façon harmonieuse alors qu’elle
est privée de son support graisseux sous jacent éliminé par
l’aspiration.
COMMENT
EVIER LES COMPLICATIONS ?
La
complication la plus répandue est représentée
par les anomalies post opératoires de
la surface de la peau, telles les ondulations
ou « tôle ondulée »,
les vagues et l’aspect fripé.
Ces complications cutanées, doivent toujours être évitées
par :
- une
technique irréprochable entre les mains
d’un chirurgien compétent et entraîné,
ce geste étant dans tous les cas réalisé en
clinique, dans un milieu chirurgical ;
- une
indication opératoire bien posée.
Technique
irréprochable
Il faut insister sur l’importance de toujours commencer par aspirer
la graisse responsable de la lipodystrophie localisée, c'est-à-dire
la graisse profonde, accolée aux muscles.
Certains enlèvent d’abord, et par erreur, la graisse superficielle
et laissent en place la graisse profonde responsable des déformations.
Deux conséquences désastreuses se profilent alors :
- l’apparition
d’ondulations et de vagues cutanées,
car l’aspiration trop superficielle élimine
le support de la peau. Après la résorption
de l’œdème post opératoire,
la surface cutanée est entraînée
irrégulièrement vers la profondeur
et se déforme ;
- la
persistance de la lipodystrophie localisée
responsable à terme d’une pseudo
récidive car, si l’amélioration
clinique immédiate est tangible après
l’aspiration d’une petite couche
graisseuse superficielle, très vite, lors
de la moindre prise de poids, la lipodystrophie
profonde, laissée en place, réapparaît
sous forme d’un bourrelet.
Après une lipoaspiration bien conduite, la récidive n’existe
pas. Même lors d’une prise de poids ultérieure,
l’excès graisseux se localise uniformément dans
les couches graisseuses moyenne et superficielle de toute la surface
du corps sans formation de bourrelets localisés.
Indication
bien posée
Dans certains cas, l’examen clinique de la peau, avant l’intervention,
note qu’elle n’est pas suffisamment élastique pour
supporter un affaiblissement de son support graisseux sous jacent engendré par
l’aspiration. Les ondulations et les plis cutanés seront
inévitables.
Il faut alors envisager, en même temps que l’aspiration,
l’exérèse de l’excès de peau avec
sa rançon cicatricielle inévitable.
L’ANATOMIE
ARTISTIQUE ET LES RAFFINEMENTS TECHNIQUES
L’anatomie artistique va être détaillée pour
chaque zone susceptible d’être aspirée :
- ceinture
abdominale, regroupant abdomen, flancs et régions
lombaires, ;
- fesses
et régions péritrochantériennes
ou « culottes de cheval » ;
- cuisses
;
- genoux
;
- jambes
et chevilles ;
- seins.
De cette anatomie découle la « lipoaspiration sculpturale »,
raffinement technique personnel qui est une aspiration modelante adaptée
au relief anatomique musculaire profond.
L’abdomen
et la ceinture abdominale
La
lipodystrophie est le plus souvent développée
dans la paroi abdominale sous ombilicale, mais
l’excès graisseux peut être
situé sur l’ensemble de l’abdomen,
voire contourner latéralement les flancs
pour atteindre, en arrière, les régions
lombaires.
Toute la ceinture est alors touchée et la simple aspiration
du ventre ne suffit plus ; il faut, à mon avis, y associer l’aspiration
des flancs et des régions lombaires, améliorant, du même
coup, l’aspect de profil de l’abdomen et de la silhouette
toute entière.
Des incisions cutanées millimétriques sont placées
dans la zone pubienne et dans l’ombilic, permettant une aspiration
de directions croisées, plus homogène.
Une incision latérale, sur chaque flanc, est nécessaire
pour traiter les flancs et les régions lombaires.
Un « beau ventre » n’est pas uniformément
plat mais offre alternativement des lignes concaves et convexes suivant
le modelé musculaire sous jacent.
Il
faut tenter d’accentuer artificiellement les saillies musculaires
par la « lipoaspiration sculpturale » en enlevant
davantage de graisse à certains endroits qu’à d’autres.
