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Tous
droits réservés - Patrice Hilligot 2004
Docteur Patrice Hilligot - Chirurgie esthétique, plastique
et reconstructrice
Tél : 01 47 20 54 52 Fax : 01 47 20 73 24 contact@patrice-hilligot.com |
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L'HYPOTROPHIE
MAMMAIRE (PROTHESE) |
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DEFINITION
L’hypotrophie
mammaire est un volume trop faible des seins qui, gênant psychologiquement,
va nécessiter une intervention d’augmentation mammaire par
prothèses. Dans certains cas cette hypotrophie confine à l’aplasie
complète avec absence de glande mammaire.
Chez les très jeunes filles, les facteurs psychologique sont prépondérants
et notamment, connaissant l’extrême valeur symbolique du
sein chez la femme, les problèmes du vécu par rapport à la
mère et les troubles de l’identité et de la construction
du moi.
L’écoute par le chirurgien des motivations de la jeune patiente,
mais aussi des éléments apportés par la mère
et volontiers par le père, est fondamentale. La réflexion
et un délai de maturation décisionnel entre la première
consultation et l’intervention, est obligatoire et suffisamment
long (6 mois).
Pour les femmes plus âgées, la motivation est souvent évidente
et il est exceptionnel, qu’en l’absence de complications
et respectant un parfait contrat avec son chirurgien, une patiente opérée
en vienne à désirer l’ablation de ses prothèses.
La satisfaction est souvent excellente avec une acceptation rapide du
nouveau schéma corporel
L’unique solution pour traiter des seins peu volumineux ou aplasiques
est la pose de prothèses mammaires.
LES
PROTHESES
Une
prothèse mammaire est constituée d’une enveloppe
en élastomère de silicone contenant soit du sérum
physiologique, soit du gel de silicone.
Actuellement, l’immense majorité des prothèses posées,
sont remplies de gel de silicone, car cette substance permet un meilleur
résultat, tant sur l’aspect visuel qu’à la
palpation du sein.
Il y a encore quelques années, ces prothèses remplies de
gel étaient interdites en France. De nombreuses études
ont confirmé l’innocuité du gel de silicone introduit
dans le corps humain, la silice étant d’ailleurs un de ses
nombreux constituants organiques.
D’autre part, une nouvelle génération de prothèses
est apparue. Ces prothèses ont une enveloppe épaisse, résistante,
interdisant tout passage du gel vers l’extérieur par perspiration.
L’enveloppe est également extrêmement résistante
aux traumatismes. Il est possible d’étendre expérimentalement
jusqu’à 9 fois ½ la longueur initiale d’une
prothèse avant qu’elle se rompe. Le gel, introduit dans
cette enveloppe, est très cohésif. Expérimentalement,
après section en deux d’une prothèse, ce gel, très
cohésif reste en place, sans se répandre autour de la brèche.
A l’inverse, le gel très liquide des prothèses d’ancienne
génération se répandait, après rupture, dans
les muscles et les tissus environnants.
Les prothèses actuelles sont extrêmement variées
en volume et en forme. Elles peuvent être rondes ou bien anatomiques,
en forme de sein, avec des projections très variables. Ceci permet
de choisir exactement la prothèse qui convient au thorax et au
désir de chaque patiente.
LES
COMPLICATIONS
Le
résultat du traitement de l’hypotrophie mammaire est
le plus souvent excellent, à condition d’une parfaite
compréhension entre la patiente et son chirurgien, et d’une
parfaite acceptation par la patiente des complications post opératoires
toujours susceptibles de survenir, même si elles restent rares.
Ces complications sont, avant tout, de deux ordres : le dégonflement
par rupture, et le phénomène de coque.
Le
dégonflement
L’enveloppe
d’une prothèse étant extrêmement solide,
sa rupture se produit exceptionnellement lors d’un traumatisme,
autorisant notamment la pratique de tout type d’activité sportive.
