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Tous
droits réservés - Patrice
Hilligot 2004
Docteur Patrice Hilligot - Chirurgie
esthétique, plastique et reconstructrice
Tél : 01 47 20 54 52 Fax : 01 47 20 73 24 contact@patrice-hilligot.com |
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LES
BRULURES RECENTES ET LEURS SEQUELLES |
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La brûlure, le plus souvent cutanée, est une nécrose évolutive
engendrée par la chaleur (brûlure thermique), par des agents
chimiques (brûlure chimique), ou par l’électricité (brûlure électrique).
Les brûlures thermiques sont les plus fréquentes et nous
insisterons sur les accidents domestiques qui sont d’une extrême
fréquence notamment chez l’enfant et qui doivent être évitées.
Devant une brûlure, trois éléments doivent être
d’emblée appréciés : sa profondeur, sa surface
et l’age du patient. Ces paramètres sont fondamentaux dans
l’appréciation du pronostic vital et module les indications
thérapeutiques en urgence.
La réanimation doit être entreprise très rapidement,
même pour les brûlures qui semblent superficielles et peu étendues,
notamment chez l’enfant, car la l’hypovolémie survient
très rapidement.
Une brûlure s’infecte toujours à partir des germes
de la peau. Mais, cette infection doit rester localisée, la généralisation
en septicémie devant toujours être prévenue.
Une brûlure superficielle cicatrice spontanément en 21 jours,
quelque soit le traitement local utilisé. Une brûlure qui
n’est pas cicatrisée à l’issue des 21 jours,
correspond à une brûlure profonde pour laquelle trois attitudes
sont théoriquement possibles, qui dépendent de la surface » brûlée
et de l’état du patient :
l’excision-greffe
précoce avant le 5ème jour ;
la
greffe plus tardive mais avant le 21ème jour
;
la
cicatrisation dirigée par pansement gras.
La chirurgie des séquelles de brûlures ne peut être
envisagée qu’après un traitement médical prolongé d’au
moins un an.
LA
PROFONDEUR, LA SURFACE ET L’AGE
Ce
sont les trois éléments essentiels
du pronostic vital.
La
profondeur de la brûlure
Pour
une surface égale, une brûlure est d’autant
plus grave qu’elle est profonde tant sur le
plan général immédiat, mettant
en jeu le pronostic vital, que sur le plan fonctionnel
plus tardif, source de séquelles esthétiques
cutanées et de brides cicatricielles sur les
peau mobiles, notamment en regard des articulations.
On
distingue trois degrés de profondeur :
la brûlure superficielle : elle
atteint seulement la couche superficielle de
l’épiderme,. Elle correspond à une
rougeur (érythème), douloureuse
et sans phlyctène (vésicule superficielle).
La cicatrisation est obtenue spontanément
en moins d’une semaine quelque soit le
traitement local, le plus approprié étant
l’application de vaseline ou de Biafine
associée à une protection solaire
jusqu’à la restitutio ad integrum
;
La brûlure du deuxième degré : elle
atteint le derme cutané, derme superficiel
pour le deuxième degré superficiel
qui laisse intacte la partie profonde de la couche
basale, et le derme profond pour le deuxième
degré profond qui laisse seulement intactes
quelques cellules épidermiques situées à la
partie profonde des poils et des glandes sudoripares.
On retrouve le plus souvent une phlyctène
dont l’intérieur est rouge et sensible
pour le deuxième degré superficiel,
plus blanchâtre et modérément
sensible dans le deuxième degré profond.
Le diagnostic exact de profondeur est en fait assez
difficile mais important car le superficiel cicatrise
spontanément sans séquelle cicatricielle
en deux semaines, alors que le profond peut mettre
jusqu’à 3 semaines voire s’infecter
et passer à un degré de brûlure
profonde, laissant alors des cicatrices définitives.
la brûlure
du troisième degré : atteint
l’hypoderme et correspond à une peau
blanche, voire marron ou noire (carbonisation)
sans phlyctène et complètement insensible.
Le diagnostic par incision superficielle au bistouri
en est facile.
Le réseau veineux sous cutané est le plus souvent coagulé.
La cicatrisation spontanée
est impossible. Il faudra enlever cette peau brûlée soit
immédiatement, c’est l’excision greffe précoce,
soit plus tardivement une ou deux semaines après suivant les écoles
et l’état général du brûlé, en
fonction également de l’existence ou non d’une brûlure
bronchique par inhalation de flamme d’un pronostic très
fâcheux. L’excision greffe consiste à enlever tangentiellement
la peau brûlée au dermatome qui est une sorte de rasoir à manche
ou au bistouri. De la peau saine est alors prélevée également
au dermatome, souvent de très fine épaisseur (30/100 mm)
sauf pour le visage et la face dorsale des mains. Elle est en peau pleine
ou en peau expansée, c'est-à-dire perforée à la
manière des mailles d’un filet, de sorte à multiplier
sa surface couvrante.