J’ai personnellement mise au point et perfectionné cette
technique bien avant la publication du Dr T. Lokwood en 1996.
Il est, à mon sens, très important :
- d’accentuer
l’exérèse de graisse :
- sur
la ligne médiane sus ombilicale
;
- autour
de l’ombilic, en créant
une fossette péri ombilicale d’orientation
plutôt verticale ;
- latéralement,
en regard du bord externe des muscles
grands droits ou muscles abdominaux ;
- au
dessus de l’épine iliaque
antéro supérieure et de
la région inguinale.
- de
laisser la zone abdominale médiane
sous ombilicale légèrement
bombée, tout comme la zone sus
ombilicale en regard du corps de chaque
muscle grand droit.
Les
fesses
L’aspiration
de la partie interne de la fesse est contre indiquée,
car son affaissement est inéluctable et le résultat
esthétique toujours déplorable.
Seules les parties externes de la fesse peuvent être aspirées,
zones situées en dehors de l’extrémité externe
du sillon sous fessier et représentées, en fait, par
le tiers externe des fesses, les zones lombaires et les zones péri
trochantériennes ou « culottes de cheval ».
Dans la région lombaire, l’exérèse graisseuse
peut être menée très superficiellement, car les
qualités de « drapage » de la peau lombaire sont
excellentes.
En revanche, au niveau de la « culotte de cheval » il faut
se méfier d’une aspiration trop superficielle, qui peut
aisément être à l’origine d’irrégularités
cutanées externes.
Aussi, l’aspiration doit toujours être homogène
et régulière, menée suivant des directions croisées
par deux petites incisons cutanées situées sur la face
externe de la cuisse.
Enfin, dans le tiers externe de la fesse, il faut insister sur l’intérêt
de suivre le modelé des muscles fessiers, qui permet, suivant
une technique personnelle, de rendre artificiellement, la fesse plus
galbée, même lorsque le sillon fessier est un peu tombant.
De plus, il existe souvent un excès graisseux horizontal sous
le sillon fessier, qui ne doit pas être oublié.
Les prothèses de fesses (souligné en
noir) dont on parle actuellement
beaucoup trop, sont, à mon avis,
une très mauvaise indication
de la chirurgie plastique. L’effort
physique adapté et notamment
la musculation, doivent permettre de
regalber des fesses un peu molles et
un peu tombantes, sauf exception.
L’aspiration d’une « culotte de cheval », même
bien conduite, mais en l’absence du traitement associé de
l’excès graisseux lombaire donne souvent des résultats
insatisfaisants. C’est l’aspiration associée de
la « culotte de cheval » et de la région lombaire
qui permet de remodeler l’ensemble de la région péri
fessière et « d’affiner » au maximum la silhouette.
Chaque
lipodystrophie doit être aspirée séparément
mais il faut déborder latéralement les berges de
la zone considérée, en s’étalant sur
une dizaine de cm, de manière à donner un résultat
harmonieux et homogène. En conséquence, la surface
du décollement sous cutané est toujours sensiblement
plus importante que la surface de la lipodystrophie localisée.
Dans le cas de la fesse, la zone d’aspiration lombaire
rejoint la zone d’aspiration péri trochantérienne,
ce qui permet un « drapage » cutané beaucoup
plus important, régulier et homogène. La zone de
jonction doit, en plus, être le siège d’une
légère dépression.
Les
cuisses
L’excès
graisseux est souvent prédominant à la face interne
de la cuisse.
La déformation de cette face interne est très étendue, rejoignant
presque en avant la région péri trochantérienne,
et en arrière, le sillon fessier, s’arrêtant environ à 5
cm en dehors de son extrémité interne. On comprend alors
qu’une aspiration associée de la face interne de cuisse
et de la région péri trochantérienne représente,
en définitive, une aspiration circulaire complète de
la racine de la cuisse. Le « drapage » cutané secondaire
est amélioré et le volume graisseux aspiré peut être,
par conséquent, plus important.
L’excès graisseux de la face interne de cuisse est souvent
associé à un excès sur les faces interne et antéro
inférieure du genou.
