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Tous
droits réservés - Patrice
Hilligot 2004
Docteur Patrice Hilligot - Chirurgie
esthétique, plastique et reconstructrice
Tél : 01 47 20 54 52 Fax : 01 47 20 73 24 contact@patrice-hilligot.com |
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LES
TUMEURS CUTANEES BENIGNES ET MALIGNES
: LEURS TRAITEMENTS
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Pourquoi peut on encore mourir aujourd’hui en France d’un
cancer de la peau ? Alors que ce « truc » qui vient d’apparaître
inquiète toujours ! Alors qu’un seul geste de scalpel aurait
tout arrêté ! Et des visages m’apparaissent…..
Des
tumeurs, au début bénignes,
tels les grains de beauté,
encore appelés naevi naevo
cellulaires, peuvent se cancériser
en mélanome.
Une tumeur cancéreuse peut aussi apparaître de novo
sur peau saine, et l’on sait qu’au début,
cette tumeur inquiète souvent le patient qui, malgré tout,
ne consulte pas. Or, on connaît également l’importance
de la précocité du diagnostic dont dépend
le pronostic vital.
C’est répéter qu’une tumeur cutanée
qui apparaît, ou une tumeur cutanée qui se modifie,
impose une consultation immédiate auprès de son
médecin. Et des visages me reviennent ! C’était
trop tard……. ;
L’exposition solaire intense, surtout sur une peau blanche,
est un facteur majeur favorisant la transformation maligne. Une
cellule se dérègle, commence à se multiplier
très vite et n’arrête plus. A cause d’une
seule cellule, qui échappe aux phénomènes
normaux de régulation, le corps entier est bientôt
bloqué et s’éteint. Au début la guérison
est possible, simplement, en enlevant toutes les cellules d’un
coup de scalpel. Plus tard, quelques cellules ont déjà disséminés
plus loin dans l’organisme : ce sont les métastases
et là, tout ce complique.
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Le but de cette étude n’est pas d’énumérer
un catalogue de toutes les tumeurs de la peau existantes mais de se limiter
aux plus fréquentes et aux plus dangereuses.
Le traitement sera orienté par les zones les plus difficiles qui
restent les tumeurs de la face pour lesquelles j’évoquerai
quelques évolutions techniques personnelles.
LES
NAEVI NAEVO CELLULAIRE OU GRAINS DE BEAUTE
Les
naevi sont des tumeurs bénignes d’origine
mélanocytaire (cellules qui donnent
la pigmentation à la peau) qui se développent à partir
de la couche basale des l’épiderme.
Ces naevi siègent soit à la jonction
dermo épidermique (naevus jonctionnel),
soit dans le derme (naevus dermique pur), soit
dans ces deux zones (naevus composé).
Ce sont les naevi jonctionnels qui, sous l’effet de plusieurs co-facteurs,
sont le plus souvent susceptibles de se cancériser sous forme
de mélanome.
Les naevi sont rarement congénitaux, apparus dès la naissance.
Plus souvent ils sont acquis, se déclarant à la puberté ou à l’adolescence.
Un adulte jeune possède en moyenne une cinquantaine de naevi sur
tout le corps qui disparaissent, petit à petit, à partir
de la cinquantaine. Le plus souvent, leur taille est petite, inférieure à 9
mm de diamètre. Ils sont parfois plus étendus, congénitaux,
pouvant confiner vers les naevi appelés géants, qui sont
chez l’enfant, successibles de se cancériser. Leur ablation
(ou exérèse) s’impose précocement. Les naevi
dysplasiques, correspondant à une prolifération mélanocytaire,
avec atypies cytologiques au niveau de la zone de jonction, sont également
susceptibles de se cancériser plus fréquemment et imposent
une exérèse avec examen histologique.
Certaines
lésions peuvent ressembler à des
naevi :
la
verrue séborrhéique : très
fréquente à partir de 50 ans, souvent
multiple et pouvant être pigmentée
;
le
naevus verruqueux : apparaissant à la naissance
ou chez l’enfant sous forme d’une plaque
ou d’une ligne, pouvant également être
pigmentée, notamment dans le cuir chevelu
;
les
lentigos (taches de vieillesse) et les éphélides
(taches de rousseur).
Quelques
règles de prévention sont à retenir
:
éviter
l’exposition solaire sans protection,
chez l’enfant et l’adulte ;
tout grain de
beauté qui se modifie impose un avis médical spécialisé.