C’est dire l’importance d’utiliser des prothèses
d’excellente qualité, testées, contrôlées
et homologuées. Le plus souvent, le dégonflement fait
suite à un phénomène d’usure. Deux bords
de l’enveloppe frottent l’un contre l’autre au
niveau d’un pli et s’usent progressivement lors des mouvements
répétés des membres supérieurs. Il est
possible d’éviter les plis en posant la prothèse
dans une loge de dissection très large, restreignant la compression
des tissus environnants. Le taux de dégonflement est difficile à préciser
exactement. Certaines études récentes parlent d’un
taux de 5%. Il semble, que ce taux soit supérieur et augmente
avec le temps qui favorise l’usure. Il sera plus facile de
donner un pourcentage plus précis dans dix ans. A savoir,
néanmoins que le diagnostic de rupture est le plus souvent
fait sur une mammographie post opératoire, pratiquée
régulièrement par un radiologue averti et entraîné aux
radiologies sur seins prothétiques. Plus rarement, il s’agit
de signes cliniques, une légère douleur ou une petite
tuméfaction perceptible à la palpation, permettant
le diagnostic et imposant de changer la prothèse. Dans ce
cas, la loge prothétique étant déjà créée,
l’acte opératoire est facilité. L’anesthésie
générale est parfois inutile et l’hospitalisation
d’une journée suffit.
Le
phénomène de « coque »
Autour
d’une prothèse mammaire, comme d’ailleurs autour
de tout type de prothèse introduite dans un organisme vivant
(genou , hanche …), se forme une membrane péri prothétique,
fibreuse, habituellement très fine, souple, d’environ
1 mm d’épaisseur. Cette membrane est nacrée,
luisante, nervurées par de fins vaisseaux. Dans certaines
conditions, cette membrane s’épaissie, se durcit, se
contracte, formant alors une coque, le sein étant plus ferme à la
palpation, et parfois d’un seul côté, sans modification
de l’aspect esthétique. Il s’agit du stade II
de la classification de Baker et aucun traitement n’est nécessaire
ni même demandé par la patiente tant la gêne est
pratiquement inexistante.
Très rarement, cette membrane péri prothétique s’épaissit
encore, voire ce calcifie, pouvant déformer le sein et le rendre
douloureux. Il s’agit des stades III et IV de Baker, nécessitant
toujours une réintervention.
Dans l’immense majorité des cas, cette complication peut être évitée
en prenant les précautions suivantes :
utilisation
d’une prothèse dont la face externe de l’enveloppe
est, non pas lisse, mais texturée, c'est-à-dire
légèrement granuleuse, cette texture semble
réduire de façon importante le pourcentage
de coques par désorganisation de l’orientation
des fibres collagènes de la membrane péri
prothétique en formation ;
la
prothèse doit être
posée en arrière
du muscle grand pectoral, la
mobilisation de ce muscle, lors
de chaque mouvement
du membre supérieur, réduisant
la formation de coque par pression
sur la prothèse. Certaines études
montrent une diminution de 28 à 5%
du taux de formation de coque,
quand la prothèse est posée
non pas en avant mais en arrière
du muscle grand pectoral ;
le
drainage de la loge doit être
systématique, effectué par
un drain aspiratif sortant par la
région axillaire, qui évacue
toutes les sérosités
post opératoires observées
autour de la prothèse, et à l’origine
de la formation fibreuse extensive.
Ce drainage doit être laissé en
place jusqu’à l’obtention
de moins 25 ml de sérosité par
24 heures, autorisant alors la sortie
de la clinique ;
l’administration
per opératoire d’antibiotiques
est également systématique
ainsi que l’implantation douce
et atraumatique de la prothèse,
avec pour certains auteurs, l’interdiction
formelle de toucher directement cette
prothèse avec les gants, même
sans talc.
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Toutes ces précautions étant prises, le taux de formation
de coque est extrêmement faible, notamment lorsque le volume de
la prothèse est réellement adapté à la morphologie
de la patiente. Il me semble qu’il ne faut jamais « contraindre » la
nature et la pose de prothèses trop volumineuses, surtout en cas
d’hypertrophie majeure constitue, à mon sens, un facteur
extrêmement favorable à l’apparition de coque.
Au total, ce qui peut se rencontrer, c’est un sein un peu plus
ferme d’un côté par rapport à l’autre
mais , sans déformation et sans douleur, et en définitive,peu
gênant et très bien accepté.