Les
genoux
L’excès est surtout localisé à la face interne,
débordant régulièrement en bas et en avant, sous
de la rotule : l’aspiration s’étend donc jusqu’au
milieu du mollet.
A mon avis, le moindre excès graisseux de la face externe du
genou doit également être aspiré en s’étendant
largement en haut sur la cuisse et en bas sur le mollet.
- L’aspiration des deux faces du genou permet un allègement
remarquable de cette articulation, accentuant la fluidité et
la grâce de toute la partie inférieure du corps.
Parfois, il existe des masses graisseuses sur la face antérieure
du genou qui peuvent également être traitées.
Enfin, quand la partie supérieure sus rotulienne est infiltrée,
l’exérèse de graisse ne peut être que partielle
afin d’éviter l’apparition secondaire de plis cutanés
transversaux très inesthétiques.
Au total, l’aspiration du genou ne se limite que rarement à sa
seule face interne et doit, à mon sens, être très
large vers la cuisse et le mollet.
Les
mollets
et
les
chevilles
L’exérèse ne peut être pratiquée qu’après
un bilan local adapté, faisant la part de l’excès
graisseux, de l’œdème et de l’hypertrophie
musculaire éventuelle.
Il s’agit là de pratiquer une « lipoaspiration sculpturale », de
technique personnelle, en suivant de manière rigoureuse le modelé de
la musculature du mollet et en enlevant davantage de graisse en regard
des dépressions musculaires.
Sur les chevilles, ce sont surtout les zones situées en arrière
des malléoles et autour du tendon d’Achille qui sont le
plus souvent infiltrées. L’exérèse peut être
quasiment complète, tant la rétractibilité de
la peau est, à ce niveau, importante.
Les
seins
Chez la femme
En cas d’hypertrophie
mammaire
La lipoaspiration peut s’inscrire en complément de la
réduction mammaire dans les zones inféro-internes et
externes du sein.
Certains auteurs auraient démontré que, dans certains
seins à prédominance graisseuse, il était sans
risque de cancérisation d’aspirer la totalité du
tissu mammaire. Personnellement, je m’y refuse par crainte de
favoriser l’apparition d’un cancer du sein parfois même
très longtemps après l’aspiration.
En l’absence d’hypertrophie
mammaire
Il s’agit ici d’un prolongement, le plus souvent purement
graisseux, s’étendant vers le haut sous l’aisselle.
Cette masse est extrêmement disgracieuse d’autant qu’elle
s’accentue lors du port du soutien gorge.
Son exérèse complète, même en cas de volume
important, est possible et les résultats sont excellents, (se
reporter au cas clinique n°1 dans le chapitre des ptoses mammaires).
Chez l’homme : la
gynécomastie et l’adipomastie
La glande mammaire existe également chez l’homme et elle
peut se cancériser : 1% des cancers du sein se développent
chez l’homme.
Le plus souvent, le sein est peu développé. Parfois,
son volume augmente, sans cause retrouvée : c’est ce que
l’on appelle la gynécomastie ou l’adipomastie idiopathique,
selon que l’élément qui s’hypertrophie est
la glande mammaire (gynécomastie) ou la graisse mammaire (adipomastie).
Un bilan biologique adapté permet d’éliminer de
rares maladies qui déclenchent cette augmentation de volume.
Une échographie différentie une augmentation du volume à prédominance
graisseuse ou glandulaire :
- dans
le cas d’augmentation de
volume à prédominance
graisseuse : une simple lipoaspiration
règle le problème
;
- en
cas de prédominance glandulaire
: une exérèse chirurgicale
est nécessaire, en incisant
autour de la partie inférieure
de l’aréole.
Les résultats sont excellents sauf dans de rares cas de gynécomasties
très volumineuses sur peau très distendue et de rétractibilité réduite.
Une exérèse complémentaire de peau peut être
nécessaire, infligeant alors une rançon cicatricielle.