Le naevus devient irrégulier :
sur ses bords,
qui étaient auparavant nets ;
sur sa surface,
qui était plane ;
dans sa coloration,
qui était uniforme ;
le tout s’accompagnant
d’une fréquente augmentation de volume.
le moindre doute
impose une exérèse complète de la lésion
avec examen histologique systématique dans un laboratoire
rompu à l’histologie dermatologique ;
tout grain de
beauté qui a saigné ou qui est traumatisé par
le rasage ou par un vêtement (ceinture, soutien gorge)
doit également être enlevé ;
tout grain de
beauté apparu récemment doit faire l’objet
d’une surveillance très attentive ;
enfin, tout
grain de beauté situé dans le cuir chevelu et difficile à surveiller,
ou siégeant sur les mains et les pieds, dont la cancérisation
sur un mode acral et dramatique, doivent également faire
l’objet d’une exérèse préventive.
A noter, que certains naevi se développent sur les muqueuses
buccales ou génitales, dans l’œil, ou sous
les ongles, simulant alors un hématome unguéal
post traumatique.
L’exérèse de toute lésion cutanée doit être
suivie par un examen histologique de la pièce confiée à un
laboratoire d’histologie rompu à la pathologie cutanée.
Pourquoi retenir ces règles ?
LE
MELANOME
Ce
cancer représente 3% des cancers de
la peau et présente deux aspects : soit
plan ou SSM, soit nodulaire.
Les
facteurs du pronostic
Sa prévention est essentielle, nous l’avons vu, car de la
précocité du diagnostic dépend, en grande partie,
le pronostic.
Cette tumeur semble d’abord avoir une phase d’extension superficielle,
sans risque de métastase, puis elle envahit ensuite le derme en
profondeur : c’est la phase nodulaire, métastasiante, qui
apparaît parfois d’emblée.
Deux critères pronostic sont fondamentaux :
le
niveau de Clark : qui est le niveau d’invasion
histologique de la peau en profondeur :
1
: épiderme ;
2
: derme papillaire superficiel ;
3
: derme papillaire complet ;
4
: derme réticulaire ;
5
: atteinte de l’hypoderme ;
l’indice
de Breslow : qui représente l’épaisseur
de la tumeur mesuré en millimètre
et qui représente le facteur pronostic
essentiel :
inférieur à 1
mm : bon pronostic ;
supérieur à 2
mm : pronostic plus réservé.
Le siège de la lésion est également important. Par
ordre de gravité croissante : jambe, tronc, cou et enfin tête.
Le
traitement
Il est avant tout chirurgical.
En cas de doute de mélanome sur une lésion cutanée,
l’exérèse initiale doit passer au large, en superficie
(à 5 mm des berges) et au large, en profondeur (emportant une
bonne partie de l’hypoderme, c'est-à-dire la graisse située
au dessous de la lésion), et sans pratiquer de décollement
cutané lors de la fermeture.L’analyse
histologique extemporanée de la lésion, c'est-à-dire
son analyse au microscope pendant l’intervention, ne doit pas être
pratiquée. Il faut toujours attendre les résultats de l’analyse
histologique définitive qui seule confirme le diagnostic et précise
le niveau d’envahissement local, donc la gravité (niveau
de la profondeur de Clark et surtout l’épaisseur selon Breslow).
Un deuxième temps opératoire est obligatoire quand le diagnostic
de mélanome a été porté.
Il s’agit d’une exérèse complémentaire élargie,
permettant d’enlever d’éventuelles cellules cancéreuses
restantes, ayant migrées, autour de la lésion initiale, à partir
du foyer initial, et qu’il faut enlever afin d’éviter
toute métastase ou récidive locale. Ce temps est essentiel
et mes indications d’exérèses sont larges, dépendant
avant tout du siège et de l’épaisseur de la tumeur
selon Breslow :
épaisseur
inférieure à 1 mm : il
faut enlever 2 cm de peau autour de la
cicatrice présente après
l’exérèse initiale
de la tumeur.. Cette exérèse
peut être encore plus importante
si la laxité de la zone autorise
une suture facile ;
épaisseur
entre 1 et 2 mm : j’enlève,
le plus souvent, au moins 3 cm
de tissu de chaque côté de
la lésion initiale, sauf
sur certaines zones difficilement
refermables ;
épaisseur
supérieure à 2 mm : il faut
enlever au moins 5 cm de tissus voisins.
Pour ma part, l’exérèse emporte également
le fascia musculaire, situé en regard de la profondeur de
la tumeur. |
La
perte de substance peut être greffée,
mais ma préférence va, si cela
est possible, à une suture sans décollement
superficiel ou profond.