Les
complications d’ordre général sont à éviter
par un interrogatoire minutieux et par un bilan complet, clinique,
biologique et cardiaque. Une consultation d’anesthésie
précède légalement l’intervention d’au
moins 3 jours.
Il faut bien faire comprendre qu’il s’agit d’une « véritable » intervention,
certes d’ordre esthétique, mais imposant de minimiser les
risques, aucune association à une autre intervention, n’étant
envisageable lors du même temps opératoire.
LES
RAFFINEMENTS TECHNIQUES PERSONNELS
Trop
souvent, l’hypotrophie mammaire est encore uniquement synonyme
d’augmentation du volume du sein : mise en place d’une
prothèse ronde, centrée sur l’aréole juste
sous la peau et sous la mince couche glandulaire. Vite fait certes,
mais, bien fait et bonjour les coques au bout d’un an !
Nous disposons maintenant de prothèses de forme et de volume très
variés, qui permettent, certes d’augmenter le volume, mais
aussi de modifier la forme du sein. Voici les deux points essentiels
: le volume et la forme du sein. Que veut exactement notre patiente ?
Son désir est-il réalisable et raisonnable, adapté à sa
poitrine préexistante mais aussi à la forme de son thorax
?
Cette étude est trop souvent encore simplifiée par le chirurgien
: « Je sais ce qu’il vous faut » et par la mise en
place, dans le soutien gorge, d’une prothèse mammaire d’essai
externe, qui rend bien sous le pull !
A mon sens, il faut étudier des raffinements techniques permettant
d’améliorer les résultats esthétiques, les
rendant plus naturels et mieux adaptés à la morphologie
et au désir de chaque femme. Les
bases d’anatomie artistique, ont déjà été exposées
en détail dans l’introduction de la chirurgie esthétique
des seins, en voici un bref rappel.
J’ai défini une distance appelée :
l’hémi
base thoracique antérieure :
mesurée
entre la ligne médio sternale en dedans et
le bord interne du bras en dehors ;
égale
en moyenne à 16,5 cm chez la femme.
De l’hémi base thoracique antérieure découlent
3 segments :
segment
I (souligné noir), égal à 16,5
cm plus 1, 2 voire 3 cm, suivant le volume
et la projection antérieure du sein.
segment
II (souligné noir), égal à la
moitié de l’hémi base thoracique
antérieure et du segment I, soit en
moyenne 8,25 cm.
segment
III ‘souligné noir), égal
de 1/3 à la moitié de l’hémi
base thoracique antérieure, soit 5,5
cm, plus 1, 2 voire 3 cm suivant le volume
du sein et sa projection antérieure. |
Ainsi,
je mesure précisément les bases morphologiques
thoraciques et mammaires de chacune de mes patientes,
afin de leur montrer leurs variations individuelles
par rapport au sein « idéal ».
En cas d’hypotrophie mammaire, on retrouve souvent les anomalies
suivantes :
segment
I, souvent assez proche de la normale soit
la même valeur que l’hémi
base thoracique antérieure, parfois
un peu moins ;
surtout
segment III trop petit, donc inférieur à 1/3
de l’hémi base thoracique
antérieure ;
enfin, « un
coup de hache externe » , correspondant à un
creux, situé sous l’aisselle,
au bord inférieur du grand pectoral. |
Le
but du traitement d’une hypotrophie mammaire
est donc souvent double : augmenter le volume et
modifier la forme du sein :
par
allongement du segment III, ce qui correspondant à abaisser
le niveau du sillon sous mammaire de manière
variable, en fonction du désir de
chaque patiente et du caractère plus
ou moins marqué de ce sillon ;
par élargissement
latéral du sein qui comble « le
coup de hache externe ». Cet élargissement
est toujours en sous musculaire suivant
une technique personnelle, en passant
sous les muscles latéraux du
thorax. |
Tout
ceci est modulé par la position initiale de
la plaque aréolo mamelonnaire : soit très
en dedans (segment II court, inférieur à 8
cm), soit très en dehors (segment II long,
supérieur à 10 cm), imposant la pose
d’une prothèse plus ou moins large,
positionnée plus ou moins en dedans, le désir
ou non d’un décolleté pigeonnant
intervenant également. Ce type de décolleté est
parfois irréalisable, quand la plaque aréolo
mamelonnaire est très excentrée, et
que l’augmentation désiré du
volume du sein est habituelle.