EXAMEN
CLINIQUE PRE OPERATOIRE |
L’INTERROGATOIRE
Il
précise :
- les
antécédents médicaux et
chirurgicaux ;
- les
habitudes alimentaires, diététiques
et sportives ;
- les
tares : diabète, hypertension artérielle
;
- les
problèmes thyroïdiens : l’hypothyroïdie
est fréquemment retrouvée cheez
la femme ;
- le
nombre d’enfants, l’âge du
dernier enfant et le désir éventuel
de grossesse : si un enfant est souhaité dans
l’année, il est préférable
de reporter l’intervention 6 mois après
l’accouchement ;
- les
prises médicamenteuses, notamment anxiolytiques,
antidépresseurs, hypnotiques et les traitements
déjà utilisés contre la
cellulite, comme la mésothérapie,
correspondant à l’injection de différents
produits dans les graisses, notamment des produits
dépolymérisants dont l’efficacité reste à démontrer.
L’endermologie ou LPG et le drainage lymphatique
manuel bien effectués, sont les seuls
traitements efficaces pour lutter contre la cellulite
au stade de « peau d’orange »,
associés naturellement à l’hygiène
de vie, des règles diététiques
et une activité sportive de base ;
- l’intoxication
tabagique doit être quantifiée car
ses effets délétères et
fragilisants sur la micro vascularisation cutanée
sont connus : l’aspiration chez un fumeur
doit être moins étendue et moins
superficielle afin d’éviter une
nécrose cutanée.
LE
POIDS
Pour
que la lipoaspiration soit indiquée, le poids doit être
stable depuis au moins un an ou avoir peu varier, moins de 4 à 5
kg. Tout au plus, la lipoaspiration peut elle s’incorporer à une
phase d’amaigrissement mais rarement à une période
de prise de poids voire chez une personne obèse.
La lipoaspiration n’est pas un traitement de l’obésité, à l’exception
du cas particulier de la patiente qui a déjà maigri,
mais reste, malgré ses efforts, à un poids stable encore
trop important. Une étude récente a montré qu’en
aspirant 5 litres de graisse, la perte de poids, quatre mois après
l’intervention, est d’environ 5 kg. Il est démontré que
le métabolisme des graisses se modifie et que le bilan lipidique,
souvent initialement perturbé, est amélioré voire
régularisé. La lipoaspiration semble alors déclancher
une nouvelle phase d’amaigrissement.
Il faut néanmoins garder à l’esprit qu’une
personne obèse, n’est en général, jamais
opérée, l’obésité étant définie
par un poids de 20% supérieur au poids idéal. Entre 10
et 20%, il s’agit d’une simple surcharge pondérale.
Le poids idéal est calculé selon diverses formules mais
la plus commune est la formule de LORENTZ, dépendant du sexe
et de la taille :
Chez la femme : (Taille en cm -100) – [½ (Taille en cm – 150)] ;
Chez l’homme : (Taille en cm -100) – [¼ (Taille en cm -150)].
Mais les résultats de cette formule sont à moduler selon
les volumes osseux et musculaires qui, à mon avis, rendent ces
formules souvent discutables. L’aspect physique et la mobilité me
paraissent les deux meilleurs facteurs pour juger de la surcharge pondérale.
Laissons quelque peu tous ces chiffres de côté.
LA
DATE D'APPARITION DES LIPODYSTROPHIE LOCALISEES
Elles
sont souvent apparues depuis de nombreuses années :
- parfois
dès la puberté :
il s’agit de la forme congénitale où le facteur
génétique intervient. Dans certaines familles toutes
les femmes d’une même lignée peuvent être
porteuses d’une « culotte de cheval » ;
- ailleurs,
après une grossesse ou une prise de poids
:
c’est insister sur la complexité des facteurs hormonaux,
même s’il est admis qu’une simple augmentation des
taux d’œstrogène et de progestérone ne suffit
pas à déclancher la formation de lipodytrophies localisées.
Enfin,
la période de maturation décisionnelle, qui est
définie en introduction de ce site, est souvent longue,
chaque patiente ayant volontiers essayé, sans succès,
de nombreux et coûteux traitement locaux.
La motivation de ces patientes est donc importante et justifiée.
L'EXAMEN
CLINIQUE
L’état
de la peau
Son appréciation est capitale car une peau élastique,
souple et tonique, autorise non seulement une aspiration mais surtout
une aspiration plus complète superficiellement. En effet, seule
une peau élastique se remodèlera harmonieusement sur
son support graisseux affaibli par l’exérèse de
graisse.