Des cas sont particuliers :
le
nez, où l’exérèse
doit être large et imposant une
reconstruction secondaire par lambeaux
;
l’oreille,
où l’exérèse
doit souvent être complète
avec curage jugulo-carotidien presque
systématique si l’épaisseur
de la lésion initiale est
importante ;
le
mélanome des membres inférieurs
impose quand à lui un examen
radiographique des voies lymphatiques
(lymphographie) :
systématiquement,
quand il existe un ganglion inguinal
palpable ou quand la lésion
initiale siège sur le tiers
inférieur de jambe ou sur le
pied. |
Le
diagnostic d’envahissement ganglionnaire
est souvent difficile. Au moindre doute, il
faut enlever le ganglion, le biopsié pendant
l’intervention et en cas d’envahissement,
pratiquer un curage inguinal large emportant
l’aponévrose inguinale superficielle
et la crosse de la saphène interne.
La même logique s’applique au niveau du creux axillaire.
Dès
le traitement chirurgical initial effectué,
un bilan complet est alors nécessaire
avec en premier lieu un scanner cérébral,
thoracique, et abdominal de référence
ainsi qu’une scintigraphie osseuse puis,
une surveillance par radiographie pulmonaire
(face et deux profils) et échographie
hépatique pratiquées tous les trois
mois puis, tous les six mois et enfin, tous les
ans pendant au moins cinq ans.
Un bilan biologique complet est également nécessaire comportant
notamment le bilan hépatique et des dosages spécifiques.
Classiquement, la chimiothérapie n’est nécessaire
que pour une lésion dont l’épaisseur dépasse
2 mm. Néanmoins, à partir 1,5 mm, quelques soit la localisation,
une consultation de principe auprès d’un chimiothérapeute
compétant me semble judicieuse.
En
conclusion :
Il faut connaître quelques formes particulières de mélanomes.
Outre les formes sous unguéales, acrales, touchant les extrémités,
ou muqueuses, il faut insister sur la mélanose de Dubreuil qui
est une lésion pré cancéreuse ayant l’aspect
d’une tâche pigmentée, située souvent sur le
visage et apparaissant après 50 ans. Cette lésion peut
dégénérer en mélanome superficiel, le plus
souvent sans donner de métastases. La surveillance dermatologique
de ce type de lésion est de règle. Parfois, une exérèse
préventive peut être décidée.
Enfin, les mélanomes de l’enfant sont très rares.
Ils sont à différencier du mélanome juvénile
de Spitz, rose pâle, bien limité et qui est bénin.
L’EPITHELIOMA
Les épithéliomas
basocellulaire sont des lésions très
fréquentes, faisant certes partie de la
famille des cancers, mais ne donnant jamais de
métastases, c'est-à-dire d’envahissement à distance.
On en meurt donc pas mais attention, si on laisse évoluer
cette lésion, c’est l’ulcération
qui dominera, entraînant parfois des mutilations
extrêmement importantes du nez ou des oreilles,
cas « historiques » que tous les
anciens, dans les campagnes françaises,
connaissaient.
Cette lésion survient sur une peau blanche et plus souvent avec
l’âge, bien que l’on puisse rencontrer un épithélioma
basocellulaire chez un jeune adulte de 20 ans.
L’exposition solaire est encore un facteur favorisant souvent retrouvé.
Cet épithélioma se développe sur peau saine ou sur
des lésions préexistantes telles les kératoses pré épithéliomateuses
ou le naevus sébacé.
Il siège surtout sur le nez et autour du nez puis par ordre de
fréquence décroissante, sur le reste du visage, le cou,
la partie découverte supérieure du thorax et enfin, on
peut le retrouver sur tout le reste du corps.
Un patient qui développe un épithélioma basocellulaire
semble prédisposé à en développer d’autres,
sur une autre partie du corps, parfois semble-t-il de manière
cyclique : 2 ou 3 lésions se succèdent sur une courte période
suivie d’une phase de latence pouvant durer de nombreuses années,
voire être définitive.
Plusieurs aspects cliniques peuvent se présenter, mais il existe
deux signes assez caractéristiques :
l’évolution
: c’est souvent une lésion,
au départ croûteuse, qui
se développe sur quelques millimètres
carré voire un centimètre
carré et qui brutalement semble
disparaître. Pendant quelques semaines,
le patient pense être guéri,
puis la lésion se développe à nouveau
de manière très rapide
et souvent beaucoup plus largement ;
la
perle translucide, sorte de petite
lentille blanchâtre qui est
pathognomomique.