Pour toutes ces raisons techniques et morphologiques, je demande souvent à mes
patientes de me fournir, lors de la 2ème consultation avant l’intervention,
3 photos différentes et interprétables de leur « idéal » mammaire.
Ces photos me permettent d’évaluer le volume et la forme
de sein désirés, (bombement ou non du segment I, décolleté pigeonnant
ou non, taille du segment III), de vérifier la parfaite concordance
de volume et de forme entre les 3 photos, et enfin, d’en apprécier
la faisabilité. Chaque point doit être discuté et
compris.
Une sorte de contrat s’établit alors, qui complique certes
l’acte chirurgical, mais permet une acceptation rapide et ravie,
par la patiente, de son nouveau schéma corporel post opératoire
Elle imagine avant l’intervention sa future poitrine, ce qui est éminemment
rassurant.
Rarement, certaines patientes préfèrent me laisser libre
choix du volume et de la forme.
L’HYPOTROPHIE
MAMMAIRE ET LA PTOSE ASSOCIEE
Parfois,
le sein est hypotrophique et ptotique, c'est-à-dire,
petit et affaissé par déficience des
ligaments de Cooper qui maintiennent la peau et des
canaux galactophoriques.
Schématiquement, 2 cas peuvent se présenter :
L’affaissement est modéré :
la simple pose de prothèses sans exérèse
cutanée va donner l’impression que le
sein « remonte » (surtout si le sillon
sous mammaire est légèrement abaissé).
Mais, ce résultat est souvent transitoire, car une peau qui s’affaisse,
s’affaissera, d’autant plus vite que ses structures de maintien
sont fragilisées et que le poids du sein est augmenté à cause
de la prothèse. Le résultat à terme est donc parfois
décevant. Cette étude est détaillée dans
le chapitre sur la ptose mammaire.
L’affaissement est important : l’attitude
logique est d’augmenter le volume du sein,
de le « remplir » par une prothèse,
et d’enlever l’excédent cutané,
selon une cicatrice similaire à celle effectuée
lors de l’intervention de réduction
mammaire pour hypertrophie. Mais attention, dans
ce cas également, le résultat à long
terme peut être décevant, si les structures
de maintien de la peau sont très détériorées.
En définitive, il faut parfaitement apprécier
les possibilités de résistance de la
peau, en prévenir la patiente et l’orienter.
A mon sens, il est souvent préférable d’avoir des
seins de volume moyen, mais bien en place, plutôt que des seins
plus volumineux, mais à rapidement affaissés après
l’intervention.
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LE
DEROULEMENT DE L'INTERVENTION |
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LE
BILAN PREOPERATOIRE
Deux consultations pré opératoires auprès du chirurgien
sont nécessaires, la seconde complétant la première.
L’examen clinique complet note tous les antécédents
médicaux et chirurgicaux, les tares, les allergies, les prise
médicamenteuses.
Le bilan biologique pré opératoire est systématique
et notamment les bilans lipidique – à la recherche d’anomalies
des taux de triglycérides, cholestérol total et de ses
fractions – et –
La consultation de cardiologie avec électrocardiogramme et au
moindre doute échographie cardiaque est systématique car
la découverte de petites anomalies, à surveiller ultérieurement,
n’est pas rare.
La prescription de veino toniques pendant 8 jours, avant et après
l’intervention me semble souvent judicieuse.
La mammographie est systématique associée, au besoin, à une échographie
mammaire.
La consultation d’anesthésie est obligatoire et précédant
d’au moins 3 jours l’intervention.
L’anxiété est habituelle avant toute intervention,
la prescription d’un anxiolytique à faible dose, pendant
5 jours avant l’intervention est parfois nécessaire.
De nombreux documents légaux doivent lus et signés par
chaque patiente : consentement éclairé, devis.