A l’inverse, une peau moins tonique ou vergeturée sera
moins rétractile. Elle devra rester « matelassée » par
une couche de graisse superficielle intacte et suffisamment épaisse
pour éviter la formation d’ondulations et de plis cutanés
post opératoires appelés couramment « tôle
ondulée ».
Dans certains cas, il est d’emblée prévu que des
plis résiduels post opératoires seront inévitables
: une exérèse de peau est alors associée à la
lipoaspiration. C’est la dermolipectomie ou un lifting cutané,
fréquemment réalisé sur le ventre, la face interne
des cuisses, le cou, la face interne des bras et les fesses. Nous détaillerons
ces interventions en fin de chapitre.
Les
mesures exactes des diverses lipodystrophies localisées
concernées
Les mesures sont effectuées en surface mais également
en épaisseur par la mesure du pli cutané, qui est le
pincement de la peau et de la graisse sous cutanée entre pouce
et index, les muscles sous jacents étant contractés.
Le tout est consigné sur un schéma.
Le pli cutané de référence, pour tout le corps,
est celui de la face interne du bras. Un pli cutané supérieur à celui
du bras confirme un excès graisseux localisé.
Quand le pli cutané est inférieur à 2 cm, la lipoaspiration
est inutile et même contre-indiquée car dangereuse pour
la vitalité de la peau.
Lors de la prise de mesure du pli cutané, les muscles sous-jacents
doivent être contractés afin de différencier les
fausses lipodystrophies localisées, corrigées par la
contraction musculaire. Le problème est alors plus cutané que
graisseux, particulièrement dans la région péri
trochantérienne.
La
souplesse de la graisse
Sa souplesse et sa facilité de décollement des plans
musculaires profonds au pincement sont très importants à considérer.
En effet, la lipoaspiration est une chirurgie à l’aveugle.
Or, un « vrai » chirurgien a horreur de ne pas constater
de visuellement l’effet de ses gestes.
En conséquence, il est parfois nécessaire, avant l’intervention,
de diminuer l’épaisseur de la graisse superficielle et
de l’assouplir par l’endermologie qui est une adaptation
mécanique d’une technique de massage appelé palpé-roulé.
La face externe de la peau est aspirée doucement et roulée
afin d’améliorer le drainage de la graisse sous cutanée.
L’excès graisseux profond, qui doit être enlevé,
est alors plus facilement défini et localisé par la palpation,
facilitant un geste opératoire fin, complet et sans danger.
Il faut également signaler que, durant l’intervention,
l’extrémité mousse de la canule doit toujours être
sentie sous les doigts de la main gauche, de façon à contrôler
sa position exacte et sa profondeur, évitant ainsi tout accident
de perforation de l’abdomen et du thorax.
L’état
oedémateux des membres inférieurs
Qu’il faut absolument différencier par la palpation et
l’échographie d’une surcharge graisseuse, notamment
sur les mollets et les chevilles.
L’état
veineux des membres inférieurs
La présence de varices impose :
- un bilan veineux des
membres inférieurs par écho-döppler et, dans certains
cas, un traitement approprié avant l’aspiration ;
- une
prévention des phlébites par des
anticoagulants prescrits la veille de l’intervention.
Le
reste de l’examen clinique
Il est complet et adapté localement à chacune des régions à traiter.
D’une manière générale, l’examen de
la peau note les grains de beauté ou nævi qui doivent être
régulièrement surveillés. Le patient est informé des
risques inhérents à une éventuelle dégénérescence.
DEROULEMENT
DE L'INTERVENTION |
LE
BILAN PRE-OPERATOIRE
Deux
consultations pré opératoires sont obligatoires.
L’examen clinique complet a consigné l’ensemble
des antécédents médicaux et chirurgicaux, les
tares, les allergies, les prises médicamenteuses habituelles.