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Les
aspects les plus fréquents :
Ce sont les suivants :
plan
cicatriciel : le plus fréquent et
comportant une zone centrale d’aspect
cicatriciel entouré de petites perles
translucides fines ;
nodulaires,
très fréquent, correspondant à une
grosse perle unique ou multiples évoluant
vers l’ulcération ;
bourgeonnant,
plus rare, ressemblant à un épithélioma spinocellulaire
que nous étudierons à la suite ;
sclérodermiforme,
ressemblant à une cicatrice, l’extension en
périphérie étant souvent plus importante
qu’il n’y parait initialement. |
Dans
presque tous les cas, l’évolution
se fait vers l’ulcération soit
secondaire d’un épithélioma
basocellulaire plan ou nodulaire, soit, semble-t-il,
d’emblée dans l’ulcus rodens,
pouvant entraîner rapidement de grande
mutilation.
A noter, les formes pagétoïdes, érythémateuses,
tatouées avec hyper pigmentation et les formes multiples.
Le
traitement
Il repose sur l’exérèse chirurgicale assez large,
souvent précédée d’une biopsie, réalisée
par un dermatologue, qui confirme le diagnostic.
En fait, c’est l’expérience et l’analyse minutieuse
des contours qui permettent d’enlever la totalité de la
lésion. Ayant peut être traité près d’un
millier d’épithéliomas, certaines règles d’exérèse
me paraissent importantes :
le
marquage des bords : les bords de la lésion
sont initialement marqués. Fréquemment,
de petits vaisseaux arrivent sur les bords
de cette lésion, et sont visibles
sur quelques millimètres. Il faut
toujours les enlever et tracer un deuxième
cercle périphérique qui les
contourne et les englobe. Enfin, suivant
la localisation, le type d’épithélioma
basocellulaire et l’expérience,
un ou deux millimètres de marge de
sécurité supplémentaire
sont nécessaires ;
la
lésion une fois enlevée doit
toujours être orientée avant
d’être confiée à un
histologiste rompu à la pathologie
cutanée. L’examen histologique
permettra de confirmer le diagnostic et d’affirmer
que la totalité de la lésion
a bien été enlevée
avec une marge de sécurité suffisante.
En définitive, il faut toujours prévenir son patient que
l’exérèse et donc la cicatrice définitive
sera toujours beaucoup plus étendue que le laisse supposer la
taille initiale de la lésion.
Aussi, contrairement à de nombreux auteurs qui soit font analyser
la lésion en extemporanée, pendant l’intervention,
ce qui nécessite la présence d’un médecin
histologiste au bloc opératoire et prend toujours beaucoup de
temps, soit, laisse la perte de substance ouverte et la répare
secondairement, j’effectue toujours une réparation immédiate,
sans examen extemporané et ce, quelque soit le type de reconstruction
envisagé, évitant ainsi une deuxième intervention.
Sur près d’un millier de cas, je n’ai que trois cas
d’exérèse limite, ayant nécessité une
exérèse complémentaire sur la berge concernée à partir
de l’orientation initiale de la pièce. Dans ces trois cas,
l’histologie n’a jamais découvert de tumeur restante.La
chirurgie repose, dans l’immense majorité des cas, sur l’exérèse
fusiforme et la suture simple et immédiate ,
quand la lésion siège sur le corps ou le cou. Ailleurs,
l’utilisation de lambeaux locaux, particulièrement sur la
face s’impose quand l’exérèse-suture
simple est impossible, les greffes et la cicatrisation dirigée
sans fermeture donnant souvent de mauvais résultats esthétiques.
La radiothérapie est réservée au cas très
envahissant (fosses temporales notamment) chez des personnes très âgées
et en état général précaire.
En
conclusion
Cette tumeur est très fréquente (3 par semaine dans ma
pratique quotidienne) et est « bénigne » malgré sa
terminologie cancéreuse.
L’exérèse doit être complète, confirmée
par l’analyse histologique : la guérison est alors définitive.
Seul, le développement dans une autre localisation peut alors
se rencontrer d’où l’importance, en cas d’épithéliomas
basocellulaires, d’une surveillance cutanée tous les six
mois par un dermatologue, afin de dépister des formes débutantes
et de les traiter au début par l’azote liquide. Dans ce
cas, la surveillance doit être rigoureuse et la persistance de
la lésion impose une exérèse chirurgicale.
L’EPITHELIOMA
SPINOCELLULAIRE
Cette
lésion epithéliomateuse, contrairement à l’épithélioma
basocellulaire, peut donner des métastases.