Enfin, il faut vérifier l’absence de prise de médicament
contenant de l’aspirine car ils entraînent toujours un saignement
per et post opératoire accrue.
LA
VEILLE DE L’INTERVENTION
Lavage
complet du corps et shampooing.
Désinfection des aisselles et du thorax à la bétadine
par une infirmière du service.
Prise éventuelle d’un anxiolytique.
Ne rien boire, ne rien manger, ne pas fumer après minuit. Une
patiente qui n’est pas parfaitement à jeun ne peut être
opérée le lendemain matin.
Prescription d’anticoagulants, type hémoglobine de bas poids
moléculaire en sous cutané,
à la posologie de 0,2 ou 0,3 ml suivant le poids de la patiente, pour éviter
les phlébites et ses complications, certes rares dans ce type d’intervention,
mais étant toujours possibles.. Il faut en connaître les facteurs
favorisants qui font moduler les indications : obésité, age, diabète,
prise de contraceptifs oraux, qu’il est toujours préférable
d’arrêter un mois avant l’intervention, intoxication tabagique,
le risque devenant important à partir d’un paquet par jour pendant
20 ans, varices des membres inférieurs, antécédents de phlébites
personnels et familiaux, troubles de la coagulation connus.
Dans certains cas, des bas de contention seront portés pendant
10 jours avant, pendant et après l’intervention, jusqu’à la
sortie.
L’INTERVENTION
Elle est toujours menée sous anesthésie générale
et dure environ 1 h 30 à 2 heures.
La position opératoire est assise, bras le long du corps, en protégeant
minutieusement tous les points d’appui et de compression (coudes,
poignets, mains, mollets, talons).
Les photos définitives sont prises au bloc opératoire,
en position debout. Les premières photos ont été prises
lors de la seconde consultation pré opératoire. La numérisation
et l’informatisation permettent un classement efficace de ces photos
et leur impression rapide. Chaque dossier photographique est étudié la
veille de l’intervention, et un plan opératoire minutieusement élaboré et
qui sera, à mon sens, dans quelques années, prévu
informatiquement.
Enfin, il est essentiel, pour juger les résultats, de disposer
d’au moins trois photos avant (face, profil et trois quart), et
trois photos après prises sous les mêmes angles, à la
même distance et avec le même objectif.
Les résultats sur deux photos (une avant et une après)
me paraissent aussi trompeurs voire malhonnêtes que des retouches
photographiques.
Les
dessins pré opératoires
Ils
sont effectués au bloc opératoire,
juste avant l’intervention, avec minutie, en
utilisant un marqueur cutané à pointe
fine et à encre indélébile.
On note avec précision la position de l’ancien
sillon sous mammaire et sa future position, le plus
souvent abaissée. La base de la prothèse
est dessinée sur la peau précisant
ses limites internes et externes, de manière
précise.
La
technique opératoire
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L’incision
cutanée
Le plus souvent l’incision est hémi aréolaire
inférieure. Une technique personnelle de fermeture permet
d’éviter au maximum l’élargissement
cicatriciel secondaire et permet d’obtenir une cicatrice
presque invisible.
Si le volume du sein souhaité est trop important, ou bien,
si l’aréole de la patiente est trop petite, il faut
prévoir, une autre incision différente qui est
située dans l’aisselle.
Cette incision axillaire est peu visible mais complique la réalisation
de l’abaissement du sillon sous mammaire et la latéralisation
de la prothèse en sous musculaire. Afin de permettre une
coagulation parfaite de tous les vaisseaux, j’associe parfois
2 types d’incisions : axillaire et hémi mamelonaire
inférieur, autorisant également le traitement d’une
hypertrophie ou d’une ptose mamelonnaire associées.
Les autres incisions, notamment dans le sillon sous mammaire
ou ombilical, me semblent complètement inadapté.
L’incision glandulaire
L’hémostase de cette tranche de section doit être
très minutieuse ;
L’incision musculaire,
suivant le sens des fibres, permet
de se retrouver en arrière
du muscle grand pectoral. Depuis
peu, j’effectue une incision
au bord inférieur du muscle
grand pectoral, les suites opératoires
me semblant moins douloureuses et
le galbe du segment III plus harmonieux.