Les examens biologiques suivants sont systématiques :
- bilan
biologique complet et notamment :
- lipidique
: à la recherche d’anomalies des
taux de triglycérides et cholestérol
;
- glycémique
: la glycémie à jeun, recherchant
un diabète gras débutant ;
Consultation de cardiologie avec électro-cardiogramme et au
moindre doute échographie cardiaque ;
Prescription de veino-toniques pendant 10 jours avant et après
l’intervention ;
Vérification de l’absence de prise de médicaments
contenant de l’aspirine,
Consultation d’anesthésie obligatoire, précédant
légalement d’au moins trois jours l’intervention.
L’anxiété est habituelle avant toute intervention
: la prescription d’un anxiolytique à faible dose pendant
5 jours avant l’opération est souvent judicieuse.
De nombreux documents légaux doivent être portés à la
connaissance de chaque patient et signés : consentement éclairé,
devis.
Un vêtement compressif sur mesure, adapté aux zones à traiter,
doit être commandé à l’avance et apporté au
bloc opératoire. Il faut éviter de prescrire un panty
qui se termine au milieu des cuisses ou des mollets. Ce panty doit
descendre jusqu’aux chevilles comprises, afin d’éviter
l’apparition de phlébites.
Plusieurs séances d’endermologie sont habituellement prescrites
avant l’intervention, comme nous l’avons vu précédemment.
LA
VEILLE DE L'INTERVENTION
Douche
ou bain.
Shampoing.
Aucune bague ni bijou.
Pas de vernis sur les ongles.
Désinfection à la bétadine des régions
qui seront opérées et rasage pubien sur 2 cm dans sa
partie supérieure effectués, à l’entrée,
par une aide soignante, en cas d’aspiration abdominale.
Prise d’un anxiolytique en cas de besoin.
Ne rien boire, ne rien manger, ne pas fumer après minuit. Une
patiente qui n’est pas parfaitement à jeun ne peut être
opérée le lendemain matin.
Prescription large d’anticoagulants type hémoglobine de
bas poids moléculaire en sous cutané, à la posologie
de 0,2 ou 0,3 ml suivant le poids corporel, afin d’éviter
les phlébites et ses complications, certes rares, mais parfois
graves.
Il faut en reconnaître les facteurs favorisants :
- obésité ;
- age avancé ;
- diabète ;
- prise
de contraceptifs oraux qu’il est toujours
préférable d’arrêter
un mois avant l’intervention ;
- intoxication
tabagique, le risque devenant important à la
dose d’un paquet par jour depuis 20 ans
(soit 20 paquets-année) ;
- varices
des membres inférieurs ;
- antécédents
de phlébite personnels et familiaux ;
- antécédents
d’embolie pulmonaire personnels et familiaux
;
- troubles
de la coagulation connus.
Dans certains cas, des bas de contention seront portés pendant
10 jours avant l’intervention, cette contention étant
prolongée par le vêtement compressif habituel pendant
3 à 4 semaines après l’intervention.
L’INTERVENTION
Les
photos définitives
Elles
sont prises au bloc opératoire, en position debout. Les
premières photos ont été prises lors de la
seconde consultation pré opératoire
La numérisation et l’informatisation permettent un classement
efficace des photos et leur impression rapide.
Chaque dossier photographique est minutieusement étudié la
veille de l’intervention et un plan opératoire différent
pour chaque patiente est élaboré. Dans quelques années,
ce plan sera probablement prévu informatiquement.
Les
dessins pré opératoires
Ils
sont effectués au bloc opératoire, juste avant l’intervention,
avec minutie, en utilisant un marqueur cutané à pointe
fine et à encre indélébile.
De la précision des marquages dépend en partie la finesse
du résultat, car les lipodystrophies localisées sont
le plus souvent peu visibles en position opératoire.
L’anesthésie
Il
s’agit toujours d’une anesthésie générale
qui dure, selon les cas, de 1 à 2 heures.
L’intervention est rarement menée sous rachi-anesthésie
car l’œdème post opératoire est accentué par
vaso-dilatation.
La position opératoire est toujours le décubitus dorsal,
avec modification éventuelle de la flexion des genoux et de
la rotation du bassin pour atteindre les hanches et les régions
dorsales.