Cette greffe est recouverte d’une compresse grasse imbibée
de corticoïdes et agrafée selon une technique originale,
notamment sur les mains.
Dans d’autres cas, la brûlure est traitée par pansement
quotidien et détersion simple quand sa superficie est modérée,
puis greffée lorsque le sous sol est prêt à suffisamment
bourgeonnant et non infecté.
Des traitements importants et associés doivent être distingués
: les incisions de décharge qui sont de simples incisions réalisées
dans l’axe du membre ou sur le thorax, en urgence, traversant en
profondeur l’hypoderme et allant même jusqu’à ouvrir
les aponévroses musculaires. Elles permettent de restaurer le
flux vasculaire dans les brûlures circulaires des membres et des
doigts, mais aussi du cou, et du thorax. La carbonisation, notamment
sur les segments de membres, doit faire envisager des amputations, en
urgence, dont tout le problème est d’en distinguer le niveau
exact.
La culture cellulaire, les substituts dermiques, les homos et les hétéros
greffes, ont une place restreinte sauf lorsque la surface brûlée
dépasse 50% de la surface corporelle avec au moins 50% de brûlure
profonde, ce qui reste, fort heureusement, très peu fréquent.
L’étendue
de la surface brûlée
Elle
est appréciée en pourcentage de la surface corporelle
par la règle des 9 de Wallace : 9% pour la tête, 9%
pour chaque membre supérieur en totalité, 18% pour
chaque membre inférieur en totalité, 18% pour la face
antérieure du tronc, 18% pour la face postérieure du
tronc, 1% pour les organes génitaux externes. Chez l’enfant,
les surfaces respectives sont identiques sauf pour la tête
qui correspond à 9% de plus que l’adulte, ces 9% étant
minorés sur les membres inférieurs. Attention, le pronostic
vital est mis en jeu à partir de 15% de surface brûlée
chez l’adulte et 10% seulement, chez l’enfant de moins
de 2 ans. Cette brûlure est considérée comme étendue
et le brûlé doit être hospitalisé en centre
spécialisé, perfusé et réanimé afin
de prévenir :
l’hypovolémie
par œdème loco régional
et exsudation a travers la brûlure
;
l’hypercatabolisme,
classiquement par hyper sécrétion
de catécholamine ;
l’infection
locale de la peau brûlée qui
est obligatoire mais qui ne doit pas se généraliser
;
les
troubles thrombo emboliques prévenus
par les anticoagulants ;
et
enfin, les hémorragies digestives
par les traitements anti sécrétoires. |
L’age
du patient
C’est
le troisième élément
qui permet de d’émettre un pronostic.
La règle de mon maître Serge
Baux reste de mise : il faut ajouter l’âge
du brûlé au pourcentage de surface
brûlée. Si cette somme est inférieure à 50,
les chances de survie sont de 100 pour 100.
Si cette somme est supérieure à 100,
les chances de survie sont inférieures à 10%
voire quasiment nulles. Entre les deux, les
chances décroissent progressivement.
La cotation en USB prend en compte le pourcentage de surface brûlée
et la profondeur. La somme du pourcentage de surface brûlée
et du triple du pourcentage de surface brûlée au 3ème
degré est égale au nombre d’USB. Quand ce nombre
est supérieur à 100, le pronostic vital est en jeu, mais
l’age intervient aussi beaucoup, de même que l’état
général et physiologique du patient ainsi que l’importance
des lésions traumatiques associées. Certaines localisations
et certains types de brûlures imposent des traitements particuliers
:
la
brûlure du périnée,
une dérivation digestive en urgence
;
la
brûlure des mains, excision greffe
précoce même pour des brûlures
intermédiaires associées, à mon
sens, à une mobilisation immédiate
;
la
brûlure des paupières et des lèvres
qui présentent des traitements particuliers
;
la
brûlure de la face, le traitement éventuel
de complications respiratoires, soit par
œdème pharyngo-laryngé, soit par brûlure bronchique
par inhalation d’une flamme ;
la brûlure électrique,
un débridement précoce vers le 3ème jour du
point d’entrée ;
la brûlure
circulaire profonde, des incisions de décharge des aponévroses
musculaires; |
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LES
SEQUELLES DE BRULURES |
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LE
TRAITEMENT PHYSIOTHERAPIQUE
Dès la cicatrisation obtenue, la peau brûlée doit être
traitée pour assurer une maturation cicatricielle avec diminution
de séquelles esthétiques et fonctionnelles :
esthétique
:
il s’agit de l’aspect des cicatrices qui peuvent être
hyper ou hypo pigmentées, ou bien épaissies, hypertrophiques,
voire chéloïdiennes.
fonctionnelles
:
Il s’agit du caractère rétractile de ces cicatrices
causant des brides sur les peaux mobiles autour des articulations, sur
les doigts, le cou, et des orifices naturels.. La
physiothérapie comporte trois volets :
les
vêtements compressifs sur mesure, portés
jour et nuit de façon précoce et
prolongée ;
les
cures thermales avec douches filiformes et projection
d’eau deux fois par an pendant plusieurs
années ;
la
kinésithérapie active et les massages.