La dissection de la loge rétro
pectorale . Cette loge est rétro
musculaire, en dedans, en dehors,
et en haut. En revanche, en bas elle
est le plus souvent sous cutanée,
surtout si le sillon sous mammaire
est très marqué.
L’hémostase :
elle est très méticuleuse.
Le drainage : par un drain
aspiratif placé de chaque
côté et sortant par
l’aisselle.
Le choix définitif de la prothèse : après
vérification directe des mesures interne de la loge.
Mise en place de la prothèse (souligné noir) :
de façon minutieuse, en bonne position.
Antibiothérapie : en
flash per opératoire systématique
et dans certains protocoles, suivie
pendant les 48 premières heures.
Vérification de la
symétrie des 2 seins.
Fermeture de chaque plan,
musculaire, glandulaire et cutané.
Pansement par compresses grasses
imprégnées de corticoïdes
compressif vers le bas.
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LES
SOINS POST OPERATOIRES
A
la clinique
Antalgiques
prescrits systématiquement. Cette intervention
est considérée comme douloureuse quand
les prothèses sont posées en arrière
du muscle grand pectoral. Il s’agit en fait
d’une douleur ressemblant à celle d’une
déchirure musculaire, bien connue des sportifs,
mais qui est atténuée par l’infiltration,
en début d’intervention, de xylocaïne
adrénalinée dans les espaces intercostaux,
surtout latéraux, interne et externe, et par
la prescription systématique pendant les 48
premières heures d’antalgiques majeurs,
parfois perfusés à la seringue électrique.
Le franchissement du grand pectoral à son
bord inférieur réduit également
la douleurs post opératoire.
Surveillance pendant au moins 2 heures en salle de réveil, prés
du bloc opératoire par un personnel compétent, puis, après
le retour en chambre, par une infirmière diplômée
d’état.
Premier levé dès le lendemain matin afin d’éviter
les phlébites.
Reprise des médicaments habituellement prescrits, notamment anxiolytiques
ou antidépresseurs, dès le lendemain matin, après
avis médical du chirurgien ou de l’anesthésiste.
Les anticoagulants, s’ils ont été prescrits, sont
poursuivis jusqu’à la sortie.
La sortie a lieu vers le deuxième ou troisième jour, quand
les drainages aspiratifs ne produisent pas plus de 30 ml par 24 heures.
C’est le drainage qui dicte le jour de la sortie.
Premier pansement au 2ème jour après l’intervention.
L’ablation des drains est effectuée de manière indolore.
A
la maison
Désinfection
bétadinée et pansement quotidien par
une infirmière à domicile pendaqnt
8 jours.Port
d’une brassière compressive de sport
commandée avant l’intervention et portée
dès la sortie, pendant un trois semaines,
nuit et jour.
Antalgique type paracétamol pendant les 7 jours qui suivent l’intervention.
Desserrage des agrafes dès le 5ème jour et ablation de
celles-ci au 7ème jour après l’intervention.
La convalescence dure 15 jours et l’arrêt du sport de 45
jours.
L’activité est reprise doucement et prudemment, tout mouvement
douloureux devant être immédiatement interrompu.
Quand les phénomènes douloureux ont totalement disparus,
des massages sont nécessaires :
superficiels,
mobilisant en cercle la peau sur la face antérieure
de la prothèse ;
profonds,
en empaumant le sein, et en mobilisant sa face profonde
sur le muscle grand pectoral.
Ces massages me semblent permettre l’obtention d’un sein
d’une souplesse idéale.
L’EVOLUTION
POST OPERATOIRE HABITUELLE
La
cicatrice
Elle
est le plus souvent située sur l’hémi
aréole inférieure, formant, au début,
un bourrelet disgracieux, qui permet d’éviter
l’élargissement secondaire. Ce bourrelet
s’aplatit progressivement en un mois.
L’œdème global de la poitrine disparaît également
en un mois. Il n’y a habituellement pas d’ecchymoses.
Le sein se place vers la fin du 2ème mois, mais son aspect définitif
ne peut être jugé qu’un an après l’intervention.