L’asepsie
Elle
est chirurgicale et complète, en utilisant un badigeonnage à la
bétadine, comme au cours d’une intervention orthopédique.
La protection du pubis par un film collant et des pieds par des jerseys
est systématique.
L’infiltration
pré opératoire
Il
s’agit d’injecter, en tout
début d’intervention et avec
une aiguille et une seringue adaptées,
du sérum ou du liquide de ringer
lactate en quantité égale à la
quantité de graisse qu’il
est prévu d’aspirer. Le sérum
injectable est mélangé à de
la xylocaïne adrénalinée
: un litre de sérum pour 2 à 3
flacons de xylocaïne adrénalinée à 1%.
Cette infiltration offre de nombreux avantages :
- perte de sang réduite
et fatigue post opératoire atténuée ;
- volume
de graisse aspirée très important
pouvant atteindre 5 litres, sans problème
et sans risque ;
- diminution
de l’œdème post opératoire
par un affaiblissement du réflexe nerveux
sympathique de vasodilatation ;
- facilité de
l’aspiration par décollement entre
graisse et muscle et fragmentation de la graisse à enlever.
La
technique opératoire
L’aspiration
est pratiquée par des canules très fines, de
2 et 3 mm de diamètre, introduites par de minuscules
incisions cutanées, le plus souvent masquées
dans des plis.
L’aspiration est toujours croisée, de manière à être
parfaitement uniforme et est toujours « sculpturale »,
suivant de façon précise les reliefs musculaires sous
jacents.
La prudence est toujours de règle : la palpation de l’extrémité de
la canule par la main gauche est une précaution élémentaire
dans ce type d’intervention. Le geste doit être souple
et maîtrisé.
En fin d’intervention, selon une indication personnelle, j’effectue
souvent de l’endermologie per opératoire, qui permet,
en homogénéisant les irrégularités graisseuses
sous cutanées résiduelles, d’obtenir un résultat
parfaitement régulier.
Suture et pansements bétadinés sur chacune des petites
incisions.
Mise en place du vêtement compressif au bloc opératoire
avant le réveil.
LES
SOINS POST OPERATOIRES
A
la clinique
Les
antalgiques sont prescrits systématiquement. Cette intervention
est considérée comme peu douloureuse, surtout
si une infiltration de xylocaïne adrénalinée
a été effectuée en début d’intervention.
Les anti-inflammatoires sont fréquemment utilisés, en
l’absence de contre indication, notamment d’ordre ulcèreux,
et sont toujours arrêtés en cas d’apparition de
douleurs épigastriques au cours du traitement.
La surveillance est effectuée pendant au moins deux heures en
salle de réveil, près du bloc opératoire, par
un personnel compétent puis, après le retour en chambre,
par une infirmière diplômée d’état.
Le premier levé est précoce, parfois même quelques
heures après l’intervention, afin de prévenir les
phlébites et ses complications.
La sortie est indiquée, selon le volume graisseux aspiré et
l’état clinique, soit le soir, soit le lendemain, mais
toujours après vérification clinique sous le vêtement
compressif des zones qui viennent d’être aspirées.
Reprise des médicaments habituels, dès le lendemain matin,
avec l’accord du chirurgien ou de l’anesthésiste.
Au
domicile
Désinfection
bétadinée et pansement quotidien des petites
incisions pendant 8 jours.
Prescription de vitamines et de fer, débuté parfois 2
semaines avant l’opération, lorsque le volume prévu à aspirer
est important. Une transfusion sanguine n’est, en principe, jamais
nécessaire.
Port du vêtement compressif nuit et jour. Il faut noter que ce
vêtement compressif est toujours long, couvrant souvent les chevilles
qui gonflent souvent en post opératoire même lors d’une
simple aspiration des cuisses ou des genoux. Il est enlevé quand
la patiente se sent mieux sans compression, soit vers la 3ème
ou 4ème semaine.
Douche dès le deuxième jour après l’intervention
et bain au 8ème jour.
Les fils sont enlevés 8 jours après l’intervention.
La convalescence est comprise et de 8 à 15 jours.
L’arrêt de sport est de 45 jours.