Elle est caractérisée histologiquement par une production
de kératine et surtout par sa prédisposition à survenir
sur des lésions pré épithéliomateuses existantes .
Elles se développent sur peau blanche et particulièrement
après 40 ans, chez des sujets dont l’exposition au soleil
a été forte.
Elle siège, dans la majorité des cas, sur la face et les
mains, compliquant une lésion pré epithéliomateuse
appelée kératose
atypique. Habituellement, il s’agit d’une lésion hémorragique,
reposant sur un socle induré. La forme ulcéreuses et bourgeonnante
est la plus fréquente
.
Il faut connaître la possibilité de
forme muqueuse, notamment sur la lèvre
inférieure, le pénis, la vulve
et l’anus. Il faut savoir différencier
cet épithélioma du kérato
acanthome qui est souvent localisé à la
face et croît très vite, en quelques
semaines, sous la forme d’un nodule dont
le sommet est souvent en creux. Le kératoancanthome,
contrairement au « spino »est bénin
et évolue spontanément vers la
régression cicatricielle.
Le traitement est avant tout chirurgical et large : 1 cm de marge de
sécurité pour les forme débutantes, pouvant aller
jusqu’à 3 ou 5 cm, dans les formes plus évoluées,
surtout dans leur formes muqueuses. Il faut systématiquement rechercher
des adénopathies régionales, particulièrement dans
les formes ulcérées.
En conclusion, le diagnostic est habituellement facile et l’envahissement
ganglionnaire éventuel règle le pronostic.
LES
TUMEURS BENIGNES FREQUENTES
Outre
les naevi, il fait citer :
les
kystes, le plus souvent, sébacés.
Un kyste infecté doit d’abord
faire traiter l’infection. Après
cicatrisation, il est nécessaire
d’enlever, quelques mois après,
tous les débris kystiques profonds,
de manière à éviter
toute récidive ;
le
lipome, extrêmement fréquent,
unique ou multiple, il est au
mieux enlevé, quand il
devient esthétiquement
gênant, par lipoaspiration,
permettant de toujours limiter
l’incision cutanée à moins
de 1 cm, quelque soit le volume
de ce lipome. Cette aspiration
est toujours complétée
par l’exérèse
de son architecture fibreuse,
permettant d’éviter
toute récidive ;
l’histiocytofibrome,
très fréquent, il est
dur et enchâssé dans
la peau. Il est nécessaire
de l’enlever avec une petit
marge de sécurité afin
d’éviter toute récidive
;
le
molluscum pendulum
,
il s’agit d’une petite
lésion pédiculée
qui entre parfois dans le cadre d’une
véritable maladie de Recklinghausen
ou une sclérose tubéreuse
de Bourneville ;
le
xanthélasma, est une
tumeur bénigne développée
préférentiellement
sur les paupières, donnant
des plages jaunâtres, esthétiquement
très gênantes. Pour éviter
les fréquentes récidives,
ma technique impose l’exérèse
de la lésion associée
en profondeur à celle du
muscle orbiculaire, voire des pelotons
graisseux péri orbitaires.
La cicatrice reste souvent inflammatoire.
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Les
autres tumeurs sont beaucoup moins fréquentes
:
la « loupe » du
cuir chevelu, contenant de la kératine
dérivée de la gaine externe
de la racine des cheveux.
pilomatrixome,
dérivé de la matrice
du poil et ayant une forme nodulaire
très dure chez l’enfant
;
les
angiomes, hémangiomes et autres
tumeurs vasculaires ;
et
enfin les neuro fibromes, le plus souvent
dans le cadre d’une maladie de Recklinghausen
dont certaines formes sont très
invalidantes. |
Toute
lésion cutanée douteuse impose
une exérèse biopsie immédiate
car, seule l’examen histologique de la
lésion peut confirmer le diagnostic
de bénignité ou de malignité.
Il faut toujours éviter l’exposition solaire sans protection
chez l’adulte comme chez l’enfant.
Si un grain de beauté est enlevé entièrement, son
ablation, contrairement à certaines idées reçues
très tenaces, ne favorise pas le développement d’un
cancer.
L’exérèse d’une tumeur cutanée, quelque
soit sa taille, impose d’être effectuée dans un milieu
chirurgical, avec des conditions parfaites d’asepsie et un opérateur
entraîné à la chirurgie dermatologique.
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droits réservés - Patrice
Hilligot 2004
Docteur Patrice Hilligot - Chirurgie
esthétique, plastique et reconstructrice
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