La souplesse des seins s’améliore jusqu’à la
fin du 6ème mois, les massages superficiels et profonds étant
indiqués précocement
Des crèmes sont fréquemment appliquées sur la cicatrice,
quelle soit aréolaire ou axillaire, suivant des protocoles précis.
Une pommade de gel de silicone est également systématiquement
appliquée sur chaque aréole, pendant les 6 mois qui suivent
l’intervention. Ce gel accélère de manière
empirique la maturation et la qualité de la cicatrice. Il est
important d’insister qu’une cicatrice n’est jamais
complètement invisible. Un léger élargissement peut
toujours être corrigé par un tatouage de l’aréole
dont le résultat est souvent magnifique.
La
sensibilité aréolo mamelonaire
Souvent
diminuée, mais parfois exacerbée en
post opératoire immédiat, elle se normalise
habituellement vers le 3ème mois.
La sensibilité du reste de la peau du sein peut également être
modifiée. Sa normalisation s’effectue vers le 6ème
mois.
L’allaitement
Le
plus souvent possible après une intervention
d’augmentation mammaire quand les canaux galactophoriques
sont préservés au maximum Il n’est
néanmoins pas conseillé si l’on
veut garder un résultat esthétique
intact.
Cancer
du sein
L’augmentation
mammaire diminue le risque de cancer du sein comme
l’a montré une étude américaine
récente. Chez près de 2 millions d’américaines
porteuses de prothèses mammaires, l’incidence
du cancer du sein est moindre que dans un groupe
sans prothèses.
Elles sont rares à condition de prendre toutes les précautions
nécessaires afin de les éviter.
LES
TROUBLES DE COMPRESSION
Ils
sont provoqués par la position assise de la patiente sur la
table d’opération et sont systématiquement prévenus
par une protection ouatée des coudes, des poignets, des mains,
des mollets et des talons.
LES
TROUBLES NERVEUX D’ELONGATION DU PLEXUS BRACHIAL
Provoqués
par la position de l’opérée, les bras en abduction à 90°,
les nerfs axillaires sont étirés, entraînant des
troubles nerveux moteurs et sensitifs des membres supérieurs,
toujours spontanément résolutifs. Cette complication
doit être particulièrement prévenue lorsqu’ existe
des antécédents de traumatisme de l’épaule.
L’HEMATOME
Complication
rare qui doit être prévenue :
par
un
bilan
de
l’hémostase
complet
effectué la
veille
de
l’intervention
;
par
une coagulation extrêmement minutieuse, de
tous les vaisseaux, pendant l’intervention
;
par
un drainage aspiratif systématique et prolongé.
L’INFECTION
Elle
est exceptionnelle lorsque les précautions
habituelles d’asepsie, pré, per et post
opératoires sont respectées.
L’intervention de pose de prothèses doit toujours être
programmée au commencement de la journée opératoire,
réduisant au maximum les problèmes septiques.
LE « REJET » DE
L’IMPLANT
Le
rejet véritable de la prothèse par « allergie » ou
intolérance, ne semble pas réellement
exister. Il s’agit plutôt d’un
rejet secondaire à une autre complication
: hématome, infection, ou lymphorée.
Cette complication est exceptionnelle.
LA
LYMPHOREE
Il
s’agit d’un gonflement post opératoire
causé par un liquide qui entoure la prothèse.
Rare, elle semblerait plus fréquente quand
la prothèse a une paroi texturée.
Elle doit être systématiquement prévenue par une
compression et un drainage aspiratif post opératoires.
LES
CICATRICES INESTHETIQUES
Les
cicatrices pathologiques
Elles sont exceptionnelles au niveau de l’aréole et peu
fréquentes dans le creux de l’aisselle.
La cicatrice peut gonfler et devenir progressivement rosée voire
rouge, rarement douloureuse : c’est l’hypertrophie cicatricielle
maximale au 3ème mois et qui se résorbe vers le 6ème
mois. Il existe des facteurs favorisants, comme le jeune âge et
la pigmentation cutanée ethnique. En fait, la survenue de ce type
de complication, est très difficile à prévoir. C’est
répéter l’intérêt des massages par des
crèmes adaptées et l’importance de l’application
d’une pommade de gel de silicone.