L’EVOLUTION
POST OPERATOIRE HABITUELLE
L’œdème
Variable mais inévitable, il est provoqué par :
- l’espace
vide laissé par la graisse aspirée
et qui se remplit par le sérum ;
- la
vasodilatation locale, d’origine nerveuse
sympathique, causée par le traumatisme
local, comme on peut le voir, par exemple, au
cours d’une entorse de cheville.
Cet œdème est maîtrisé par la compression
douce du vêtement compressif qui favorise à sa résorption.
A cause de cet œdème, les résultats précoces
sont donc très décevants :
- on
commence à apprécier le résultat à l’issue
du premier mois qui suit l’intervention
;
- le
résultat est nettement défini à 3
mois ;
- le
résultat définitif ne peut être
réellement jugé qu’à 6
voire 8 mois après l’aspiration.
Il faut donc être très patient et savoir que des zones
peuvent dégonfler plus rapidement que d’autres, notamment
d’un côté par rapport à l’autre. En
effet, l’œdème se résorbe par l’intermédiaire
des voies de drainage lymphatique symétriques mais dont l’efficacités
est parfois très différente. Les asymétries se
résolvent alors spontanément vers le 6ème mois.
La
douleur
Elle disparaît environ en une semaine et est atténuée
par des antalgiques adaptés.
On peut l’assimiler à la douleur d’une contusion
causée par un traumatisme externe bien connu des sportifs. C’est
la douleur du « gros bleu ».
La région lombaire et la face interne des genoux sont les plus
douloureuses.
L’asthénie
La fatigue est surtout nette lors de la 2ème semaine, et dure
parfois un peu plus si le volume graisseux enlevé a été très
important.
LES
COMPLICATIONS
Les
cicatrices
Parfois un peu visibles quand elles sont : car :
- en dépression,
notamment à la face externe de la cuisse. Pour éviter
ce problème, il faut limiter l’exérèse de
la graisse sous l’orifice d’introduction de la canule en
changeant fréquemment la direction de l’aspiration au
cours de l’intervention ;
- ou
marquées par un petit point rouge ou blanchâtre
un peu élargi.
Une reprise de la cicatrice peut être nécessaire, sous
anesthésie locale, mais jamais avant le 8ème mois.
L’excès
graisseux localisé persistant
Le plus souvent minime, il peut persister une petite zone un peu gonflée
par rapport au côté opposé, pouvant nécessiter
une lipoaspiration localisée, juste sous la peau, sous anesthésie
locale ;
cette retouche ne doit jamais être réalisée avant
la fin de la première année qui suit l’intervention.
En effet, ces petites irrégularités superficielles peuvent
disparaître très lentement.
La
dépression localisée persistante
A l’inverse de l’excès, une petite zone cutanée
en dépression est corrigée par une « lipostructure » sous
anesthésie locale : prélèvement graisseux dans
un petit bourrelet et réinjection de cette graisse pour combler
la dépression.
L’ oedème
des chevilles
Il persiste parfois plus d’un an après l’intervention,
surtout quand il existe des troubles veino lymphatiques préexistants,
mais disparaît toujours.
Les
autres complications
Infection, hématome, nécrose cutanée, état
des choc, perforation d’organes : elles sont rarissimes et appartiennent à la
littérature médicale à condition de les prévenir
par une stratégie pré, per et post opératoire
ée, minutieuse et prudente.
La
lipoaspiration est une intervention simple, bénigne, donnant
des résultats « magiques » car dépourvue
de rançon cicatricielle, à condition que la peau
possède de bonnes qualités rétractiles.
Les ondulations cutanées superficielles post opératoires à type
de « tôle ondulée » ne doivent pas se rencontrer
car elles résultent d’une mauvaise technique et d’une
aspiration trop superficielle.
Il s’agit, néanmoins, même si elle s’intègre
dans un domaine purement esthétique, d’une « véritable » intervention
: stratégie minutieuse, prudence, information du patient, contrat,
chirurgien entraîné, milieu chirurgical et absence d’association à une
autre intervention lors du même temps opératoire sont
les maîtres mots à respecter afin d’obtenir un beau
résultat et la satisfaction de sa patiente ou de son patient.

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