Au terme d’un an, le traitement chirurgical de certaines séquelles
est envisageable selon le désir et l’état du patient
brûlé dont la psychologie est très difficile à intégrer.
Une demande du patient ne doit jamais être refusée, même
si elle semble mineure par rapport aux autres séquelles corporelles.
Le patient décide, le chirurgien oriente, conseille et exécute.
L’EXPANSION
TISSULAIRE
Son but est d’augmenter le capital de peau saine et remplacer la
peau brûlée.
La technique est simple, mais sa réalisation très minutieuse.
Sous la peau saine, qui entoure un placard de peau brûlée
que l’on doit enlever, on introduit une prothèse d’expansion
tissulaire qui, sera gonflée progressivement de sérum physiologique
par incision transcutanée à l’aiguille, dans une
valve incorporée à la prothèse ou séparée
d’elle par un raccord (valve à distance).
Les injections sont commencées trois semaines après l’implantation
et sont habituellement hebdomadaires.
La durée du gonflage est en moyenne de 8 à 15 injections.
Lors du 2ème temps opératoire, la prothèse est retirée,
la peau brûlée excisée et le lambeau de peau saine
expansée et en excès rabattu, on dit « redrapé »,
sur la surface à recouvrir (ou perte de substance). La suture
est très minutieuse suivant une technique originale qui est décrite
dans le chapitre des cicatrices.
Les résultats sont souvent excellents mais la procédure
est longue.
LES
BRIDES
Elles
se forment à proximité des articulations,
sur peau mobile, parfois même quand tout
est fait pour les éviter, et correspondent
toujours à un déficit cutané :
il ne faut donc pas, sauf exception, telle le lambeau
cervical en « petit bateau » de Jean
Michel KIRSCH, enlever de peau. Les brides sont
sectionnées transversalement en plein tissu
rétractile et la zone est complètement
débridée, très profondément,
découvrant une perte de substance cutanée
souvent considérable. De la peau saine alentour
est transposée sur ces zones par l’intermédiaire
de lambeaux tissulaires en Z, hissés, en
trident ou Colson. En cas d’absence de peau
saine, ces zones de perte de substance sont greffées.
La kinésithérapie post opératoire
est toujours précoce, intense et prolongée,
afin d’éviter les récidives.
Sous l’effet de la pesanteur, les tissus situés sous la
peau ont tendance à ptoser, à s’affaisser. Sans doute
un peu plus qu’en peau saine. La chirurgie des séquelles
de brûlure est certes fonctionnelle, mais la demande est également
de plus en plus esthétique. La qualité de la peau étant
difficile à améliorer quand la brûlure est étendue,
l’harmonie des contours du corps et du visage prend de plus en
plus d’importance. A mon sens, il est possible de remodeler un
cou et un ovale du visage brûlé par lifting prudent, car
classiquement, le décollement d’une peau brûlée
est formellement contre indiqué.
Le système musculo aponévrotique superficiel, situé sous
la peau du visage et du cou, est remis en tension selon une technique
personnelle, par utilisation de plaques synthétiques, le plus
souvent non résorbables.
Il peut également exister un excès de peau brûlée
sur l’abdomen, et sur les flancs. Une exérèse peut
alors être indiquée
LE
LASER
Dans certains cas, la vaporisation superficielle de la peau brûlée
par le laser CO2 pulsé, permet une amélioration de l’aspect
de la peau : les ridules peuvent disparaître, et la peau peut gagner
une certaine tonicité. L’effet sur la couleur est moins
probant. Ce laser doit néanmoins rester extrêmement prudent.
Il
faut insister sur la prévention des
brûlures domestiques chez l’enfant
et du syndrome face-main devant le barbecue.
Le traitement immédiat est la réanimation à partir
de 10% de peau brûlée chez l’enfant de moins de 2
ans. L’âge, l’étendue et le pourcentage de surface
brûlée, particulièrement au 3ème degré,
sont les facteurs pronostics principaux.
La greffe doit être envisagée quand une brûlure n’est
pas cicatrisée après trois semaines d’évolution
spontanée.
Le traitement des séquelles nécessite une formation chirurgicale
très spécialisée tant sur le plan technique que
sur le plan psychologique et ne peut être envisagée qu’après
un an d’évolution. Le sens esthétique du chirurgien
associé à l’habilité de certains tatoueurs
et maquilleurs, autorisent maintenant des transformations autant esthétiques
que fonctionnelles.
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Tous
droits réservés - Patrice
Hilligot 2004
Docteur Patrice Hilligot - Chirurgie
esthétique, plastique et reconstructrice
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