Les
cicatrices défectueuses
Elles sont dues à une mauvaise technique. Ces cicatrices sont
soit trop longues, notamment en axillaires, descendant sur la face latérale
du thorax, soit mal placées, notamment dans le sillon sous mammaire,
pouvant nécessiter une reprise chirurgicale.
LES
DEFAUTS MORPHOLOGIQUES ET LES CHANGEMENTS DE PROTHESES
Ces
défauts sont représentés par
:
des
plis latéraux externes, le plus souvent visibles
en position penchée vers l’avant et
observés lors de la pose de prothèses
trop volumineuses, sous une peau fine, sans matelassage
graisseux sous cutanée. C’est dire l’importance
de poser la prothèse sous le muscle grand
pectoral, mais également sous les muscles
latéraux du thorax ;
des
plis internes, près du sternum, dus à une
section trop large de l’insertion du muscle
grand pectoral sur le sternum ;
un
segment II trop bombé, du à une prothèse
trop haut située, trop volumineuse, ou ayant
secondairement migré vers le haut ;
une
asymétrie mammaire due à une faute
de dissection du sillon sous mammaire, ou un déplacement
secondaire de la prothèse, ou enfin, une accentuation
d’une asymétrie, peu visible en pré opératoire,
mais toujours majorée par la pose des prothèses.
Il faut systématiquement dépister une
asymétrie pré opératoire et
la faire constater par sa patiente avant l’intervention,
car cette anomalie est parfois méconnue.J’ai
volontairement passé sous silence l’étude
des prothèses remplies de sérum physiologique.
Elles sont d’une parfaite innocuité mais,
donnent souvent des résultats de moins bonne
qualité que les prothèses remplies
de gel de silicone :
palpation,
mobilité et aspect visuel des seins moins
naturels ;
plis
latéraux plus fréquents et plus visibles.
risque
de dégonflement plus important, notamment
:
par
détérioration de la valve ;
Par
usure de l’enveloppe au niveau de pli plus
nombreux ;
Par « perspiration » lente
du sérum à travers l’enveloppe.
Leur pose est donc rarement mais parfois nécessaire, pour satisfaire
quelques rares patientes hostiles à la simple idée de posséder
du gel dans sa poitrine.
Les
changements de prothèses sont de plus en plus
demandés pour les raisons principales suivantes
:
présence
de défauts morphologiques sités précédemment
;
prothèses
remplies de sérum physiologique ou de gel
mais donnant des aspects peu naturels :
trop
rondes
pas
assez larges sur les côtés
pas
assez pigeonnantes en dedans ;
trop
projetées vers l’avant ;
au
niveau de prothèse remplies de sérum
physiologique :
prothèses
de volume trop faible ;
poitrine
manquant de souplesse.
Ces
interventions nécessitent une étude
pré opératoire très minutieuse
du désir de sa patiente, de la morphologie
thoracique pré existante et des défauts
morphologiques constatés sur les deux seins.
L’expérience permet d’obtenir
des résultats très naturels.
Les
résultats du traitement de l’hypotrophie mammaire sont
le plus souvent bons, tant sur le plan psychologique que sur le plan
physique. L’acceptation du nouveau schéma corporel est
observée, le plus souvent, dans les 15 jours qui suivent l’intervention.
Les deux complications les plus fréquentes, phénomène
de coque et dégonflement par rupture, doivent être bien
connues et acceptées.
La durée de vie exacte des prothèses de nouvelle génération
est actuellement par définition inconnue, mais il est à mon
sens inutile de prévoir systématiquement un remplacement à l’issue
d’une dizaine d’année. Il est préférable
d’attendre et de dépister précocement une éventuelle
complication, autorisant alors le changement prothétique, qui
est actuellement de plus en plus fréquemment effectué pour
des raisons esthétiques.
Il faut souligner, quelque soit l’age, l’importance de la
surveillance des seins opérés, de façon similaire
aux seins non opérés, par auto palpation et, à partir
de 38 ans, par mammographie annuelle.
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droits réservés - Patrice Hilligot 2004
Docteur Patrice Hilligot - Chirurgie esthétique, plastique
et reconstructrice
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